Entretien avec F-2301 d’Entropy Zero

Le premier album d’Entropy Zero, Mind Machine : a new experience, m’avait franchement tapé dans l’œil au moment de sa sortie, faisant office d’OVNI dans le milieu metal. Profondément ancré dans la SF l’univers d’Entropy Zero a tout ce qu’il y a de plus séduisant et j’ai donc entamé une conversation numérique avec F-2301, leader du groupe afin d’en savoir un peu plus sur tout ça…

Bonjour, et merci de prendre quelques minutes pour répondre à mes questions. Est-ce que tu peux tout d’abord te présenter et nous expliquer ce que tu fais dans Entropy Zero ?

Bonjour je suis F-2301 leader du groupe Entropy Zero. Je suis le compositeur et le créateur de tous les contenus artistiques d’Entropy Zero. Sur scène je suis au clavier/sample/keytar. K-74 fait également parti du groupe. Il est le bassiste sur scène. Il intervient également dans les contenus de nos chaines, notamment sur Twitch. En effet, le projet dont le socle est de proposer des univers de sciences fiction en live à travers la musique et la vidéo, se déploie fortement depuis plusieurs mois et nous proposons de plus en plus de contenus variés dans le registre de la SF.

Comment en es-tu venu au metal, à la fois en tant que fan et en tant que musicien ?

Le métal est une grande histoire d’amour… J’en écoute depuis que je suis ado. J’ai également joué pendant 10ans dans un groupe de black métal symphonique. C’était vraiment une autre époque, sans internet et où la musique comptait plus que le nombre de like. On a fait beaucoup de concerts et sorti 2 albums, vraiment de très bons souvenirs. Aujourd’hui, Entropy Zero n’est pas vraiment du métal mais un hybrid où je pense que l’on ressent fortement ces influences.

Mind Machine : a new experience est le premier album du groupe. Comment s’est passée son écriture ?

Chaque titre est composé de la même manière. Je travaille beaucoup mes « sons » pour me faire une boite à outil. En effet, un son particulier va souvent beaucoup plus m’inspirer qu’une chanson de tel ou tel groupe. Ensuite, je réfléchi à un thème de SF que je voudrais aborder. J’utilise alors ma  boite à outil pour illustrer une histoire qui germe dans ma tête et qui se concrétise au fur et à mesure que je compose. Une fois terminé, je fais le montage vidéo pour surfer sur l’inspiration et terminer le titre pour le live.

D’où te viennent les idées pour les morceaux ?

Je m’inspire beaucoup des domaines du cinéma, du Jeu vidéo ou des BD. Finalement, pour moi, la musique en soit est beaucoup moins inspirante qu’un domaine connexe pour essayer de faire quelque chose d’original. Ce qui est bien en SF, c’est que le champ du possible en termes d’émotion et de style est quasi infini. Aujourd’hui, je m’emmerderai à faire un album dans un seul style prédéfini et cadrer.

La musique d’Entropy Zero est cinématographique et emporte l’auditeur. Comment parviens-tu à cette alchimie ?

J’écoute quasiment que des musiques de film et suis vraiment passionné de cinéma. Je pense que c’est le facteur le plus important qui donne cette couleur à notre musique. Ensuite, j’accentue la tendance avec une musique quasi instrumentale et des structures de morceaux très loin du couplet/refrain. Enfin la vidéo en live est la touche finale pour dire qu’Entropy Zero c’est quasiment du ciné/concert.

Quelle est ta piste préférée de l’album, et pourquoi ?

Il est très difficile de répondre à cette question, car chaque morceau raconte quelque chose qui me tient à cœur. Après, J’ai une affection pour le dernier titre « Out of gravity » car c’est le premier titre que j’ai composé et il est très expressif je trouve. C’est également lui qui m’a donné l’impulsion pour la suite. Paradoxalement il est un peu à part des autres titres et on ne l’a encore jamais joué en live.

Quel est ton top 3 dans les catégories suivantes : jeux-vidéos et films ?

Il est toujours difficile de faire un top, mais je dirai Mass Effect, Interstellar et Blade Runner.

Le groupe joue à la fois dans les concerts de metal mais également dans les conventions geeks. Ces publics changent-ils ta manière de jouer en live ?

Une force dans Entropy Zero, c’est que la SF touche un public très large. Alors en live on joue toujours de la même façon, en revanche on va avoir tendance à ne pas jouer les titres les plus « extrêmes » en convention. Aujourd’hui, avec les titres du second album (déjà bien avancé) et les reprises (Dune, Depeche mode, Star wars…), on a un panel très large de set list possible et on peut vraiment s’adapter et se faire plaisir.

Et justement ça ressemble à quoi un concert d’Entropy Zero ?

Comme je le disais plus tôt, Entropy Zero est à la limite du ciné/concert. Bien souvent, on alterne avec entre des phases où le public va être en immersion dans la musique et l’image et des phases où on revient à des choses plus classiques et où l’attention revient plus sur les musiciens.

Si on te proposait de faire la bande originale d’un film, dans l’univers de ton choix, tu sélectionnerais quoi ?

Héhé il y a beaucoup de chose que j’aimerais faire ! En revanche, je suis vraiment un gros fan de la saga BD du Méta Baron (un personnage issu de l’INCAL). Si une adaptation venait à se faire, je serais fou de pouvoir faire la musique.

J’ai ouï dire que tu avais déjà la matière pour l’album suivant. Peux-tu nous en dire un peu plus dessus ?

Oui effectivement, le 2e album est bien avancé. Cette fois, on est dans un album concept où tout l’univers permanant d’Entropy Zero va être dévoilé et détaillé à travers les titres et d’autres supports comme des clips ou des mini BD. Les musiques seront dans le même esprit, mais en plus « racées ». Les passages électros seront encore plus électro, les passages rock, plus métal. Il y aura également de gros passages cinématiques bien appuyés. D’ailleurs vous pouvez jeter un œil à notre nouveau clip « FPS » qui touche aux univers de jeu vidéo :

2020 a été riche en sorties d’albums. Quel serait ton album de l’année, hormis celui d’Entropy Zero bien évidemment ?

Alors je ne citerais pas vraiment un album, mais le live de Septic Flesh à Mexico car c’est une groupe que j’adore et que je suis encore de près.

Merci pour te réponses et à bientôt au détour d’un concert !

Thomas Riquet

Thomas Riquet

Passionné de cultures alternatives, Thomas dirige eMaginarock depuis 2008. Editeur, photographe, anthologiste, graphiste... ses casquettes ont été nombreuses dans sa vie, un peu comme un chapelier fou, mais avec toujours une ligne directrice qui s'est dégagée : faire découvrir les univers qu'il aime aux autres.

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