Entretien avec Louhibi Saif de Nawather

Bonjour, et merci de prendre quelques minutes pour répondre à mes questions. Est-ce que tu peux tout d’abord te présenter et nous expliquer ce que tu fais dans Nawather ?

Bonjour, je m’appelle Louhibi Saif, 35 ans et je suis le batteur du groupe Nawather.

Je m’occupe également de l’actualité du groupe, la page Facebook  et tout ce qui a un rapport avec les contacts et la communication.

D’où vient le nom du groupe ?

Nawather est le nom d’une gamme orientale et on pensait que ça sonnait bien pour un groupe qui a des sonorités arabisantes

Comment en es-tu venu au metal, à la fois en tant que fan et en tant que musicien ?

Personnellement j’ai découvert le Métal en 1995 en regardant le film Streetfighter diffusé sur la chaîne MANGA. Dans la bande sonore y avait du Sepultura (Refuse/Resist), Korn (Blind) Alice in Chains (Thembones) et puis on a découvert les Metallica et l’aventure continue jusqu’à ce que je décide d’intégrer un groupe. Je suis passé par plusieurs groupe locaux mais le plus marquant c’est Xtazy et puis les Myarth avec lesquels j’ai passé presque sept ans et là je suis avec Nawather.

Kenz Illusion est le nouvel album du groupe. Comment s’est passée son écriture ?

Pour la composition de l’album c’est toujours la routine habituelle on mets les guitares /Bass/batterie pour mettre en place les parties Metal mais c’est après qu’on s’amuse vraiment à mettre des mélodies traditionnelles tunisiennes et c’est grâce au Qanun (l’instrument magique) qu’on renforce vraiment le côté arabisant de la composition. Un grand bravo au Bassiste “Hichem” qui fait toujours un excellent travail au niveau de l’arrangement.

Que signifie le titre de l’album ?

Le nom « KENZ illusion » signifie l’illusion du pouvoir. Le mot Kenz veut dire trésor mais nous on veut dire le pouvoir que certaines personnes veulent obtenir afin qu’ils puissent contrôler et dominer le monde, mais à la fin ce n’est qu’une illusion ce pouvoir parce que s’il tombe entre les mains des mauvaises personnes ça finit toujours mal.

La musique de Nawather mêle d’un côté vos racines orientales et de l’autre le moderne du metal. Comment parviens-tu à combiner les deux ?

La combinaison a pris beaucoup de temps afin que tous les instruments sonnent bien ensemble. Je ne vous cache pas qu’il y avait du boulot et du vrai… Mais on n’oublie pas que le metal a bien prouvé que c’est le style qui fusionne avec n’importe quelle autre musique en toute perfection. Tel est le cas pour Orphanedland, Myrath, Acyl…

L’apport de Hichem (bassiste) aussi a joué un rôle très important vu que c’est grand compositeur en Tunisie, et il est connu pour ses arrangements grâce auxquels il a participé à plusieurs évènements et festivals.

L’utilisation du qânun dans un groupe de rock/métal est assez rare pour être noté. Pourquoi avoir fait ce choix de l’incorporer à vos compositions ?

Le qanun a bien sonné avec les riffs Métal au niveau des mélodies vu qu’il a son exceptionnel, un timbre spécial qui résonne bien dans les solos et nous a aider à créer une atmosphère purement Nawather.

De plus c’est un instrument très beau esthétiquement et qui se tient comme un clavier ce qui laisse Chaima avoir l’attitude ROCK en jouant le qanun

Où trouves-tu l’inspiration quand il s’agit d’écrire la musique de Nawather ?

On s’inspire toujours des groupes qu’on écoute et on essaye de trouver toujours de bonne structures rythmiques et mélodiques qui s’adaptent bien avec le style arabisant et tout dépend du titre et des parties dans chaque chanson et une fois l’idée sonne bien on la garde et on développe ce qui reste. Un travail énorme…

Quelle est ta piste préférée de l’album, et pourquoi ?
Personnellement, celle qui me touche énormément est la chanson Khatwa vu que à la fois c’est super mélodique et agressif (des guitares qui déchirent et une intro de qanun ultra mélodique). Côté chant c’est bien équilibré entre les deux chanteurs et le dualisme est bien mis en valeur et bien sûr sans citer les paroles en arabe ce qui fait doubler l’effet du plaisir à l’écoute de ce titre

Un clip est actuellement sorti pour Falleg. Comment s’est passé le tournage ? Ce n’est pas trop dur de devoir faire semblant de jouer et chanter pendant tout un tournage ?

 Le tournage du clip Falleg était dans des conditions super difficiles vu qu’il pleuvait très fort et on a dû attendre que ça s’arrête afin de pouvoir terminer le tournage. Egalement l’endroit était un peu dangereux étant donné que c’était une vieille usine avec des trous partout et les murs et le toit étaient sur le point de s’effondrer, donc imaginez avec le son des enceintes

Donc on s’est bien préparés pour le tournage et on s’entraînait bien au mouvements afin qu’on pouvait suivre le titre et rendre le jeu plus spectaculaire

N’est-ce pas trop compliqué actuellement d’être dans un groupe de métal en Tunisie ? Quel regard portent vos compatriotes sur votre musique ?

C’est très compliqué vu que la culture rock et métal n’est pas bien placée en Tunisie et il faut militer pour organiser des lives mais ça reste toujours faisable?

Dans quel festival de metal européen souhaiterais-tu jouer si cela était possible demain ?

Je dirais directement le HELLFEST   J’aime bien l’ambiance de ce fest, et surtout me faire interviewer par Fernando Rock Show

2020 a été riche en sorties d’albums. Quel serait ton album de l’année ?

Bon ce qui m’a plu ce n’est pas vraiment un album mais j’ai bien aimé les deux derniers titres de System Of A Down : Protect the land et Genocidalhumanoidz.

Merci pour tes réponses et à bientôt au détour d’un concert !

Thomas Riquet

Thomas Riquet

Passionné de littératures de l'imaginaire il cherche à faire partager sa passion au plus grand nombre à travers ses chroniques et le site. Depuis 2011 il est également anthologiste et directeur de la collection Reflets d'Ailleurs (Fantasy) des Editions Asgard, sous son vrai nom. Ce faisant il assure également la direction littéraire d'anthologie lorsque tous ses boulots lui en laissent le temps, ce qui arrive trop rarement à son goût..

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