Conscience est un groupe de rock metal progressif établi à Paris mais multi-national puisque composé de musiciens français, portugais et américains. Les plus initiés d’entre vous se souviendront peut-être que la formation avait ouvert pour Nightwish au Zénith de Paris il y a une quinzaine d’années de cela. Depuis, le groupe n’a eu de cesse de multiplier les apparitions live tant en festivals qu’en premières parties de groupes renommés : Anathema, Epica, A.C.T., Arena, Riverside, Fates Warning, ADX, Bumblefoot, Sonata Arctica, Dead Soul Tribe ou encore Iced Earth… Après Half-Sick Of Shadows (2006) et Aftermath Of A Summer Snow (2014), In The Solace Of Harm’s Way est donc le troisième (concept) album de nos franco-américano-portugais.

Ce nouvel opus de Conscience s’ouvre sur un thème entièrement joué par des instruments de musique classique (violons, violoncelles, etc) dans une ambiance évoquant la bande originale d’un film de Tim Burton ou encore de Peter Jackson. Très court, ce préambule intitulé In The Solace Of Harm’s Way Part I laisse rapidement place au premier véritable titre de l’album : At Night. On est de suite surpris par la production légère et aérée. Chaque instrument est clairement audible. Le titre en lui-même est frais, entraînant et donne envie de sautiller sur place. À noter également le joli travail des voix. L’auditeur songe tour à tour à Queen ou à Muse. Ce qui risque de surprendre l’auditeur non averti, ce sont les sonorités de claviers. Impossible de ne pas songer à certains sons typiques des années 80. Et chez Conscience, la place accordée aux claviers est prépondérante. Bref si vous êtes réfractaire à ce type de son, vous risquez fortement de passer un mauvais moment voire de ne pas écouter l’album jusqu’au bout. Quoiqu’il en soit, At Night constitue une bien sympathique mise en bouche (ou en oreille, c’est comme on veut). Inreach nous propose un voyage moins pop et déjà nettement plus progressif. Le titre est hyper bien ficelé. Le travail de tous les instruments est technique et mélodique à la fois. Les ambiances sont variées. On a ici affaire à un pur morceau de prog’, les claviers et les guitares se taillant la part du lion et se renvoyant la balle tour à tour. N’oublions pas non plus le boulot phénoménal abattu par le duo basse / batterie ! Les voix, omniprésentes, sont magnifiquement amenées tel cet interlude à 6 minutes 15 secondes où le titre change encore d’ambiance. Très clairement, il faut aimer le rock progressif car Inreach avec ses 8 minutes 23 secondes en est un modèle du genre. Il s’agit d’ailleurs du morceau le plus long de l’album. Conscience réussit tout de même le tour de force de nous faire oublier ses influences et d’imposer sa propre signature. Et ça, c’est pas rien ! Bref, ce In The Solace Of Harm’s Way est plutôt prometteur dans son premier quart. Celui-ci se conclut par un interlude baptisé In The Solace Of Harm’s Way Part II. On y retrouve les instruments classiques du tout début. On s’aperçoit surtout et au fil des écoutes qu’il s’agit d’un fil conducteur joué plusieurs fois sur l’album mais avec une orchestration différente. Intéressant. L’intro très fournie d’Ascending Rain avec son plan bien technique à base de claviers / guitare laisse rapidement place à un premier couplet atmosphérique servi par une batterie à l’approche un peu tribale (j’ai bien dit “un peu”, c’est pas du Sepultura non plus !). Le refrain est joli mais l’auditeur a un peu de mal à suivre les déambulations musicales proposées sur ce morceau tant elles sont nombreuses. Du pur prog’ ! Mention spéciale à Stéphane Da Silva (batterie) qui nous livre une bien belle performance du début à la fin ! See Outside qui suit figure parmi mes titres favoris de l’album. J’en apprécie sa simplicité et sa très belle mélodie de chant. Il arrive telle une respiration après plusieurs chansons denses et très techniques. Conscience prend conscience (il fallait bien que je la fasse !) qu’un titre moins typé ou moins typique d’un prog’ pur serait le bienvenu. On songe à Anathema. C’est léger et beau, tout simplement. Avec There Aren’t Many Nighmares, le changement d’ambiance est radical ! L’intro nous fait immanquablement penser à du Dream Theater. Le groupe durcit le ton. Même les voix osent certaines choses plus extrêmes. Incontestablement, il s’agit là du morceau le plus heavy depuis le début de l’album. Le contraste peut toutefois se faire sentir par rapport au chant qui, sur les refrains notamment, persiste à demeurer relativement soft. C’est d’ailleurs un des petits bémols que je me permets de formuler : le manque de relief du chant en général. On aimerait plus de mordant et davantage de variations. Pourtant, Conscience comprend non pas 1 mais 2 chanteurs…

Viennent ensuite 2 (!) interludes. Le premier est la suite logique des précédents et s’appelle donc In The Solace Of Harm’s Way Part III. Sans grande surprise, on y retrouve l’orchestre symphonique qui durant une petite minute reprend le thème musical de l’album. Harm’s Way, quant à lui, est nettement plus surprenant. Il s’agit ni plus, ni moins d’un plan de guitare / basse / batterie hyper heavy, voire indus. Le genre de truc que n’aurait pas renié un Rammstein ou un Fear Factory ! D’une durée de 30 secondes, mais pourquoi ne pas en avoir fait un véritable morceau ? Car perso, j’ai adoré ! Mais 30 secondes quoi… Bref, c’est bien dommage. On en viendrait presque à se demander ce que ce Harm’s Way vient faire ici, coincé entre un In The Solace Of Harm’s Way Part III qu’on croirait sorti de l’esprit de Danny Elfman et un Life Takes A Turn qui lorgne totalement vers du Anathema. Le grand écart ! Quoiqu’il en soit, respectons la volonté du groupe. N’oublions pas qu’il s’agit d’un véritable concept album avec tout ce que cela suppose : changements d’ambiances, interludes, transitions, etc, etc. The Uncertainties Of May nous remet sur les rails. L’erreur d’aiguillage n’était pas loin ! Malheureusement, on n’a pas affaire ici à un TGV mais plutôt à un train corail. Le trajet est certes plaisant mais peu exaltant. L’intro est pourtant très prometteuse. Mais malheureusement, The Uncertainties Of May n’offre pas un refrain très accrocheur. LNDASSML nous propose ensuite une interprétation très électro-électrique du thème musical récurrent de l’album que l’on avait déjà entendu en version orchestre classique. Puis c’est au tour de In The Solace Of Harm’s Way Part IV de s’y coller avec une variante de nouveau très “Danny Elfman” dans l’esprit. On peut s’interroger quant à l’utilité ou à la finalité de reprendre le même thème de plusieurs façons et à différents endroits de l’album… CONCEPT ALBUM on vous dit ! At The Hands Of The Clock est le dernier morceau chanté de l’album. Pas le meilleur non plus… Il faut bien l’avouer mais on a un peu le sentiment que Conscience se cherche un peu sur cette fin d’album. Peut-être le concept passerait-il (certainement même) mieux en live. Non pas que ce soit déplaisant mais on ne retient plus rien. Et l’album dure tout de même près d’une heure… Les 2 derniers titres sont purement instrumentaux. Solace présente le thème musical, le fil conducteur d’In The Solace Of Harm’s Way dans une jolie version piano / violon. In The Solace Of Harm’s Way – All Parts, comme son nom l’indique, reprend quant à lui l’intégralité des 4 parties déjà entendues sur l’album à différents endroits. La boucle est bouclée !

Avec In The Solace Of Harm’s Way, Conscience propose donc un album hyper ambitieux, très étonnant et qui nécessitera un nombre conséquent d’écoutes afin d’être un minimum apprivoisé. Si vous aimez les albums de rock directs et sans fioritures, vous pouvez passer votre chemin sans attendre. Par contre, j’invite les plus curieux d’entre vous à poser une oreille (et même deux) sur ce nouvel opus de nos franco-américano-portugais car des disques de cette trempe et “made in France”, il n’en sort pas non plus tous les jours. Une chose est sûre : il ne plaira pas à tout le monde. C’est certainement ce qui en fait son charme. Quoiqu’il en soit, le travail de titan qu’il représente mérite que l’on s’y attarde et que l’on se laisse envahir par cet univers musical que le groupe nous a joliment concocté.

Nico D.

Nico D.

Salut ! Passionné de musique, je suis tombé dans le chaudron rock et metal dès l'âge de 10 ans en découvrant des groupes tels qu'AC/DC, Scorpions, Y&T, MSG, Mötley Crüe, Téléphone (cocorico !) et bien d'autres encore. Je suis notamment devenu un inconditionnel d'Iron Maiden lorsque mes oreilles se sont posées pour la première fois sur l'album "The Number Of The Beast" en 1982. Ce fut une vraie révélation ! Plus tard, j'ai découvert Metallica et toute la scène thrash metal. Désormais mon champ d'appréciation en terme de musique est large avec une prédilection toutefois pour le heavy, le prog' et le classic rock. En 1988, j'ai commencé à jouer de la batterie. J'ai fait partie de plusieurs formations musicales et je suis actuellement batteur dans le groupe de metal prog' JIRFIYA. Parallèlement à ma passion pour la musique, j'apprécie la lecture et le cinéma notamment fantastique, de science-fiction et d'horreur. J'adore voyager également. Et bien entendu, j'aime me rendre à des concerts !

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