Jacques Martel est un auteur que je suis depuis un petit moment déjà et il a toujours su me séduire avec ses univers. Qu’il s’agisse de la SF avec Bloody Marie, ou encore via La Guerre de l’Hydre et sa fantasy très classique, il sait comment emmener le lecteur dans ses histoires, tout en étant lui-même un auteur discret et assidu. Loups sombres ne va pas changer entièrement la donne puisque de nouveau il va donner son meilleur pour nous, cette fois dans un univers bien plus inattendu.

Le Nouveau Monde, en 1804, sur la Frontière. Diane vit au sein d’une troupe de saltimbanques qui chemine entre les villes des vastes et dangereuses plaines américaines, y croisant habitants méfiants, coureurs des bois, Indiens, et colons en quête d’un foyer. Sans savoir pourquoi, elle se sent différente de tous ceux qu’elle rencontre. Malaise à l’approche de l’âge adulte ou mal bien plus profond ? Un mystérieux carnet – cadeau de son oncle Kaërnec, resté sur le Vieux Continent – lui dévoile les périples à travers les âges des Loups Sombres, créatures qui accompagnent l’humanité depuis la nuit des temps, et dont elles se repaissent.

Diane finira-t-elle par trouver sa place dans le monde ? Et si la clé résidait entre les lignes de ces récits de prédateurs plus vrais que nature, bien différents et terriblement plus cruels que les ogres des contes ?

Dès les premières pages le lecteur est aspiré par l’univers de western fantastique que nous décrit Jacques Martel. Aux prémices de la conquête de l’Ouest américain par les colons, nous retrouvons Diane et une bande de saltimbanques, dont le seul rêve est de s’installer définitivement dans une ville. Diane est une jeune femme solitaire, sauvage, mais pourtant particulièrement instruite qui va, rapidement, plonger ans un univers que seul le carnet laissé par son oncle Kaërnec lui laissait entrevoir. Le scénario bien que possédant une trame de départ assez basique est finalement terriblement prenant. L’univers de l’Ouest américain, peu utilisé par les auteurs français, ainsi que la manière dont l’auteur amène les choses et nous fait glisser dans son univers est fascinant. Passant d’un univers finalement assez basique, on se retrouve face à quelque chose de très très sombre plus les chapitres avancent, plus l’on se prend au jeu de découvrir l’univers qui se dévoile. De la première à la dernière page Jacques Martel nous emporte et cela pour notre plus grand plaisir.

On reconnaît aussi, à travers l’insert des petites historiettes voulues comme historiques, le goût de cet auteur pour l’histoire et la manière dont il peut la faire dévier pour lui donner un tour inattendu. Chacun de ces moments est utilisé par l’auteur pour nous donner une vision plus précise de ce vers quoi il va nous amener, révélant peu à peu ses plans pour la suite du roman.

Les personnages sont ici l’un des autres points forts de ce roman. Diane plus particulièrement, mais toute la galerie de protagonistes vaut le détour. Ma préférence va au surprenant oncle Kaërnec qui a une dimension vraiment à part dans ce roman. Le fait est que tous, du plus sombre au plus lumineux, sont parfaitement montés et intégrés au sein du roman.

Un scénario impeccable, un roman parfaitement écrit et immersif, un univers qui nous surprend, Jacques Martel fait très fort avec Loups sombres. Un de ces romans que l’on prend plaisir à dévorer d’une traite !

Thomas Riquet

Thomas Riquet

Passionné de cultures alternatives, Thomas dirige eMaginarock depuis 2008. Editeur, photographe, anthologiste, graphiste... ses casquettes ont été nombreuses dans sa vie, un peu comme un chapelier fou, mais avec toujours une ligne directrice qui s'est dégagée : faire découvrir les univers qu'il aime aux autres.

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