Entretien avec Arnaud, guitariste et compositeur de Spirit Bomb

Bonjour, et merci de prendre quelques minutes pour répondre à mes questions. Est-ce que tu peux tout d’abord te présenter et nous expliquer ce que tu fais dans Spirit Bomb ?

Bonjour, je m’appelle Arnaud. Dans Spirit Bomb, je suis guitariste, compositeur des musiques, j’écris une partie des paroles et je suis co-auteur de la bande dessinée que nous produisons en parallèle de la musique. Je fais aussi parfois la cuisine, et je suis très bon pour déléguer le boulot pour lesquels je n’ai aucun talent et inspecter les travaux finis.

D’où vient le nom du groupe ?

Le nom du groupe représente ce qu’on essaye de transmettre : un truc bien énergique qui s’adresse à l’esprit. C’est une référence au Genkidama dans DragonBall (l’attaque où tout les gens de la terre donnent de leur énergie pour poutrer le méchant, un joli symbole).

Comment en es-tu venu au metal, à la fois en tant que fan et en tant que musicien ?

J’ai toujours adoré le son de la guitare. J’en suis venu assez naturellement au metal pendant mes années lycée. Je me suis mis à la gratte vers l’âge de 17ans, et depuis c’est mon métier.

Comment définirais-tu la musique de ton groupe ? Il m’a semblé y reconnaître énormément d’influences mêlées qui t’ont permis de créer ta patte.

Personnellement je n’aime pas trop définir la musique que l’on fait avec des noms à rallonge. Dans un soucis d’efficacité j’appelle ça du rock, ou rock analogique car c’est clairement de la musique jouée avec cœur, passion et énergie, et des enceintes qui vibrent à fort volume. Il y a effectivement un paquet d’influences, qui vont du hard-rock, metal, au blues, reggae et même musique malienne. Je dirais que en gros, notre musique c’est un basse/guitare/batterie/chant qui font du rock avec tout ce qui leur passe sous la main, tant que ça leur plaît. Mais du coup ça fait un peu long comme nom de style alors je propose RockBordeliqueduKiff. Faute de mieux pour l’instant.

Tight est le nouvel album du groupe. Comment s’est passée son écriture ?

Ca a été assez passionnant car c’est notre 1er album, il s’agissait donc de poser les bases, de commencer à débroussailler. Chaque morceau étant très différents des autres, l’écriture de chaque titre a eu sa particularité. Il n’a d’ailleurs pas toujours été évident pour tout le monde de rentrer dans certaines esthétiques assez éloignées en apparence de notre style principal, mais l’appropriation des morceaux par chacun des musiciens a permis de trouver notre cohérence, et de pouvoir explorer sans crainte de caricaturer ou de se perdre. En tout cas pas à notre niveau, après c’est à l’auditeur de voir s’il suit ou pas. On a cherché à apporter un soin particulier aux paroles pour qu’elles expriment un certain ressenti et qu’elles collent à notre histoire de bande dessinée. On a également pris le parti de construire notre son pour que, bien qu’on passe d’une esthétique à une autre, il y ait un socle commun.

Où trouves-tu l’inspiration quand il s’agit d’écrire de la musique ?

C’est une question assez difficile. Ce qui est sûr c’est que je ne ferme pas de portes. Pour le reste, la créativité est un muscle particulier. La gymnastique pour la stimuler, la nourrir, la développer est assez difficile à définir. Pour Spirit Bomb, je dirai que je cherche  dans la musique d’où qu’elle vienne ce sentiment de transmission, d’expression. Du coup je m’inspire d’un peu tout, et je pars de cette volonté de faire quelque chose d’identifiable et d’authentique. Voilà, c’est simple.

Quelle est ta piste préférée de l’album, et pourquoi ?

Ca change tout le temps selon mon humeur. Comme tout les titres sont très différents c’est assez pratique et il y a peu de chances que je me lasse. En ce moment c’est When Police Riots. Il y a une semaine c’était Take My Land. Je pense que la semaine prochaine ça sera Break a Brick ou Bababudda.

Comment as-tu travaillé le dessin qui orne Tight ? Il est à la fois étonnant, poétique et intriguant…

Pour le bien-être de l’humanité, je ne m’approche pas d’un crayon. Mes dessins sont tellement moche que vous perdriez la vue et je n’ai pas envie d’être attaqué en justice. La réalisation de la pochette est de Pierre (dessinateur, co-auteur de la BD, auteur d’une grande partie des paroles et co-fondateur du projet). Quand nous travaillons ensemble, nous définissons ce que le dessin doit exprimer, et Pierre a cette capacité non seulement d’être créatif et original, mais aussi de pouvoir sortir parfois des dessins que vous avez dans la tête juste en entendant la description (ça a particulièrement été le cas lors de la réalisation des designs de notre BD, c’est bluffant). Une fois le titre trouvé pour l’album, nous avons passé lui et moi un moment à chercher différends concepts. On a dégagé 3 idées fortes. Pierre en a fait des croquis. Ensuite nous les avons présenté aux autres car comme il s’agit de notre album à tous les 5, il était important qu’ils puissent s’exprimer sur la pochette. A unanimité nous avons choisi  celui-là. Nous voulions quelque chose qui soit à la fois reptilien et réfléchi (à l’image de notre nom de groupe en fait), et qui symbolise la manière dont a été réalisé cet album ainsi que la situation actuelle de la société telle que nous la percevons.

Qu’as-tu prévu niveau clip pour soutenir l’album ?

Un super clip de ouf avec un réalisateur talentueux (Ben Diebling) et de l’animation, mais c’est très cher alors ça prend du temps.

As-tu prévu d’emmener Spirit Bomb sur scène ?

OUI. On est résolument un groupe de scène. En plus, quand les conditions le permettent, on agrémente le concert avec un show visuel appuyé par de la rétroprojection. Pour l’instant nous avons beaucoup tourné en PACA, nous souhaitons emmener le groupe dans d’autres régions pour le faire connaître. Nous avons prévu notamment des dates en Bretagne fin mars et cherchons aussi à jouer dans le Nord et en région Parisienne.

2021 a été très riche en sorties d’albums. Quel serait ton album de l’année ?

Je dirais Fortitude de Gojira. J’ai bien aimé aussi Typhoons de Royal Blood et étant fan de Maiden, la sortie de Senjutsu avec la jolie pochette a été un petit événement.

Merci pour tes réponses et à bientôt au détour d’un concert !

Thomas Riquet

Thomas Riquet

Passionné de cultures alternatives, Thomas dirige eMaginarock depuis 2008. Editeur, photographe, anthologiste, graphiste... ses casquettes ont été nombreuses dans sa vie, un peu comme un chapelier fou, mais avec toujours une ligne directrice qui s'est dégagée : faire découvrir les univers qu'il aime aux autres.

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