Sweet tooth – Jeff Lemire

Dix années se sont écoulées depuis la mystérieuse pandémie qui frappa la Terre et décima la quasi-totalité de la population.

De celle-ci, naquit une nouvelle espèce : mi-homme mi-animale.

Gus fait partie de ces enfants hybrides dont on ignore tout, livré à lui-même depuis la mort de son père. Au cours de son voyage à travers une Amérique dévastée, Gus croisera la route de Jepperd, homme massif et taciturne avec qui il se met en quête d’un refuge spécialisé. Mais sur leur route, les chasseurs sont nombreux.

Cette bande dessinée m’a de prime abord séduite par son scénario poético-post-apocalyptique : l’idée d’un monde vidé ou presque de ses adultes, où ne subsisteraient que des enfants à mi chemin entre l’humain et l’animal, me paraissait très prometteuse. Cette trame change d’ailleurs beaucoup de l’image que je me faisais des comics, un genre essentiellement consacré selon moi à des super héros sauvant l’humanité.

Et de fait, j’ai tout de suite accroché à l’histoire de ce tout jeune garçon soudainement confronté au monde qui l’entoure. Long périple entre un adolescent et un homme dont on ne sait s’il l’accompagne pour le protéger ou le détruire, les débuts de Sweet Tooth ne sont pas sans rappeler La route de McCarthy, sans que cela ait nuit à mon intérêt.

Gus se montre très vite attachant, dans toute son innocence et sa naïveté. Il est d’ailleurs loin d’être un héros typique du genre, et semble au cours de ce premier volume plutôt être celui à sauver que celui par lequel viendra la délivrance.

Son aventure est avant tout initiatique : du petit monde clos dont son père lui refuse toute sortie, il n’aura d’autre choix qu’explorer les vastes espaces qui l’attendent de l’autre côté de la frontière imaginaire tracée par son père, et de se confronter à la vie. Les épreuves surmontées par Gus tout au long de ce tome le confronteront à la réalité du monde et des autres. Il apprendra au fur et à mesure des obstacles et des rencontres à se connaître lui-même aussi bien que l’univers dévasté dans lequel il vit.

Sa rencontre avec Jepperd est aussi providentielle que dangereuse. Personnage énigmatique et taciturne qu’on devine blessé derrière le secret, on ne sait si ce dernier tient davantage du père ou de l’ogre, ou un peu des deux. Plus le temps passe et plus Jepperd se montre attachant ; une partie du volume est d’ailleurs consacrée à son histoire, en faisant dès lors un personnage tout aussi important que Gus.

Comic oblige, je me devais aussi de commenter les dessins de cette histoire, qui sont à la hauteur du scénario et illustrent tout à fait le monde apocalyptique dans lequel elle se déroule. L’objet en lui-même est d’ailleurs élégant et la couverture intrigante donne envie de s’y plonger.

Cette première découverte de Sweet Tooth m’a donc beaucoup plu, et je lirai les deux prochains volumes avec impatience.

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