La fin de la saga Skywalker au cinéma s’accompagne de la fin de l’aventure Star Wars pour John Williams. De 1977 à aujourd’hui, il aura été un élément central et incontournable de la saga initiée par George Lucas. Pour cet épisode IX, il livre une partition riche et complète, sans doute la meilleure BO de la postlogie.

Pour ce dernier opus, John Williams a composé deux nouveaux thèmes qui sont exposés rapidement dans l’album : d’abord un thème sombre, Anthem of Evil, qui sera assez peu utilisé par la suite (notamment dans Join me) et qui illustre les partisans des Sith. Plutôt difficile à retenir, il est le pendant démoniaque du thème de l’Empereur. S’il n’est pas mémorable, il fait son petit effet. Il est toutefois dommage d’introduire un tel morceau dans un dernier épisode. Il n’a malheureusement que peu de place dans le film de JJ Abrams.

A contrario, nous avons le thème principal The rise of Skywalker qui va irriguer la partition de bout en bout. Il donne une coloration très positive par son côté calme et ses cordes, dans une orchestration qui rappelle quelques grands moments de la saga. Si l’on devait ne garder qu’une piste de l’album, qui ajoute au mythe de la composition musicale de Star Wars, ce sera bien cette suite. La mélodie apparait à de très nombreuses reprises ensuite, de quoi donner un réel fil conducteur à l’ensemble.

 

Les autres thèmes introduits dans la postlogie sont également présents, principalement ceux de Rey et de Kylo Ren qui reviennent au cœur de la partition, comme pour Le Réveil de la Force. On sent la volonté de suivre le mouvement du réalisateur qui tente maladroitement de remettre la relation entre les deux personnages au cœur du film.

Les deux thèmes ont droit à de beaux moments tout au long de l’album, mais incontestablement, c’est le thème de Kylo Ren qui évolue le mieux, trouvant dans Farewell un basculement positif qui démontre toute la maestria de John Williams.

Le thème de la Résistance fait aussi quelques apparitions, comme sur They will come, mais il reste globalement moins présent que dans Les derniers Jedi.

 

Les anciens thèmes de la trilogie originale sont également très présents. On a droit au retour de la Marche impériale triomphante (The old Death Star), au thème de Leia qui bénéficie d’un bel au revoir (The final saber duel, Finale), à celui de l’Empereur étonnement peu présent (puissant dans The Force is with you) et bien sûr au thème la Force, avec notamment une belle variation épique dans Battle of the Resistance.

Malgré toutes ces qualités, l’album se révèle moyennement satisfaisant à l’écoute. Plusieurs pistes se révèlent décevantes (Par exemple The speeder chase est un copier-coller de ce que Williams a fait cent fois, en moins bien) ou prometteuses pour finalement être avortées : The final saber duel n’offre pas vraiment le déchainement espéré malgré des orchestrations toujours plus proches de la Revanche des Sith, ou Battle of the Resistance qui manque de puissance. L’Ascension de Skywalker manque clairement d’une piste phare qui porterait l’ensemble, un moment épique ou dramatique qui entrainerait l’enthousiasme de bout en bout. A ce titre, c’est une conclusion assez faible qui manque d’ampleur, comparé au Retour du Jedi et à la Revanche des Sith (dont il faudra peut-être que je vous reparle à l’occasion !).

On n’échappe pas à l’aspect medley, sur les Jedi notamment, et c’est ce côté passage en revue général qui rend l’album assez inégal. Un album For Your Consideration (FYC) a également été publié pour concourir aux Oscars 2019 et vient en complément de la sortie officielle. Malheureusement, celui-ci affiche les mêmes qualités (Seeing sights en plus) et les mêmes défauts que l’album original. L’absence de tout climax est surprenant, mais à l’image du film, qui se veut emmené par un rythme trépidant en dépit de tout – et on a vu le résultat.

 

Conclusion

En 2005, John Williams disait une première fois au revoir à Star Wars avec la Revanche des Sith, un incroyable morceau de bravoure musical, tout en démesure shakespearienne. En 2019, il a dit un adieu cette fois définitif à la saga avec un opus plus apaisé, écrit avec talent comme toujours, mais sans beaucoup de nouveautés. Il laissera dans cette postlogie un thème de légende (celui de Rey), de beaux morceaux de bravoure (The Jedi Step, The Spark) ou apaisés (The rise of Skywalker) sans jamais atteindre, en terme de narration, les sommets qui ont jalonné les deux trilogies précédentes. A présent, de nouveaux compositeurs vont se plonger dans la saga, à la suite de Michael Giacchino, John Powell ou Ludwig Göransson.

Kevin

Kevin

Passionné d'imaginaire, Kevin lit, voit et assiste à pas mal de choses. Il partage ses découvertes et aime repartir vers le passé, le temps d'une chronique ou d'un article. Depuis 2008, il joue aussi les scribouilleurs amateurs chez Rivière Blanche (Dimension Écologies Étrangères), Malpertuis (Malpertuis VI, Malpertuis X) ou les éditions Mots & Légendes où son premier roman de Fantasy historique, Entre la Louve et l'Olympe, est disponible.

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