Entretien avec Thomas, aka Soulcatcher, photographe

Bonjour, et merci de prendre quelques minutes pour répondre à mes questions. Peux-tu tout d’abord te présenter et nous expliquer comment tu es devenu photographe ?

Bien sûr, mais tout d’abord merci beaucoup pour cette opportunité de me présenter et de montrer mon travail. Je m’appelle Thomas, j’ai 48 ans et je vis à Stuttgart en Allemagne. Je suis marié et heureux depuis 2015 et j’ai commencé la photographie, plus sérieusement que par de simples photos de vacances, il y a six ans et demi. J’ai toujours aimé prendre des photos et cela depuis mon adolescence, puis un jour j’ai trouvé un sens au fait de faire des portraits des gens. Je me suis donc formé, le circuit typique, et j’ai rapidement voulu créer des images dans les univers des jeux et des films dont je suis fan : fantasy, horreur, science-fiction. J’ai donc appris à utiliser Photoshop via des tutoriels et beaucoup beaucoup d’entrainement ces dernières années. Au final j’ai été plutôt autodidacte et j’ai appris en faisant. Je n’ai jamais vraiment étudié la photographie de manière classique. C’est d’ailleurs toujours un hobby pour moi, en parallèle de mon emploi dans l’informatique.

Tes images dérivent essentiellement de la pop culture, de la fantasy et de la science-fiction. D’où t’es venue l’idée de te lancer dans ce type d’univers ?

Cela provient essentiellement de mon amour pour ce type d’univers, notamment cinématographiques., mais également ludiques et littéraires. Je suis un énorme fan du Seigneur des Anneaux, de Star Wars, Alien, ou de jeux comme Dark Souls. Cela fait 35 ans que je joue sur ordinateur et je pense qu’une partie de ma passion vient de là. Et j’adore l’idée de créer dans des univers que j’aime, de contribuer à ma façon à leur expansion. Et dès que j’ai mis le pied dans le milieu du cosplay, j’étais perdu…

Comment trouves-tu tes modèles, qui sont souvent des cosplayers je suppose ?

Au début je trouvais essentiellement mes modèles sur Facebook. Maintenant cela se réparti à 50/50 avec Instagram. Parfois je les contacte, et parfois il s’agit de l’inverse. Et mes modèles parlent ensuite de mois à leurs amis et cela essaime. Bien qu’il y ait énormément de cosplayers et de photographes cela reste un petit milieu empli de gens partageant des intérêts communs et où tout le monde se connait. Les réseaux sociaux ont beaucoup aidé d’ailleurs à réunir ces passionnés.

Mais j’adore aussi travailler avec des personnes hors de ce milieu là. 30% de mes modèles n’en sont pas d’ailleurs. Et j’aime quand les cosplayers sortent de leur case et viennent proposer quelque chose d’unique avec moi, sortant de leur style habituel.

Comment travailles-tu tes images ? Comment décides-tu quel fond sera le meilleur pour telle ou telle photo ? Commetn les sélectionnes-tu et les travailles-tu ?

Tout d’abord mes modèles sélectionnent leurs photos préférées. J’ai toujours pensé qu’il était important que mes modèles aiment le résultat de l’image de base, avant que je ne me penche sur les meilleures pour les transformer. Je fais d’abord les retouches sur le modèle de remise en beauté, en lumière, avant de me pencher sur le cas du fond. Je cherche à chaque fois quelque chose qui pourrait correspondre soit au personnage, à la tenue ou encore à l’univers développé.

Oui, je sais que la procédure standard voudrait que je sélectionne d’abord le fond et que je fasse les sessions ensuite. Mais j’aime travailler avec mes modèles dans le studio, et avec cette manière classique de travailler cela reviendrait à prendre une photo et à les remercier. Avec ma façon de faire cela demande plus de travail mais j’aime être surpris par les résultats que j’obtiens parfois. Le point noir est que cela demande du coup du temps de sélectionner le bon fond pour chaque image. C’est même parfois ce qui me demande le plus de temps.

Tu passes combien de tempos en moyenne sur chaque image ?

Eh bien je me suis amélioré ces dernières années mais je dirais entre 45 minutes et 3 heures. La majorité de mes images est faite en moins d’une heure et demie.

Tu travailles avec quel matériel ?

J’ai commencé le portrait avec un Canon 5D Mk3 puis je suis passé sur un Sony A7r2 un peu plus tard avant de céder à l’appel du Sony A7r3. Concernant l’optique la majorité de mes images sont faites avec un Sigma 85mm/1.4. J’utilise trois à quatre flashs de studio également (Jinbei, Walimex et Yongnuo) avec différentes boites. Et le plus important est le fond gris. En soit c’est un setup assez simple qui peut être mis en place dans n’importe quelle pièce disposant d’assez d’espace.

Dans tes images on trouve à la fois des ténèbres mais également un sens du détail impressionnant. Comment travailles-tu ces deux éléments ?

Oui j’aime quand c’est détaillé et je suis honoré d’avoir pu travailler avec des gens qui mettent tant de soins et de détails dans leurs tenues. Et rien que pour cela il me semble important de mettre le même soin dans mes images afin de leur rendre hommage.

Pour l’ambiance sombre, eh bien disons qu’en tant que fan d’histoires horrifiques cela doit venir là.

Tu shootes essentiellement en studio. Est-ce qu’il y a une raison à cela ? Ne voudrais-tu pas parfois shooter plus souvent en extérieur ?

La répartition actuelle est de 90/10 en faveur du shooting studio. Pourquoi autant de travail studio ? Je pense que cela vient du fait que je peux tout contrôler, plus particulièrement la lumière, et que je n’ai pas à m’inquiéter de la météo. Et vu que je fais également du nu, je n’ai pas le soucis d’avoir des spectateurs dont nous ne voudrions pas. De plus j’aime travailler sur Photoshop et pour faire mes images je n’ai besoin de rien d’autre qu’un fond gris. De plus pour beaucoup de mes images il n’y a aucun lieu valable de disponible.

Es-tu inspiré par d’autres artistes que tu voudrais citer ici ?

Je dirais Luis Royo, qui est un artiste que j’adore vraiment. Et bien entendu HR Giger. Et beaucoupd d’autres photographes que je suis sur Instagram et Facebook, mais pas parce que je souhaite les imiter. Tout simplement parce que leur travail est magnifique et qu’ils ont des manières de créer épatantes.

Quelle est ta série de photos préférée ?

Oh c’est très dur de choisir, surtout que je ne travaille pas de série. Je ne peux donc pas en choisir une. En fait je traite chaque image indépendamment et je tâche d’en produire une nouvelle chaque jour, si possible dans un univers différent. Cela peut être de la fantasy, de la beauté, de l’horreur, de la SF. Tout ce que j’aime faire.

Si tu pouvais sauver seulement un livre, un film et un album de musique, ce seraient lesquels ?

Je choisirais :

  • Livre : Le Seigneur des Anneaux
  • Musique : Funeral Album – Sentenced
  • Film : Conan le Barbare

Instagram a-t-il pour toi été un réel moteur de notoriété ? Comment travaillez-tu les réseaux sociaux ?

J’ai commencé avec Facebook, alors qu’Instagram était encore tout petit, et ressemblait plus à un empilement de foodporn. Mais je reconnais que beaucoup de gens ont switché de média ces dernières années et moi aussi. En termes de followers Facebook est encore en tête mais mon compte Instagram grossit de jour en jour.

Sur quels autres sites peut-on retrouver ton travail ?

En dehors d’Instagram et de Facebook j’ai un site internet avec une petite boutique si quelque chose vous tente.

Aurais-tu des conseils à donner à quelqu’un qui veut se lancer dans la photographie fantasy ?

Eh bien déjà si tu aimes la fantasy cela est plus simple car tu as déjà beaucoup d’images en tête provenant de films ou bien d’autres artistes. Il ne faut pas hésiter à reproduire des choses, à tester, à tenter. Entrez en contact avec des fans de GN ou des reconstitueurs historiques, ils auront de la matière à vous offrir. Il faut créer de l’image car c’est ce qui nous améliore constamment. Il faut utiliser les réseaux sociaux pour garder le contact, il faut aller en convention et parler aux gens (sans oublier les inévitables cartes de visite).

Entrer en contact avec d’autres photographes qui font un travail que tu aimerais réussir à produire est également un bon moyen d’avancer. Peut-être font-ils des ateliers par exemple (c’est mon cas). Apprends chaque jour et tu verras que tu t’amélioreras sans cesse.

Merci beaucoup pour tes réponses et à bientôt sur les réseaux !

Thomas Riquet

Thomas Riquet

Passionné de littératures de l'imaginaire il cherche à faire partager sa passion au plus grand nombre à travers ses chroniques et le site. Depuis 2011 il est également anthologiste et directeur de la collection Reflets d'Ailleurs (Fantasy) des Editions Asgard, sous son vrai nom. Ce faisant il assure également la direction littéraire d'anthologie lorsque tous ses boulots lui en laissent le temps, ce qui arrive trop rarement à son goût..

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