Pierre-Paul Durastanti a entrepris un important travail collaboratif de retraduction des nouvelles et courts romans – hors cycle – de Jack Vance. J’ai testé pour vous le premier tome de cet ensemble de textes réédités chez J’ai Lu.

Jack Vance (1916-2013), aujourd’hui considéré comme un monstre sacré des lettres américaines, a laissé à la postérité certaines des plus grandes fresques épiques du genre (Tschaï, Lyonesse, La terre mourante, Planète géante, La geste des princes-démons, Alastor…), qui ont inspiré toute une génération d’auteurs contemporains. Ses mondes baroques et chatoyants, son sens de l’aventure et du merveilleux, son imagination inépuisable se sont aussi exprimés au fil des nombreuses nouvelles écrites tout au long de sa vie. Elles sont ici réunies en quatre volumes et présentées dans l’ordre chronologique de leur publication.

Jack Vance étant un auteur que je ne connaissais pas, cela a été avec curiosité que j’ai décidé de me plonger dans ces nouvelles.

L’ouvrage, dont la traduction a été dirigée par Pierre-Paul Durastanti, a fait le choix de faire apparaître les œuvres hors cycle dans leur ordre de publication chronologique. C’est un choix que je trouve très intéressant notamment car il permet de voir l’univers et le style de l’auteur évoluer au fil des pages.

L’univers que nous décrit l’auteur est riche de détails malgré le format de nouvelles ou de courts romans. Il y a des spécificités culturelles en fonction de chaque espèce que rencontrent les protagonistes. Les sociétés extraterrestres sont toutes différentes avec des modes de pensées et de fonctionnement distincts. Chaque planète présentée évolue dans un monde totalement cohérent avec son histoire et ses règles. C’est un vrai dépaysement.

Je tiens à saluer le très beau travail d’illustration de Sparth qui est un bel hommage à l’œuvre de Vance tout en faisant écho à la beauté des paysages décrits dans certaines des nouvelles. Je suis tombée véritablement amoureuse de ses illustrations.

Malgré des mois si ce n’est des années de labeur, la présente réédition n’est malheureusement pas exempte de défauts, en particulier dans le travail de relecture. C’est vraiment dommage. Des coquilles subsistent tout au long de ce recueil, en moyenne deux par nouvelle – ce qui fait près d’une trentaine en tout. Pour certains, cela paraîtra comme un détail minime, toutefois si ce n’était que quelques fautes de frappes avec l’oubli d’un “s”, ça se serait moins vu que celles que j’ai pu relever. D’autant plus que je considère que ça ne fait pas très sérieux, en particulier pour une réédition. Quand on achète un livre 12€, on s’attend à ce qu’il n’y ait pas d’erreurs.

Malgré un monde fourni et magnifique, j’ai eu du mal à m’identifier aux divers protagonistes. Je ne me suis pas réellement sentie transportée dans un autre univers. Cela tient sans doute au fait que les personnages principaux sont souvent des hommes, les personnages féminins restant assez marginaux. En remettant les diverses nouvelles dans leur contexte d’écriture – les années 1950 – je comprends très bien pourquoi. La place de femme dans nos sociétés a beaucoup évoluées en soixante-dix ans. ^^

Jack Vance est une valeur sûre de la science-fiction. Je conseille donc ce recueil à toute personne qui souhaite découvrir ou redécouvrir son œuvre. Certaines nouvelles ont en effet bénéficié de “découvertes” si je puis dire, ayant été amputées dans de précédentes traductions de quelques pages par rapport à la version originale.

Manon Rouanet

Manon Rouanet

Amoureuse inconditionnelle de la Culture (art, cinéma, littérature, musique, concerts, etc.), la fantaisie et la SF ont bercé mon adolescence campagnarde et rythmé mes étés d'aventures épiques. L'université m'appela cependant vers d'autres cieux, ceux des études d'histoire et d'histoire de l'art, véritable chemin de croix pour réaliser un rêve un peu (carrément) fou, celui de travailler dans un musée. A près de 27 ans et mes études (presque) finies, je renoue avec cette passion pour la littérature afin de la faire partager par le biais d'un autre de mes violons d'Ingres, l'écriture - qui nourrit un deuxième rêve encore plus fou, écrire un roman et le publier (un jour peut-être).

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