Guerre de lHydreJacques Martel est un de ces auteurs discrets, qui ne font pas de remous, écrivant leurs romans et faisant leur promotion avec professionnalisme. La Guerre de l’Hydre est son quatrième titre et j’ai retrouvé avec plaisir son style précis et ses personnages forts dans un monde en huis-clos assez surprenant. Après Bloody Mary et son space-opera endiablé, Jacques Martel revient en quelque sorte aux sources avec de la fantasy, classique et pourtant si savoureuse. Poussons les portes de son univers, entrons dans son monde en guerre…

La couverture de Julien Delval est parfaitement adaptée au roman, mettant en scène l’Hydre, l’un des personnages centraux. La cité à l’arrière-plan n’est pas sans me faire penser à Minas Tirith telle que vue dans le Seigneur des Anneaux mais cela ne choque pas, au contraire… Une belle couverture pour un roman de qualité, rien à redire là-dessus.

Une cité millénaire au bord du monde, assiégée depuis des siècles.
Derrière ses murs, un jeune messager tente de survivre et de trouver un moyen de fuir.
Devant ses murs, l’armée de la reine-guerrière qui a fait le serment d’ouvrir les Grandes Portes, prête à lancer l’ultime assaut.
À quelques lieues, la terre tremble sous les sabots des cavaliers de l’invincible guerrier que l’on appelle l’Hydre, souverain incontesté des Grandes Steppes.
Pour sa plus grande conquête, il a jeté son dévolu sur la première cité du monde.
Rien, jamais, ne résiste au déferlement flamboyant des soldats menés par le colosse.Aucun homme, jamais, n’a pu survivre au déchaînement frénétique de ses coups de hache.
Alors que la menace de combats d’une violence inouïe gronde, les destins s’entremêlent et se heurtent de plein fouet au rythme des tambours de guerre : c’est avec le sang de chacun que s’écrira cette histoire de métal, de feu et de fureur.

J’ai découvert Jacques Martel avec Bloody Mary il y a deux ans et j’étais alors tombé amoureux de sa manière de rythmer les récits, de décrire des scènes d’action,… Trop peu productif à mon goût (mais je suis très exigeant) il aura mis deux ans à sortir La Guerre de l’Hydre qui signe son retour à la fantasy. Et pour cela, pas besoin de fantaisies (je sais, le jeu de mot est faible…) avec un retour aux sources.  Retour aux sources car Jacques Martel revient à la fantasy brute de décoffrage, clairement inspirée par le souffle épique exhalé par les romans de David Gemmell. Et la comparaison n’est pas trop forte tant l’auteur de La Guerre de l’Hydre parvient dès le début de son roman à nous poser une situation à la fois dramatique et habituelle de combat constant. En quelques pages, il parvient à rendre son récit passionnant, à immerger le lecteur dans l’univers qu’il crée de toutes pièces. Un grand moment de fantasy qui dure finalement trop peu.

Les personnages qui nous sont ici proposés prennent réellement vie devant nos yeux. Trop d’auteurs ne poussent pas assez la psychologie de leurs personnages mais je dois dire que depuis son roman précédent, Jacques Martel évite à merveille ce type d’écueils en étudiant parfaitement leur psychologie, en les adaptant au monde qui les entoure. Même l’Hydre ne paraît pas aussi surhumain que certains héros de Gemmell. Cet attachement à un certain réalisme empreint d’onirisme est la marque de cet auteur et cela contribue grandement au succès de ses romans. Sa faculté à rendre ses récits vivants mais aussi à leur donner un caractère quasi cinématographique permet au lecteur de s’intégrer dans le récit et cela me plaît particulièrement.

Scénaristiquement peu innovant, La Guerre de l’Hydre se détache particulièrement par son style pointu, ses personnages forts, et sa beauté épique. Depuis le début de l’année, la fantasy épique est gâtée par les auteurs français qui proposent d’excellents titres à leurs lecteurs, et Jacques Martel ne fait pas exception à la règle. Vivement le prochain, en espérant qu’il ne traîne pas trop…

La Guerre de l’Hydre
Jacques Martel
Mnémos

20,50 €