Le metal oriental est bien trop méconnu en France et c’est bien dommage, certaines pépites valant le détour. Nawather en fait partie et la sortie de leur nouvel album, Kenz Illusion, ne devrait pas rester inaperçue bien longtemps.

Le groupe tunisien propose un metal mêlant intelligemment des sonorités propres à leur culture avec du death mélodique du plus bel effet. Certaines pistes comme Money Slave en sont le parfait exemple : deux voix, une claire et une saturée, des mélodies de guitare inspirées, une batterie présente sans excès. Et sur certaines parties on retrouve du qânun qui donne une dimension poétique à l’ensemble. Dix titres dont certains comme Falleg proposent d’entrée de jeu des sonorités très orientales, qui viennent ensuite se mâtiner d’un metal vraiment bien conçu. On sent que le groupe n’utilise pas son origine comme prétexte musical mais bien que son héritage fait partie de sa musique. Certaines pistes mettent plus particulièrement cela en avant, comme Khatwa qui est selon moi l’alchimie parfaite entre les deux mondes. Petit coup de cœur sur King’s Cards qui est ma piste préférée de l’album. Introduction orientale, échange vocaux entre les deux chanteurs, tout passe impeccablement dans les oreilles de bout en bout.

Avec Kenz Illusion Nawather propose un second album surprenant mais qui possède de grandes qualités tant dans la composition que dans sa réalisation. Le metal oriental a de beaux jours devant lui si des groupes comme celui-ci continuent à émerger dans nos contrées !

Thomas Riquet

Thomas Riquet

Passionné de cultures alternatives, Thomas dirige eMaginarock depuis 2008. Editeur, photographe, anthologiste, graphiste... ses casquettes ont été nombreuses dans sa vie, un peu comme un chapelier fou, mais avec toujours une ligne directrice qui s'est dégagée : faire découvrir les univers qu'il aime aux autres.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.