Malamander est un roman jeunesse dont j’ai bien apprécié la lecture. Accessible sans être pour autant simpliste, il saura sans doute séduire les plus jeunes aussi bien que les adultes férus d’imagination.

Personne ne visite Sinistre-sur-Mer en hiver lorsque la brume tombe sur l’épave du Léviathan, où certains jurent avoir vu rôder la malamandre, un légendaire monstre marin.
Herbert Lemon est Trouveur d’Objets Égarés à l’hôtel du Grand Nautilus et s’ennuie ferme dans son minuscule bureau. Jusqu’au jour où Violette Parme débarque telle une bourrasque avec une mission très spéciale à lui confier : retrouver ses parents disparus ici-même quand elle n’était qu’un bébé.
Très vite, une piste s’impose : celle de la malamandre, sur laquelle le père de Violette enquêtait. D’après la légende, le monstre s’apprêterait justement à venir pondre son œuf magique sur la plage de Sinistre. Et manifestement, Herbert et Violette ne sont pas les seuls à s’y intéresser…

 

Il y a une grande inventivité dans l’univers présenté par l’auteur, dont je me demande parfois si elle n’est pas propre aux romans jeunesse. L’histoire se plante dans un décor atypique et intrigant qui foisonne de détails : le plan présenté au début du livre suffit à nous donner envie de parcourir les rues de Sinistre-sur-Mer et ses recoins étranges.

Les deux héros se montrent attachants : c’est un plaisir de les suivre tout au long de cette aventure. Les autres personnages sont riches, et occupent des postes pour le moins atypiques (Trouveurs d’objets égarés ou bibliothécaires prescripteurs). Si téléphones ou télévisions leurs semblent inconnus, ils n’en utilisent pas moins des appareils étonnants (la caméraluna en est un exemple poétique).

Tout ce petit monde vit dans un univers qui semble replié sur lui-même. On ne sait d’ailleurs pas vraiment ni où ni quand on est : Londres et l’Écosse sont citées de très loin, pour autant cette histoire semble de situer hors du temps et de l’espace.

Ces éléments apportent une dimension fantastique à l’ensemble, qui m’a particulièrement parlé. Ajoutez à l’ensemble des spectres éperdus et des créatures fascinantes : tous les ingrédients sont présents pour nous faire passer un bon moment de lecture.

D’autant que le rythme est assez haletant : plus on se plonge dans l’histoire et plus on a envie d’en connaître la suite, de découvrir les trésors d’inventivité que nous réserve l’auteur.

J’ai par ailleurs apprécié le parti pris concernant ce monstre qu’est sensé être la Malamandre : cette dernière n’est pas jugée, ni considérée par les héros comme une créature terrible et cruelle qu’il faudrait à tout pris détruire ; ses motivations sont respectables et respectées, elles donnent au roman une jolie perspective d’ouverture à la différence des autres espèces, à la compréhension de leurs motivations.

J’émets simplement une petite réserve sur la fin, que j’ai trouvée frustrante. Je n’ai rien contre les fins ouvertes, cependant la non-résolution de l’énigme initiale me dérange un peu plus. Mais la suite de l’histoire nous sera certainement dévoilée dans le tome 2.

Malamander est donc un roman jeunesse très inventif, que j’ai lu avec beaucoup de plaisir !

NokomisM

NokomisM

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