Entretien avec Steph de CROWN

Bonjour, et merci de prendre quelques minutes pour répondre à mes questions. Est-ce que tu peux tout d’abord te présenter et nous expliquer ce que tu fais dans Crown ?

Steph : David et moi sommes prêtres architectes dans le temple sonique CROWN. Rejoins nous ! :)

D’où vient le nom du groupe ?

Steph : Le nom m’est venu naturellement. Je souhaitais un nom court et avec une sonorité bien spécifique. Et la couronne est un objet très symbolique de surcroit.

Comment en es-tu venu au metal, à la fois en tant que fan et en tant que musicien ?

Steph : Dans ma jeunesse, j’ai grandi dans les années 80, je devais avoir 11 ans quand j’ai découvert Iron Maiden, Metallica, Def Leppard, Motley Crue, Wasp, Slayer, Sepultura etc. J’ai vite été attiré par la musique et toute l’imagerie qui allait autour, notamment Iron Maiden qui avaient des albums incroyables et des artworks impressionnants qui donnaient une dimension vraiment particulière à leurs albums. Puis plus tard fin des années 80 j’ai découvert NIN, Ministry, Einsturzende Neubauten, Swans, Neurosis etc … Un véritable révélation.

Comment définirais-tu la musique de Crown ?

Steph : Sombre, viscérale, mélodique, froide et industrielle mais avec quelques bribes de lumière parfois, heavy et extrême, tout en contraste et en dynamique. Cinématique. On pourrait comparer ça à une fresque apocalyptique en perpétuel mouvement.

« The End Of All Things» est le nouvel album du groupe. Comment s’est passée son écriture ?

Steph : J’ai commencé l’écriture fin 2017, au printemps 2018 j’avais une douzaine de démos que j’ai présenté à David et on a commencé à bosser sur des pré prods. On a fait appel a Nicolas Uhlen pour les drums, on souhaitait avoir un côté organique, d’un côté un son assez rond et naturel pour la batterie se confrontant aux drum machines et aux nombreux synths qu’il y a sur l’album. Le processus de gestation a duré presque 3 ans.

La musique de Crown est à la fois poétique, sombre et puissante. Comment parviens-tu à cette alchimie ?

Steph : Difficile à expliquer car le processus de création est tellement abstrait. L’alchimie se fait naturellement, et j’avoue qu’avec le genie créatif de David nous étions en totale osmose pour l’écriture de cet album. J’avais des démos assez flat et il fallait apporter de la dynamique et du danger et c’est là tout le génie de David en matière de créativité, d’expérimentations et de production, c’est un travail d’orfèvre qu’il a réalisé. L’univers est effectivement très sombre, beaucoup de spleen et de mélancolie aussi, mélangé à une noircir absolue.

Où trouves-tu l’inspiration quand il s’agit d’écrire la musique de Crown ?

Steph : L’inspiration me vient principalement du fait que je n’ai pas une foi inébranlable en l’humanité et que je pense que depuis bien longtemps déjà elle courre à sa perte, et ce ne sont pas les évènements actuels qui vont me faire espérer le contraire. Elle vient aussi en écoutant de la musique car je suis un énorme consommateur et dans un multitude de styles pas seulement métal, en lisant, en me documentant et surtout en observant le monde environnant et plus globalement ce qui se passe sur notre planète.

Quelle est ta piste préférée de l’album, et pourquoi ?

Steph : Impossible à dire car selon le moment ou l’humeur cela peut changer. Je n’ai pas vraiment de préférence particulière. J’aime beaucoup Gallow en ce moment, il y a une vibe post punk electro qui me plait énormément et le morceau est assez atypique en lui même.

Un clip est actuellement sorti pour « Violence ». Comment s’est passé le tournage ? Ce n’est pas trop dur de devoir faire semblant de jouer et chanter pendant tout un tournage ?

Steph : Nous avons bouclé ça en une journée dans une salle de concert à Colmar nommée Le Grillen, en septembre 2020. Lorsque tu connais parfaitement ce que tu joues ou chante, il n’y a pas de difficulté particulière, il y a un léger travail psychologique par contre pour pouvoir rentrer dans la vibe du morceau car ne les jouant pas concrètement.

Ça ressemblera à quoi un concert de Crown, quand vous aurez le droit d’en refaire ?

Steph : Tu pourras t’en faire une idée d’ici peu car nous avons enregistré un live stream pour le festival Roadburn Redux qui se tiendra mi avril. Nous jouerons 4 morceaux du nouvel album. Nous avons enregistré ça au Grillen à Colmar dans une config assez atypique.

Le confinement d’un musicien, ça consiste en quoi ? Beaucoup de musique avant tout ?

Steph : La plupart de mon temps est consacré à Crown en ce moment ainsi qu’à du boulot de mixage studio donc toujours pas mal occupé, David quant à lui est overbooké dans son studio ou il produit et mixe des albums, la pandémie ne l’a pas trop affecté à ce niveau là. Etant étant ingénieur son  de profession ( actuellement pour ABBATH) je n’ai rien avant 2022, tout a été reporté, je suis intermittent du spectacle et c’est le desert au niveau job, la situation devint vraiment préoccupante.

2020 a été riche en sorties d’albums. Quel serait ton album de l’année ?

Steph : Oranssi Pazuzu – Mestarin Kynsi

Merci pour tes réponses et à bientôt au détour d’un concert !

Steph : Merci à toi !

Thomas Riquet

Thomas Riquet

Passionné de littératures de l'imaginaire il cherche à faire partager sa passion au plus grand nombre à travers ses chroniques et le site. Depuis 2011 il est également anthologiste et directeur de la collection Reflets d'Ailleurs (Fantasy) des Editions Asgard, sous son vrai nom. Ce faisant il assure également la direction littéraire d'anthologie lorsque tous ses boulots lui en laissent le temps, ce qui arrive trop rarement à son goût..

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