A l’occasion de la sortie de leur dernier album Vanités fin 2019, et à l’occasion des 30 ans de la création du groupe, il était tout à fait logique pour Lofofora de repasser par notre capitale afin de nous offrir sur scène un panel de ce que le groupe est capable de faire. Nous avions donc rendez-vous le Vendredi 31 Janvier 2020 au Trabendo pour passer la soirée organisée par Base Productions en compagnie de ces derniers. Pour ouvrir la soirée, nous auront droit d’abord au groupe de Grindcore parisien Pendrak, suivi de l’electro/rap/punk des stéphanois de Schlaasss !

Il est 19h30 pile-poil quand j’arrive au Trabendo sous cette très douce soirée d’hiver. La salle n’est pour le moment pas très remplie, ce qui me laisse la possibilité de pouvoir aller me chercher un de ces délicieux breuvages houblonnés sans aucune attente ! Le temps de déguster ce dernier, 20h05, le premier groupe de la soirée commence, je me dirige donc vers la scène afin de pouvoir profiter du show que les Pendrak nous serviront !

Pendrak est un groupe de Grindcore fondé à Paris en 2015. J’écoute toujours un peu les groupes que je ne connais pas lorsqu’ils sont à l’affiche d’un concert auquel je vais, et que dire… Pendrak aura très certainement été mon premier coup de cœur de l’année, j’avais donc très hâte de pouvoir si rapidement entendre ce que cela allait donner sur scène ! Après une brève présentation du groupe par Reuno, le chanteur de Lofofora, qui nous explique qu’on aura ce soir la soirée des Lofo au Trabendo, donc qu’ils font jouer des potes, le groupe entre sur scène. On a devant nous 3 personnes, un guitariste, un bassiste, et un batteur venu avec un super couvre-chef tête de mort.

Le groupe commence donc son set devant un public peu nombreux dans un premier temps, mais celui-ci se donnera à fond pendant tout son set ! Musicalement, j’entends exactement ce que je voulais entendre, du bon Grindcore qui dépote, parfois très dansant lors de rythmes bien punk, parfois très violent avec blast à tout va, parfois qui nous obligent à headbanger comme jamais, ou encore quelques moments plus “doux” (j’ai mis des guillemets, on est sur du grindcore quand même) qui nous font voyager un peu. Au niveau du chant, on a autant droit à des bonnes voix death, comme des bonnes voix …. non conventionnelles ? … propres au style. Notons que les deux gratteux participent au chant ! Notons aussi une qualité de son très bonne pour ce premier groupe, on entend très bien chaque instrument, on est capable à la fois de ressentir la violence globale de la musique et toute la subtilité de celle-ci.

Pendrak prendra la parole quelques fois pendant le show, notamment pour remercier Lofofora de les avoir invité, en soulignant les 30 ans de carrière du groupe, puis en expliquant que pour une fois ils avaient droit à une loge spéciale pour eux alors que d’habitude “c’est les chiottes du squat” ! Ou alors pour dédicacer une chanson à tous ceux qui utilisent les transports en Île-de-France pour lancer la chanson Le Cimetière de l’Intelligence.

Concernant le public, si celui ci n’est pas très nombreux pour ce premier groupe, quelques personnes décident quand même de lancer les hostilités dans la fosse, peu importe s’il y a du monde ou pas, ces gens là kiffent ! On pourra même entendre lors d’un passage s’y prêtant une personne du public lancer un “Hey ! Hey !”… et rester tout seul, mais peu importe, c’est l’intention qui compte !

Après 25 min de show, le groupe nous lancera un “Merci, Bonsoir !” après la dernière note, laissant place aux applaudissements timides du public présent, suivi de 20min de pause avant d’écouter le groupe qui pour moi sera l’alien de la soirée : Schlaasss !

 

Schlaasss est un groupe qualifié d’Electro/Rap/Punk créé en 2012 à Saint-Etienne. Comme nous avons pu avoir avec Pendrak, le frontman de la tête d’affiche de la soirée vient rapidement présenter le groupe en nous disant qu’ils ont rencontrés Schlaasss lors du Blackwoodstock en Nouvelle Calédonie, et que depuis, c’est une véritable histoire d’amour entre eux. Très bien, je fais confiance aux goûts de ce dernier, écoutons donc ce que le groupe a à nous offrir. J’avoue, j’avais aussi écouté un peu ce groupe avant de venir, et disons que ce n’était pas dans mes goûts, donc je voulais laisser parler le live pour pouvoir donner mon avis définitif sur le groupe, qui soyons honnête, ne partait pas de base vers un avis très positif.

Le concert commence et deux personnes entrent en scène, un homme et une femme, deux chanteurs, le premier encapuchonné, la seconde arrivant avec un super bonnet rose et des lunettes de soleil. On a donc un premier aperçu visuel de ce que peut donner le groupe : ça a l’air très déjanté !

Puis la musique commence avec la chanson Kiki, et tout ce que j’avais pu ressentir en écoutant sur album refit surface. J’ai beau faire de mon mieux pour être le plus ouvert possible (je ne dis pas que je le suis, je dis que je fais de mon mieux et que j’essaye de toujours laisser sa chance à un groupe de me surprendre !), mais pour moi, ce n’était pas possible. Je n’ai rien compris, que ce soit la musique, le but des paroles, l’humour véhiculé, rien ne m’a touché en positif. On a un espèce de rap hardcore avec des paroles qui se veulent, j’ai l’impression, kikoolol-violentes, c’est à dire qu’on y entends des paroles les choses les plus horribles possibles mais chantées en mode “on rigole on est des enfants, tout ça c’est pour rire ou pour dénoncer”. La chanteuse Charlie a bien essayé de dire qu’ils dénoncent des groupes de gens “que c’est eux qui ont tort et que c’est nous qu’on a raison”, le message n’est pas arrivé jusqu’à mon cerveau.

Quelques tentatives de blagues sont lancées durant le show, entre les “On s’appelle Bigflo et Oli” (si seulement…), “On s’appelle NTM” (si seulement…) ou encore la chanteuse qui demande un “cercle de feu infernal” en faisant semblant de ne pas savoir ce qu’est un circle-pit, absolument rien n’a réussi à me provoquer ne serait-ce qu’un soufflement de nez.

Soulignons tout de même le fait que le son soit encore une fois très bon ! Et du point de vue où je suis, on a une bonne impression que le show plait, le public bouge bien, crie bien, et on a l’impression qu’il est plus nombreux que lors du premier groupe de la soirée (ce qui pour moi est extrêmement dommage).

Au bout de 40 minutes de live, je n’arrive plus à faire semblant et décide de m’éclipser vers la super terrasse du Trabendo, d’autant plus que la personne m’accompagnant me glisse doucement dans l’oreille l’information qu’il n’y a personne au stand de hot-dogs se trouvant à l’extérieur, certainement la chose me fit le plus d’effet lors de ce petit moment de vie, et que vois-je en entrant sur la terrasse ? Celle-ci est pleine ! Je me vois rassuré, car je ne comprenais absolument pas le fait que le public de cette soirée aime globalement ce groupe qui, comme je le disais au début, était un peu alien au milieu des autres groupes, il s’agissait en fait d’un petit noyau dur se trouvant dans la salle, mais un bon nombre de personnes avait tout de même esquivé ce show !

Pour conclure sur cette performance, vous l’aurez compris, celui-ci ne m’a absolument pas plu, j’aimerais beaucoup qu’une des personnes étant devant dans la fosse à ce moment là m’explique ce qui lui plaît dans ce groupe (avec un argumentaire un peu plus que “Boh quand même c’est rigolo lol”, car c’est le seul argument que quelqu’un a su me dire quand j’ai posé la question sur place). Enfin, oublions ceci pour le moment, car dans quelques minutes arrivera le groupe pour lequel nous sommes tous venus : Lofofora !

Est-il utile de présenter Lofofora ? Les 30 ans de carrière du groupe ne sont même plus à présenter ! Ce groupe de Punk-Hardcore / Fusion nous a tous à un moment ou à un autre touché, on a tous écouté ce groupe, peu importe notre âge. Ceci se ressentait d’ailleurs totalement dans la mixité du public, on avait autant des punks cinquantenaires que des très jeunes faisant leurs tout premiers concerts, et ça fait plaisir de voir un groupe pouvant permettre un tel panel de personnes dans son public !

Le concert commence à 22h00 pile par une introduction avec des samples de guitare sèche et de bruits ambiants un peu flippants, avant de voir le groupe arriver en entamer sa première chanson provenant de leur dernier album : Bonne Guerre ! Il faut tout de suite souligner la différence dans le public par rapport à ce qu’on a pu voir lors de la première partie de soirée, cette fois, c’est une toute autre histoire, le public est bien là ! De partout sur le devant de la fosse, le public bouge, ça pogotte, ça slamme de partout, on a un vrai bordel partout, et c’est beau à voir !

Encore une fois, et ça aura été un fil conducteur sur toute la soirée, le son est excellent. C’est très agréable et on est capable de comprendre parfaitement tout ce qui nous est lancé dans la figure par le groupe.

Comme je disais plus haut, on a une grande mixité d’âge dans le public, et je pense que le groupe l’a bien compris à la vue de sa setlist, d’ailleurs Reuno nous le dira lui même lorsqu’il nous annonce qu’ils “vont te faire des nouvelles chansons mais aussi certaines du siècle dernier”. Ainsi, on aura autant droit à des chansons très récentes telles que X-It, mais aussi certaines des tout débuts du groupe comme Justice pour Tous, en passant par Arraché (dont le chanteur dédicace directement la chanson à notre ministre de l’intérieur), ou encore Carapace.

On retiendra lors du show quelques prises de paroles, parfois pour dénoncer notre système capitaliste (totalement normal pour du Lofofora, on est dans le bon thème !), parfois pour lancer des fleurs au public sur le ton de la rigolade, en soulignant qu’ “on a le public qu’on mérite” puis en ramenant ce compliment à eux même en disant qu’ils doivent par conséquent être un sacré bon groupe !

Pour revenir à la setlist, je suis ravi que la chanson Les Seigneurs du dernier album ait été jouée, juste pour son passage assez émouvant où l’on entends une personne se remémorer la présence d’une rivière qui aujourd’hui n’est plus, message écolo tout ça vous voyez, ce passage m’émeut à chaque fois que je l’entends (si vous voulez un support, c’est à 2min40 sur la chanson).

Après Le Fond et la Forme et un petit discours disant qu’ils ne feront pas le délire de partir puis de revenir pour faire la fin du set, le groupe nous informe que nous sommes désormais dans la phase de rappel du show, pour nous servir Le Venin, suivi d’une chanson du tout premier album : l’Oeuf ! Sur cette chanson, tout le public chante en choeur “Nous sommes une seule race pour plusieurs couleurs”, véritable hymne, le groupe ne s’arrête pas là en nous en servant un autre dans la même phase avec Buvez du Cul où le public réagira de la même façon ! Sur cette chanson, le groupe profitera de l’introduction lente pour remercier tout le monde, les techniciens, et les groupes de début de soirée qu’ils ont pour une fois pu choisir.

Enfin, Lofofora nous jouera La Surface pour terminer, avant de laisser place à une superbe ovation du public pour ce dernier ! Ce show était excellent et l’assemblée le rends bien au groupe. Bravo Lofofora pour cette performance !

 

Ce Vendredi soir était excellent, entre la découverte Pendrak et l’excellente performance de Lofofora, cette soirée était plus que plaisante ! Malgré le petit pépin personnel avec Schlaasss (vraiment si quelqu’un a compris quelque chose qu’il m’explique, sincèrement faites le), je suis ravi d’être venu ! Merci aux groupes pour leur performance, et merci à Base Productions pour l’invitation et l’organisation !

Knarf

Knarf

Passionné de métal depuis une grosse dizaine d'années, je me suis dit qu'il était temps d'essayer de prêcher la bonne parole, et donc de tenter l'aventure chroniqueur. Plutôt axé styles "extrêmes" classiques (death/thrash/black), je ne dis jamais non à de bonnes découvertes dans les autres styles :)

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.