Age of Rome – Teetotum – Legion Distribution – Don’t Panic Games

Les jeux de Civ’… Quand il n’y en a plus, il y en a encore ;). Bon, j’exagère un peu, il ne s’agit ici pas proprement d’un jeu de civilisation, mais on s’en rapproche tout de même. Heureusement, plusieurs subtilités et autres mécaniques originales pimentent les parties.

Ici, les joueurs (de 1 à 4) vont tenter, après la mort de César, de s’attirer les bonnes grâces du peuple de Rome afin de s’en assurer la gouvernance et de diriger l’Empire romain. Campagnes militaires, trahisons, etc. Tout est permis.

Mais est-ce que le résultat en vaut la chandelle ?

 

La première surprise du jeu vous saute au visage dès l’ouverture de la boîte : C’est beau. C’est plein de matériel, raz-le couvercle, et qui semble de qualité. J’avoue, autant j’aime bien les figurines ultra-détaillées, autant j’adore encore plus le bois et les meeples soigneusement sculptés. Et c’est le cas ici. De plus, le reste du matériel est à l’image : c’est beau, classe et propre. Rien à dire.

Et le rapport ramage/plumage, il donne quoi ?

J’y arrive ^^

En effet, on a beau être beau comme un camion volé, on peut avoir l’intérieur de l’habitacle complètement moisi. Mais ce n’est pas l’impression que ça donne ici.

Premier constat intéressant : la partie centrale du plateau de jeu est mobile et pivote donc autour d’un axe central. Cela promet une mécanique peu classique. Et elle l’est, mais j’y reviens un peu plus tard ;). Deuxième constat : le plateau est grand, parfaitement lisible et donne envie de se plonger tête baissée dans la conquête de Rome. Enfin, et c’est presque le plus important, le livret de règles est plutôt bien conçu et ces dernières s’avèrent facilement assimilables.

On joue, un peu ?

Chacun donc va s’employer à gagner les grâces du peuple afin de devenir César à la place de César. Mais c’est plus compliqué que ce qu’il parait, parce que vos adversaires vont tenter de vous mettre des bâtons dans les roues (ou alors vous planter une dague entre les 2 omoplates, c’est selon ^^). Après le choix (au hasard) d’un des différents protagonistes, on peut lancer la partie. Pourquoi, au hasard ? Parce que chaque “profil” de personnage est différent, avec ses avantages et ses carences (+ ou – fort militairement, + ou – de facilités commerciales, etc…)

Un tour de jeu est divisé en plusieurs phases, qui sont : Complot, Construction, Action et Revenu.

Avant tout, revenons sur ce plateau pivotant : divisé en 4, il représente quatre provinces romaines dans lesquelles les joueurs vont tenter de gagner le maximum de gloire. Mais, parce qu’il y a un mais, aucune des provinces n’est attitrée à un joueur. En effet, au début de chaque tour de jeu, une carte Événement est piochée. Outre son effet immédiat, elle va dicter le sens de rotation du plateau de jeu et de combien de cadran ce dernier va pivoter (cela représente les voyages des différents membres du Triumvirat et de leurs second dans les provinces romaines).

Ce qui signifie que chacun aura la possibilité d’influencer sur les 4 régions, tout en permettant à ses adversaires de profiter de ses ouvrages. Autant dire que les choix vont être cornéliens et il faudra faire preuve de jugement, et du bon.

Ce changement d’influence sur les régions est doublement à prendre en compte, ne serait-ce que pendant la phase de complot, ou chacun va pouvoir ourdir des coups bas contre ses adversaires. Lorsque vous préparez votre complot, c’est dans la région dans laquelle se trouve votre personnage. Et il faudra donc attendre que le plateau tourne (les déplacements des personnages) pour le déclencher contre le bon adversaire (ou pas ?). Sachant que la carte Événement qui décide de la façon dont le plateau va tourner décide également de l’ordre du tour de jeu pour le tour à venir ! Donc non, c’est pas simple ;)

Ces deux mécaniques – le plateau qui tourne et le changement d’ordre du tour de jeu – sont l’essence même de ce qui fait la force d’Age of Rome.

Cela dit, ce n’est pas tout. Par exemple, lors de la phase Action, votre nombre d’actions disponibles va dépendre du nombre de vos partisans. Sachant que ce nombre augmente en fonction de votre gloire, il vous faudra choisir avec soin (construction, commerce, politique, etc…) pour faire grimper au plus vite votre gloire et ainsi gagner de nouveaux partisans, synonymes de nouvelles actions.

Si on rajoute à ça les possibilités de conquêtes militaires, la construction de votre Panthéon personnel, votre action politique au Sénat, le commerce, ou votre intervention au Colisée, les choix sont multiples. Évidemment, chacun de ces “secteurs” d’action est synonyme de gain de points de gloire, et donc de vous rapprocher de la victoire finale.

N’oublions pas non plus les cartes Événement qui peuvent changer grandement les choses et surprendre plus d’un joueur.

Cela dit, malgré la multiplicité des choix et les fortes interactions entre joueurs,  le jeu reste parfaitement clair et fluide. Les actions s’enchainent naturellement et les retours aux règles sont quasi-inexistants.

C’est l’autre grande force d’Age of Rome : un jeu – certes – exigeant mais à la prise en main plutôt aisée.

 

Et c’est plutôt plaisant dans le sens où il permet même aux plus néophytes de ce genre de jeu de s’y lancer sans risque de se sentir perdus au bout de 15 minutes. Nous avons à la maison d’excellents baromètres en la personne de nos ados, souvent réfractaires à la découverte de nouveaux jeux à cause “j’aime pas les règles, c’est trop compliqué, gna gna gna, etc.” Ici, nous n’avons eu aucun mal à les asseoir autour de la table. Et ils ont même demandé à rejouer plus d’une fois depuis leur découverte !

 

 

Age of Rome remplit donc la grande majorité des cases de ce qui constitue un très bon jeu, auquel on a envie de rejouer régulièrement parce que chaque partie est différente de la précédente.

Une jolie réussite, donc !

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