Entretien avec Floriane Impala, autrice de La Brigade du Surnaturel

Floriane Impala a su me surprendre il y a quelques semaines avec son roman Limbus Patrum, premier tome de la série La Brigade du Surnaturel. De l’urban-fantasy efficace, simple et prenante, avec un pointe de sensualité, tels sont les ingrédients de cette recette qui fonctionne à merveille. Il était donc plus que temps de lui poser quelques questions !

Bonjour Floriane, et merci de prendre quelques minutes pour répondre à mes questions. Peux-tu tout d’abord te présenter et nous expliquer comment tu es devenue autrice ? Qu’est-ce qui t’a donné l’envie folle d’écrire ?

Disons simplement que j’ai toujours écrit. Ou presque. J’ai dû commencer vers mes 7-8 ans avec une parution littéraire dans le journal de mon école. De mémoire, ça parlait de prince transis, de princesse rebelle et d’une fin méga tragique à la sauce Vérone. La petite fille que j’étais en était très fière. Elle a reçu moulte compliments et ça doit être à cet instant, oui à ce moment précis, qu’elle s’est dit… et pourquoi pas ? Alors la femme qu’elle est devenue a continué à gribouiller jusqu’à ce qu’on lui dise à elle aussi que, franchement, c’est pas trop nul, ton truc !

Te souviens-tu de ce qui t’a fait entrer dans les univers de l’imaginaire la première fois ?

Je pense que ce sont les livres de Pierre Bottero qui m’ont mis sur la voie. Je me rappelle de sa prose, de la beauté de ses descriptions, de ses personnages inoubliables… J’avais lu quelques années plus tôt Le Petit Prince et j’ai… détesté. Ma passion pour la lecture et, par extension, pour l’écriture aurait pu tragiquement s’arrêter là. Du coup, merci, Pierre. Si tu m’entends là-haut, dis à Ellana que je suis ce que je suis grâce à elle. Et à toi.

Tu as sorti Limbus Patrum, La Brigade du Surnaturel chez ActuSF au mois de mai. Comment t’es venue l’idée de base de cette histoire ?

Au moment où La Brigade du Surnaturel a germé dans mon esprit, j’étais en train d’écrire mon tout premier roman publié, La PIERRE de SANG, une saga de High fantasy, très dense et difficile à écrire. La BMS a été mon souffle d’air. Je n’avais pas besoin de savoir comment on brassait la bière au XVème siècle, dans quel alliage sont forgées les épées, quelle plante possède des vertus antibiotiques… J’écrivais tout simplement, sans m’encombrer de détails. Je recouvrais tout naturellement mes feuilles avec quelque chose de moderne, de simple, sans prise de tête. Bon… je dois avouer que le côté « écriture facile » s’est vite dissipée, lorsque j’ai commencé à vouloir parler de féminisme et d’empouvoirement. (Go girls !)

J’ai retrouvé un côté Anita Blake dans ton roman, notamment par la sensualité exacerbée et omniprésente dans le roman. Cette série fait-elle partie de tes inspirations ?

Busted ! Il y a bien du Laurell K. Hamilton dans mon roman. J’ai lu une bonne partie de sa série Anita Blake et j’ai trouvé qu’il existait un équilibre parfait dans ces romans : romance, fantasy, action, enquête. Et je me suis dit… pourquoi pas moi ? à mon tour de créer une héroïne badass qui ne sait pas quand il faut lâcher son arme.
J’ai aussi d’autres inspirations : Charlaine Harris pour ne nommer qu’elle. Le côté « Les surnat’ sont parmi nous ! ALAIIIID ! », je le dois à La Communauté du Sud (True Blood).

Comment t’es venu le personnage de Claire ? Et quelles ressemblances a-t-elle avec toi ?

Haha. RIEN. Enfin… Mis à part sa grande taille, peut-être. Tu sais garder un secret ? Je n’aimerais pas être dans les rangers de Claire. C’est un bourreau de travail, drogué au café et à l’adrénaline, complètement coupée de sa féminité et de son intimité. J’aime croire que je m’accepte en temps que femme et que j’ai trouvé un équilibre parfait entre mon salon de thé, mes chats et mon petit mari que j’aime (oui, ceci était du fayotage des familles au cas où il lirait…)

La relation qu’elle entretient avec Keziah est finalement assez classique de ce que l’on trouve en urban-fantasy, et pourtant tu as réussi à redonner un coup de jeune à l’ensemble. Comment as-tu créé leurs interactions ? Le duo existait-il avant que tu brodes ton histoire ou bien est-il venu ensuite ?

Je n’ai pas cherché à être originale dans mon duo policier/consultant, car c’est une dynamique que j’adore en tant que spectatrice (Castle, Bones, Lucifer, Sleepy Hollow…). Mais il est vrai que je l’ai assaisonné à ma sauce.
Le duo Claire/Keziah a toujours existé. Il existait même avant que Keziah ait un nom. Claire a toujours été Claire Defontaine, car je voulais absolument sortir un jeu de mot pourri sur l’association de son prénom et de son nom. Non, il n’y a pas de petits plaisirs lorsque l’on est auteur.e.
Comme je l’ai dit plus haut, Claire est une accro au boulot, ce qui fait que depuis des années, elle se renferme dans sa coquille. C’est plus simple ainsi. Si on ne laisse personne entrer, on ne peut pas être blessé. A l’inverse, Keziah, qui est pourtant un démon, est bien plus humain que sa partenaire, dans le sens où il a besoin de ressentir, qu’il se nourrit des émotions humaines et qu’il les porte comme un manteau. Ils forment un ying et un yang. C’est leur différence qui les rapproche.

Comment vis-tu les retours, tant médiatiques que du lectorat, au sujet de ton livre ?

Comme un matin de Noël ! J’ai trente et un ans et pourtant, je prends chaque retour positif comme une petite fille émerveillée, incapable de me dire que ce roman, c’est moi, oui, c’est bien moi qui l’ai écrit. Je vais vous faire une confession, les retours positifs, c’est une drogue ! J’en veux pluuuuuus.

Quels sont tes projets littéraires, à part bien évidemment la suite de Limbus Patrum ?

Quoi ? Une suite ? On me réclame une suite ? Mais laissez-moi tranquille, diantre ! Bon, bon, bien parce que c’est vous, il y aura une suite. Sauf si Jérôme, mon éditeur, est vilain. Là, vous pourrez allumer les torches.
Et en ce qui concerne mes autres projets, j’ai une petite idée de roman temporel. Machine à remonter le temps et tout le tintouin. Ça vous intrigue, hein ? Vous n’aurez rien de plus ! Je suis une tombe !

Chaque année les étals des libraires se remplissent sans cesse. Quels conseils de lecture aimerais-tu donner, à part ton roman ?

En ce moment, je lis les romans de mes copines autrices. Du coup, je vous conseille fortement, en Urban fantasy : Little Shade de Maeva Bonachera. En historique, la trilogie Eldrid de Camille Endell. En fantasy, Le prince scorpion, de Audrey Grill et chez Naos, Biotaniste de Anne-Sophie Devriese pour la SF. Là, je crois qu’il y en aura pour tous les goûts. Foncez, elles sont toutes pleines de talent !

La période du Covid a été compliquée pour tout le monde. En tant qu’autrice, en as-tu profité pour être productive littérairement ?

*Part se cacher sous une pierre ? Une TRES GROSSE pierre*
Humm… Oui ? J’ai corrigé La Brigade du Surnaturel avec mon éditrice, Stéphanie, j’ai écrit quelques chapitres du tome 2 et à part ça, néant. Comme j’ai fondé une marque de thé et que je gère, avec mon binôme Aline, un salon de thé à Paris, je n’ai le temps de RIEN. Je sais c’est mal, mais ça va changer. Promis.

Quels conseils donnerais-tu à quelqu’un qui veut se lancer dans l’écriture ?

Écrivez. Écrivez sans penser aux autres, seulement à vous et à ce que vous voulez voir apparaitre sur le papier.

Merci beaucoup et à bientôt au détour d’un salon !

Thomas Riquet

Thomas Riquet

Passionné de cultures alternatives, Thomas dirige eMaginarock depuis 2008. Editeur, photographe, anthologiste, graphiste... ses casquettes ont été nombreuses dans sa vie, un peu comme un chapelier fou, mais avec toujours une ligne directrice qui s'est dégagée : faire découvrir les univers qu'il aime aux autres.

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