Entretien avec Faallaway, artiste photographe et vidéaste

Suite de la série mettant en avant des artistes liés à l’imaginaire de part des univers à la fois étonnants mais également sublimes. Après Kryseis et Yohann, voici que Faallaway a acceptée de répondre à mes questions. Cette jeune et talentueuse photographe et vidéaste est une véritable artiste qui présente à ses fans des univers aux ambiances à la fois fantastiques et prenantes. Petite découverte de son travail à travers cette interview…

Bonjour, et merci de prendre quelques minutes pour répondre à mes questions. Peux-tu tout d’abord nous expliquer comment tu es devenue photographe ?

Depuis petite j’ai toujours eu cette attirance pour le monde du visuel, mais je rêvais plutôt de devenir réalisatrice. Je faisais beaucoup de vidéo en piquant le caméscope de mes parents puis on m’en a offert un. À la fin du collège j’ai commencé à m’intéresser à la photo. J’ai ensuite eu un bac communication visuelle et pluri-médias et durant ces années j’ai réellement commencé à me chercher dans ce domaine. J’ai intégré un BTS audiovisuel mais ce dernier ne m’a pas plu alors je suis parti très rapidement. J’ai fais deux petits boulots puis suite à une déception amoureuse j’ai décidé de prendre mon courage à deux mains et de me lancer en tant que photographe vidéaste. Et oui, je n’ai que 20 ans…

Pourquoi ce pseudonyme de Faallaway ? A-t-il une signification particulière ?

Au collège j’avais déjà un comte Instagram « esthétique », et un monde intérieur très enfoui mais très marqué. J’ai été suivie par une thérapeute qui m’aidait à apprendre à me connaître et à me développer suite à de nombreux cauchemars insupportables. Un jour je suis tombé sur la musique « Fall Away » de Twenty One Pilots, et elle m’a parlé. Je me cherchais un pseudo me définissant autrement que par mon prénom et mon nom, je voulais vraiment ne pas être au centre de l’attention et qu’on me voit, je voulais nommer mon monde intérieur. Je n’ai pas réfléchis, j’ai de suite adopté « faallaway ».

Tes clichés dévoilent un univers fantastique très fort. Où trouves-tu tes idées de départ ?

Honnêtement, moi-même je ne sais pas, un peu de partout, beaucoup la nature, la musique, les series, les films, les ambiances, la lumière. Tout est un peu déjà là. Parfois ce sont les clients qui veulent quelque chose alors nous mélangeons nos univers. J’ai de la chance d’avoir Janis From Mars comme muse et qui est aussi une grande créatrice d’ambiance, on s’entraide beaucoup et réalisons des collaborations.

Tes modèles sont majoritairement des femmes. Comment sélectionnes-tu celles avec lesquelles tu travailles ? Et pourquoi aussi peu d’hommes ?

Je choisis uniquement mes modèles lorsque je souhaite faire une collaboration, qu’ils soient hommes ou femmes. J’ai effectivement plus de choix avec des femmes, car il y en a a plus dans le monde de la photo. Le fait que je sois une femme doit y jouer aussi, je souhaites créer les choses comme je les vie. Je les choisis au feeling, je vais avoir quelques critères et je pense que le charme joue beaucoup. Autrement, pour mes clients je ne choisi personne. S’il y a si peu d’hommes c’est parce qu’il n’y a pas d’hommes qui me contactent. J’en ai comme clients assez régulièrement tout de même mais pour des shooting assez « lifestyle », que je ne poste pas car j’ai beaucoup de choses à montrer et que je préfère montrer les shooting « mise en scène ».

Quel matériel (appareil et logiciels) utilises-tu pour travailler, le plus souvent ?

J’utilise un Sony Alpha III avec un 50mm, un mac 2012 (oui un peu vieux mais il fonctionne très bien), un stabilisateur DJI, Lightroom, Photoshop et Final Cut Pro pour la vidéo.

Les deux éléments phares de tes photos sont la lumière, et cet aspect à la fois légèrement délavé des couleurs et onirique de l’ensemble. Comment travailles-tu spécifiquement ces aspects ?

J’ai mes petits secrets que je souhaites ne pas dévoiler pour éviter qu’on me copie, car on a déjà essayé plusieurs fois, ce sont des mois de recherche et de travail pour atteindre l’inaccessible perfection. Mais effectivement je suis très inspirée par la lumière et par sa pureté. Vis à vis des couleurs je souhaites créer un mélange de cinématique et de peinture.

Tu shootes en extérieur, dans des lieux tout bonnement magiques. Où les trouves-tu ?

Je suis toujours à l’affût, quand je conduis, sur internet, j’ai les oreilles qui trainent et j’ai un père qui traine souvent dans les bois. Je les référence et surtout je fais beaucoup de recherches, je ne me contentes pas d’un parc. Ce qui aide aussi c’est que je vies à la campagne.

Même si tu joues beaucoup avec la lumière il se dégage de bon nombre de tes photos une certaine noirceur, un aspect inquiétant et fantastique. Est-ce que cela fait partie de ta démarche créative dès le départ ou bien les choses se sont-elles faites ainsi ?

J’aime beaucoup de choses, le sombre et le lumineux et les deux vont ensemble : l’ombre et la lumière. Mais je ne vois pas le « sombre » comme beaucoup le voit. Je trouve simplement que la beauté se cache dans l’équilibre alors créer les deux est pour moi un moyen de faire l’équilibre de mon univers.

Combien de temps passes-tu en moyenne sur chaque photo ? (en comprenant prise de vue, retouche, publication).

Honnêtement je n’ai jamais calculé mais ça dépend énormément de la photo. Ce n’est même pas « calculable » car j’en prends des centaines pour n’en garder que quelques unes. Puis il y a le déplacement. Mais sur une photo très aboutie, je peux avoir 2h de retouche, voire plus. La publication me prends du temps mais pas tan que ça non plus et je ne le compte pas !

As-tu des artistes qui t’ont inspiré et que tu aurais envie de citer ?

Je suis très admirative de Guillermo Del Toro, Eva Green, mais je n’ai pas tant d’artistes qui m’inspirent.

Quelle serait ta série préférée parmi toutes celles que tu as shootées ?

Je les aimes tellement toutes que je serait incapable d’en avoir une favorite, j’aime beaucoup toutes celles avec Janis, celle de Lara Croft ou même celle « After Dark » avec la modele allongée au sol avec des livres et un téléphone.

Une polémique agite Instagram depuis quelques jours puisque la plate-forme voudrait privilégier les vidéos afin de concurrencer Tik-Tok. Toi qui as quelques centaines d’images hébergées sur ce réseau que penses-tu de ce changement de direction ?

Je préfère me cacher de ces débats car rien n’est fait. Certes ce serait terrible pour nous et il nous faudrait nous retrancher autre part mais c’est vrai que je préfère ne pas me prendre la tête pour le moment.

Instagram a-t-il été un réel moteur pour la progression de ta notoriété ?

Oui, j’ai 90% de mes clients via Instagram et il m’a permit de rencontrer beaucoup de gens, d’artistes etc.

Sur quels autres supports peut-on retrouver ton travail ?

Twitter, YouTube, mon site internet !

Quels conseils donnerais-tu à quelqu’un qui cherche à se lancer dans la photographie ?

De suivre son monde intérieur, de ne pas se laisser impressionner par d’autres et surtout d’être fier de soi car c’est le moteur de toute évolution.

Merci beaucoup pour tes réponses et à bientôt au détour d’une nouvelle série de photos sur les réseaux !

Thomas Riquet

Thomas Riquet

Passionné de littératures de l'imaginaire il cherche à faire partager sa passion au plus grand nombre à travers ses chroniques et le site. Depuis 2011 il est également anthologiste et directeur de la collection Reflets d'Ailleurs (Fantasy) des Editions Asgard, sous son vrai nom. Ce faisant il assure également la direction littéraire d'anthologie lorsque tous ses boulots lui en laissent le temps, ce qui arrive trop rarement à son goût..

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