François Marcela-Froideval.

Voilà un nom qui résonne dans l’esprit de tout joueur de JdR. Forcément, le monsieur a connu de près Gary Gygax, excusez du peu. Il a contribué à plusieurs ouvrages d’AD&D et à joué avec lui pendant des années. Whismerhill est son personnage principal qu’il jouera au cours de toutes ces séances. Il en tire une bande dessinée, les Chroniques de la Lune Noire, dont le 1er tome paraît en 1989. Aujourd’hui, la série perdure, toujours sous la houlette de FMF (même si le dessinateur à quant à lui changé – par deux fois).

Quelle ne fut donc pas ma surprise d’apprendre que les Éditions Leha allaient sortir une novellisation des Chroniques.

“Wow !”, fut ma première réaction, tant la tâche me paraissait impossible.

Il me fallait en avoir le cœur net.

Dans les siècles des siècles, les Princes Démons Lucifer et Pazuzu s’affrontent en un jeu cruel et le monde est leur échiquier. Leurs pions vivent ou meurent, rient ou pleurent au gré de leur fantaisie démoniaque.

Ainsi, Haagendorf, empereur de Lhynn, s’est vu prédire la fin de son règne lorsque l’Archer Chien de métal viendrait. En attendant, il tente de préserver ce qui peut l’être de son empire en s’alliant avec un ordre religieux qui ne rêve que de le détrôner : les Chevaliers de la Lumière, menés par leur retors commandeur : Frater Sinister.

Mais c’est sans compter La lune Noire et l’archimage Haazel Thorn. Ou bien, peut-être que la rencontre fortuite du jeune elfe voleur Pile-ou-face, armé de ses deux épées bavardes, et d’un demi-elfe sans nom à la lame flamboyante pourrait renverser le jeu, la table et les joueurs…

 

 

Whis, c’est pas Jo le rigolo…

Je suis un grand fan de la BD éponyme. J’ai les 16 ou 17 premiers tomes (oui, je sais, il m’en manque quelques uns ^^), que j’ai lu plus d’une fois. Rôliste depuis le début des années 80, elles ont toujours été une source d’inspiration pour moi. On y trouve une bonne partie des “canons” de la fantasy : univers haut en couleurs, personnages charismatiques, de la politique, des batailles intenses et violentes, et des situations où l’héroïsme le dispute à l’épique.

S’ajoute à ça un côté très mature, adulte violent et parfois gore qui confèrent aux Chroniques cette saveur si particulière. De mon point de vue, un “must read” incontournable (à l’époque, en tout cas) pour tout amateur du genre.

Et c’est bien la raison pour laquelle cette adaptation me semblait si improbable. Je sais (pour en avoir fait l’expérience à un très modeste niveau) à quel point il peut être difficile pour un auteur de coller à un univers déjà existant et de se l’approprier. Il y a des codes à respecter, et c’est une démarche loin d’être évidente.

De plus, la grandiloquence et toute la violence de l’univers, qui sont parfaitement rendues dans la BD par des doubles pages à couper le souffle, me semblaient très difficile à reproduire.

Quand je vous dis que l’univers est un brin violent et “cru”… :)

C’est donc avec un certain apriori que j’entamai ma lecture.

J’ai failli m’arrêter pendant le prologue. Il y avait un truc qui collait pas. C’était confus, je ne parvenais pas à rentrer dans le récit. Pourtant, on dit souvent que les premiers paragraphes d’un livre son cruciaux dans le sens où ce sont eux qui vont donner envie au lecteur de poursuivre sa lecture – ou pas.

N’eurent étés mon attachement à cet univers et mon envie d’en découvrir plus, j’aurai refermé le livre, déçu, et l’aurai rangé. Mais bon, j’ai insisté, me rappelant ce que j’évoquais plus haut sur la difficulté de s’approprier un univers.

Et j’ai bien fait.

En effet, passé ces premières pages, cette sensation s’atténue. Est-ce dû à la rencontre avec des personnages déjà connus (pour ma part) et de se retrouver de fait en terrain familier, ou m’étais-je habitué à la plume de l’auteure ? Je ne sais pas. Quoi qu’il en soit, je poursuivis ma lecture avec plus de sérénité.

Jeanne-A Debats parvient, à travers son écriture, à coller à l’univers si particulier des Chroniques : on retrouve la gouaille propre à certains personnages, avec leur franc-parler et leur vocabulaire de charretier, mais elle retranscrit parfaitement l’ambiance si particulière de l’univers, avec sa violence et son côté épique.

Oui oui, il est bien présent, lui aussi !

Plus j’avançais dans ma lecture, plus ces différents éléments apparaissaient, se collaient les uns aux autres, se renforçaient mutuellement pour, finalement, former un tout d’une grande cohérence et très fidèle à l’ambiance qui me plaisait tant dans les BD.

Je dois avouer que je suis passé, en une centaine de pages, à l’envie remiser le livre sur une étagère à la sensation de me trouver face à un “page turner”, comme savent si bien en écrire certains auteurs.

D’autant que plus le récit avance, plus la tension monte. À la manière de la trame des BD, on sent bien que les enjeux deviennent de plus en plus importants, passant de la destinée de quelques-uns à l’avenir de beaucoup plus, et que certains risquent même de sa faire dépasser par les événements. Et cette sensation ne fait que s’accentuer, pour terminer, lors des derniers chapitres, par… – Non, je ne vous dis pas ^^

 

 

Au final, cette novellisation des Chroniques de la Lune Noire est parfaitement réussie ! Que vous connaissiez ou non les BD dont elle est issue, vous vous retrouverez, j’en suis certain, embarqué dans ce récit qui, finalement, ne laisse que peu de répit au lecteur.

 

À quand la suite  ;) ?

Philippe Pinon

Philippe Pinon

Trublion de presque 50 balais, touche à tout, autodidacte, tête de cochon. Après plus de 20 ans à effectuer un travail décérébrant, change de voie. Scribouillard, « traductier de l'impossible », il devient même éditeur (OVNI) en 2015 où il édite, accompagné de son associée et conjointe, romans et JdR. Mais ce qui le définit le mieux, c'est quand même le terme de "Gros Connard" (au grand cœur, malgré tout, pour ceux qui prennent le temps de fouiller au delà des apparences).

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