3 questions à Thomas Bauduret, traducteur de La Promesse du sang

Le premier tome de la Trilogie des poudremages de Brian McClellan m’a récemment séduit, et je m’étais plongé dedans notamment parce que Thomas Bauduret, ami de longue date, m’en avait extensivement parlé il y a des années, et vanté tous les mérites. A l’occasion de son édition chez Léha éditions j’ai donc décidé de poser quelques questions à Thomas autour de cette nouveauté.

Tu as traduit le premier tome de la trilogie des Poudremages, de Brian McClellan, qui vient de sorti chez Léha. Comment as-tu découvert cette série, cela fait un petit moment que tu m’en parles…

Je l’avoue, elle m’a été proposée par l’éditeur du premier tome (Panini en 2014 – NDLR) pour qui je travaillais déjà. C’est plutôt tombé juste, un auteur qui adore Dumas et Hugo, c’était fait pour moi ! Pour la petite histoire, nous avons énormément échangé par mail avec l’auteur durant le cours de la traduction, pour parler noms (Ricardo s’appelle en vo Ricard, j’ai changé pour des raisons évidentes), mes options, le jeu du tutoiement/vouvoiement qui me semblait approprié dans un tel monde — et permet de fluidifier les dialogues —, etc. Ne pas avoir pu clôturer la trilogie m’a toujours laissé un peu amer, mais aujourd’hui, elle va enfin pouvoir trouver son public, la première publication étant passée inaperçue. Et vous verrez, l’évolution des personnages est assez fascinante !

Qu’est-ce qui t’as le plus séduit dans ces romans ?

 

Que ça ne soit pas de la fantasy de base, le contexte révolutionnaire est original, cela pourrait être « la fantasy pour ceux qui n’aiment pas la fantasy » (comme on parla en son temps de « SF pour ceux qui n’aiment pas la SF »). Ensuite, les personnages forts, y compris secondaires (j’ai une faiblesse pour SouSmith, ou peut-être Olem ?), l’absence de total de manichéisme, à aucun moment on ne juge les personnages— même si l’auteur nous offre un vrai méchant flamboyant dans la grande tradition ! — ce qui sous-entend qu’on considère que le lecteur est assez intelligent pour se faire sa propre opinion sans qu’on lui force la main (avouez que ça se fait rare !), la maîtrise de l’histoire, la vision de la guerre traitée en filigrane comme une boucherie immonde, le traitement d’une magie omniprésente mais toujours « pratique » (vous verrez)… Ça fait déjà pas mal, non ?

Si tu devais être un des personnages principaux, tu serais plutôt Tamas, Taniel ou Adamat ? Et pourquoi ?

Être le traducteur me suffit parfaitement ! Mais pour jouer le jeu, je dirais Adamat, d’abord parce qu’il ne tue presque personne, ensuite pour sa droiture (jamais attribuée, mais ses actes parlent d’eux-mêmes), ensuite pour son acharnement, dans le cours de ses enquêtes, à traquer la petite bête pour s’approcher de la vérité, ce qui ramène aux racines du roman policier des origines. Et c’est aussi une assez bonne métaphore du travail d’un traducteur, non ?

Thomas Riquet

Thomas Riquet

Passionné de cultures alternatives, Thomas dirige eMaginarock depuis 2008. Editeur, photographe, anthologiste, graphiste... ses casquettes ont été nombreuses dans sa vie, un peu comme un chapelier fou, mais avec toujours une ligne directrice qui s'est dégagée : faire découvrir les univers qu'il aime aux autres.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.