Interview – Légion Distribution

Si vous êtes un habitué de ces colonnes, vous devez maintenant avoir appris à connaître Légion Distribution. J’ai eu envie d’en savoir un peu plus, et je suis donc parti à la rencontre de celui qui est derrière cette société.

Em : Bonjour, M. Légion Distribution ! En quelques mots – ou plus, hein, peux-tu te présenter, toi qui te caches derrière ce nom évocateur ?

LD : Salut, Légion Distribution c’est une équipe de 6 personnes sans compter les amis et les bénévoles qui nous filent d’inestimables coups de mains.

On s’est lancé à deux avec mon frère en 2013 pour distribuer du jeu de figurines (on a commencé avec Bushido !), puis on a grandi petit à petit et on s’est un peu diversifiés, même si le jeu de figurine reste notre cœur de métier et notre passion.

On est maintenant un un acteur important du jeu de figurine en France, avec des gammes comme Infinity, Batman, Harry Potter, Guild Ball et Fallout.

On s’est aussi lancé dans les jeux de plateau avec figs, principalement importés de Kickstarter (ce qui est devenu notre deuxième spécialité). On se concentre sur des beaux jeux très qualitatifs, et on a réussi à localiser en français pas mal de très bon jeux comme Village Attacks, The Faceless, Mysthea ou encore Black Rose Wars. Et plein de bonnes choses à venir.

 

Em : Comment t’es venue l’envie de monter Légion Distribution ? De quand cela date-t-il ? Peux-tu nous donner un peu plus d’infos sur les différents domaines couverts par ta société ? (Oui, je sais, ça fait trois questions en une !)

La Team LD, avec des bénévoles et des auteurs, à Cannes.

LD : A l’origine je suis un passionné de jeux de figurines. Fatigué de Games Workshop et orphelin de Confrontation, j’ai découvert Bushido de GCT Studio et ça a été le coup de cœur. C’était introuvable en France, on avait le réseau grâce à mon frère qui avait une maison d’édition de JDR et moi j’avais l’expérience de gestion d’entreprise ; alors on s’est lancés sans trop réfléchir.

L’idée de partir sur du jeu de plateau est venue durant mon premier Spiel ou je suis tombé sur Village Attacks. Et c’est maintenant devenu une partie importante de Légion Distribution.

Em : J’imagine aisément que tu es toi-même joueur ! Quels sont tes types de jeu de prédilection ? Et si tu devais nommer UN jeu, qui, pour toi, sort du lot, ce serait lequel ?

LD : Je suis un vieux joueur de 40K et Epic dans lesquels je suis tombé au début des années 90, je n’ai jamais décroché de la figurine depuis même si je ne joue pas autant que je voudrais. Avec le temps, mon format de jeu préféré est passé à l’escarmouche – de préférence en medfan. Amoureux de Confrontation à la grande époque dont je dois avoir la plupart des références existantes dans des cartons !

J’aime également beaucoup les jeux spécialistes style 4x et les jeux où on se confronte aux autres joueurs.

Si je devais citer mes jeux favoris du moment je dirais sans hésiter Bushido, Aristeia, Mysthea et Black Rose Wars !

Em : Aujourd’hui, le financement participatif tient une part ultra importante dans l’édition des jeux. Quel est ton point de vue et ton positionnement par rapport à cette forme de financement ?

LD : En temps que distributeur qui travaille exclusivement avec les boutiques, je suis partagé.

J’adore l’âme du crowfunding, qui permet à des jeux de voir le jour, et je vais tous les jours ou presque sur KS à la recherche d’une pépite à amener sur le marché français. Je pense que le jeu de société doit beaucoup à KS, et notamment les jeux mastodontes avec figurines au coup de production très élevé pour une nouvelle boite qui n’aurait jamais vu le jour sans crowfunding. A mon avis, la richesse de l’offre et la bonne santé du milieu sont en partie dûs au crowfunding, et quelques boites de jeu qui nous sortent régulièrement des pépites n’ont vu le jour que grâce à ça.

Je suis beaucoup moins fan des campagnes qui ne sont que de la précommande et où les jeux ne seront accessibles nulle part en dehors du KS et du site de l’éditeur. Je trouve que ça profite du marché sans vraiment participer à sa démocratisation. Et le jeu de société sous toutes ses formes a besoin d’être montré au grand public en permanence pour garder son dynamisme actuel.

Em : question connexe : comment vois-tu le paysage ludique de ces prochaines années ? Penses-tu qu’il existe une « bulle » JdP qui est en train d’atteindre une taille critique et qui risque d’exploser ?

LD : J’aime ce que je vois. Nous on est dans une branche assez spécialisée et on essaie de s’ouvrir plus vers le grand public. Mais je pense vraiment que si les jeux continuent d’évoluer et de proposer autant de diversité, de plus en plus de gens vont s’y mettre. Mais on doit pour ça continuer la démocratisation de ce loisir. J’ai récemment fait jouer mes beaux parents qui n’avaientt jamais joué à autre chose que des jeux style monopoly et la bonne paye et ils ont adoré. Je pense qu’on est loin d’avoir atteint tout le potentiel de ce loisir et qu’on a de belles années devant nous !

Em : Quel est ton dernier coup de cœur ludique ?

LD : Mysthea clairement !

Em : Et ton dernier coup de gueule (ludique, toujours) ?

LD : pas spécialement de coup de gueule sur les jeux eux même, mais il m’arrive régulièrement de m’emporter contre les fabricants et les transporteurs et les retards de livraison 😊

Em : Quels sont les prochains projets de Légion Distribution ? Peux-tu nous en dire plus sur ce qu’il va sortir de tes « coffres » dans les mois à venir ? Penses-tu te diversifier et ajouter de nouvelles cordes à ton arc ?

LD : Alors je peux parler des choses 99% sures. Déjà on a Harry Potter qui arrive en français et ça a été une rude bataille qui est loin d’être terminée à cause de l’importance de la licence. Toujours en jeu de figurine, on se démène depuis 1 an pour avoir Fallout en français et on aura la nouvelle édition de Bushido intégralement en français début 2020.

Côté jeu de plateau on a Tales of Evil, un jeu d’enquête dans une ambiance horreur (l’auteur du jeu est un auteur de livre d’horreur !) à la DA sublime. On a aussi Carnival Zombie, un jeu où il faut s’évader d’une Venise envahie par des zombies pendant le carnaval ! Ces deux jeux sont normalement prévus pour la fin d’année, mais c’est à prendre avec des pincettes comme d’habitude pour les jeux Kickstarter.

Dans un tout autre style, mais toujours avec des figurines, on aura War for Chicken island. Un jeu très drôle où des poulets (les figurines sont incroyables !) s’affrontent pour le contrôle d’une île !

On va aussi se diversifier, grâce à une rencontre au FiJ à Cannes on va faire en français les jeux de Emperor S4, un éditeur Taiwanais. C’est des jeux dans un tout autre style de ce qu’on fait d’habitude. Petit format et petit prix, rapide à jouer et très tactique, on espère beaucoup de ces petits jeux à l’ambiance asiatique que ce soit dans la DA mais aussi dans le gameplay qui fait travailler les neurones.

On aura une vague de trois jeux début septembre avec Balade à Burano, Le Royaume des Sables et Discovery, et on espère toucher un public plus large. Si ça marche on fera une deuxième vague de 2 ou 3 jeux pour début 2020.

On réfléchit toujours à faire du JDR aussi, on a eu des opportunités et c’est toujours dans les cartons.

Em : Merci beaucoup du temps que tu nous a accordé ! Je sais combien le temps est une chose précieuse quand on gère une entreprise ! Je te laisse le mot de la fin pour ce petit entretien 😊

LD : Le mot de la fin est pour les joueurs, je voudrais leur dire merci de nous permettre de vivre de notre passion et merci de leur gentillesse. C’est toujours un plaisir de tous vous croiser sur les salons et n’hésitez pas à venir nous voir !

Je rajoute, à toutes fins utiles, le liens vers les  chroniques des 3 jeux LD cités dans cette interview :

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