L’hypothèse du lézard est une novella d’Alan Moore entièrement illustrée par Cindy Canévet, publiée aux éditions actusf. Texte court de moins de 150 pages, L’hypothèse du lézard nous conte une histoire d’amour d’une grande violence entre deux habitants d’une maison des plaisirs, dans la ville de Liavek.

Som-Som est vendue par sa mère à la Maison sans Horloges de Liavek. Elle va être soumise au Silence et porter le Masque brisé qui la destine à devenir l’amante des magiciens et la gardienne de leurs secrets. Isolée par son incapacité à communiquer, elle va alors assister à l’histoire d’amour violente et cruelle entre Foral Yatt et Raura Chin, deux comédiens qui résident avec elle dans la Maison sans Horloges.

Ce texte est très richement illustré par Cindy Canévet en commençant par sa sublime couverture cartonnée, représentant le personnage central de Som-Som. Le reste du texte est essentiellement illustré en noir et blanc, hormis quelques illustrations couleurs qui viendront rehausser le texte dans des moments clefs du récit. Cindy Canévet a assimilé la dureté et la poésie du texte, ce qui conduit à une alchimie parfaite entre le texte et les dessins.

Sur un format aussi court le scénario doit aller à l’essentiel et ne pas mettre trop de détails superflus. Ainsi, même si l’histoire se déroule à Liavek (ville ayant servi de cadre à de nombreux auteurs lors de différentes nouvelles, comme Robin Hobb, Nancy Kress ou encore Steve Brust) nous n’en saurons pas plus sur son fonctionnement ni sur ses mœurs. L’histoire se déroule en intégralité dans la maison sans horloges, pour laquelle quelques menus détails essentiels sont décrits. Le scénario repose entièrement sur la relation entre Floralt Yatt et Raura Chin, et conduit à une fin réussie à la fois prévisible et pourtant qui a su me surprendre.

Ne vous attendez pas à en apprendre beaucoup sur Som-Som. Une fois le masque revêtu, elle passera entièrement au second plan et seul quelques brides de sa pensé viendront étayer le personnage dans sa torpeur. Raura Chin est le personnage sur lequel l’histoire vient s’écrire. Personnage transgenre et acteur à succès, celui-ci est éperdument amoureux de Floral Yatt, un homme ayant la capacité de se faire passer pour n’importe qui en fonction des désirs de son amant. Leurs évolutions respectives étant tout l’intérêt du roman, je ne vous en dirais pas plus.

La traduction par Patrick Marcel du texte d’Alan Moore est fluide et agréable à lire. C’est un texte à la narration simple avec un exercice de style reposant sur la mise en majuscule des pronoms de genre, mettant en exergue les genres de personnages.

L’hypothèse du lézard est un texte qui se lit vite avec une fin bien travaillée. Les nombreuses illustrations sont un vrai plus en enrichissant un récit qui pourrait paraitre sinon anecdotique. Le travail sur le livre en lui-même avec sa couverture cartonnée, son signet, et sa jaquette en font un très bel objet qui trouvera sa place dans toute les bibliothèques.

Florent

Florent

Fan des cultures de l'imaginaire en tout genre. Je me passionne pour la fantasy épique et la science fiction, avec une forte préférence pour les auteurs francophone.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *