Pathfinder 2 – Livre de Base – Paizo – Black Book Éditions

Pendant longtemps, très attaché que j’étais (et suis toujours) à l’ancêtre du JdR qu’est le Vénérable D&D, j’ai considéré Pathfinder comme un « ennemi » et une « pâle copie » de ce que j’estimais à l’époque comme étant  LA référence en matière de JdR. Mais c’était il y a plus de 20 ans (à la louche), et j’ai depuis appris à mettre de l’eau dans mon vin et à savoir mon jugement.

Je me suis dit que si les gars de Paizo (qui avaient donc quitté WotC par ce qu’ils étaient en désaccord avec l’orientation qui était donnée à D&D) s’étaient décidés à créer Pathfinder, ce n’était pas pour rien, et que le jeu devait finalement mériter qu’on s’y penche. Mais je n’ai pendant longtemps pas eu le temps, et la gamme a défilé… Mais je me suis dit, qu’avec cette seconde édition toute neuve, c’était l’occasion de raccrocher aux wagons et de voir ce que le jeu a dans le ventre…

Je ne vais pas y aller par quatre chemins, c’est du lourd, et dans tous les sens du terme !

Même après 35 ans de pratique, ce genre d’illustrations provoque toujours autant d’effet sur mon imagination.

Déjà par l’ouvrage en lui-même. 650 pages ! Il faut les remplir, et ça fait un « sacré beau bouquin » qui pèse son poids sur une table de chevet. Ça donne une première idée quant au détail et au soin apporté au contenu. J’ai déjà eu des «encyclopédies» dans les mains, mais rarement de cet acabit, il faut l’avouer !

En termes de finition, c’est absolument parfait. C’est beau, solide, dos cousu, papier glacé. Ça en jette !

Mais bon, la qualité du travail de finition du duo Paizo/BBE n’est plus à démontrer, donc c’est plutôt logique qu’ici l’ouvrage soit de grande qualité.

Qu’a-t-il dans le ventre, ce mastodonte ?

Sur les 650+ pages du livre, un peu plus de 400 ont trait à la création de personnages. Oui, 400 ! (Avec la magie, tout de même). Alors certes, on est loin du contenu «léger» de certaines (très bonnes) boîtes d’initiation, ou le corpus de règles va s’étendre sur 20 pages max, mais ici on n’est clairement pas dans la même optique.

Pathfinder 2 a clairement été conçu pour être précis, pointu, détaillé, mais c’est un choix clairement assumé de Paizo  (Starfinder avait d’ailleurs déjà montré la voie à ce sujet).

 

Trop détaillé, d’ailleurs, aux yeux de certains, qui voient un système trop lourd, avec plein d’inutiles et de superflus «… qui ne servent à rien si ce n’est remplir des pages et des pages… ». Chacun voit midi à sa porte et je serai très mal placé pour critiquer les choix de chacun – je suis le premier à dire que chacun joue comme il veut. C’est là une règle de base 🙂

Cependant, même si je suis le premier à apprécier les systèmes clairs et légers, je suis aussi un joueur qui aime la précision et la minutie. Alors peut-être est-ce dû à ma pratique de wargames type ASL, Amirauté et autres The Longest Day quand j’étais plus jeune, ou encore au fait que j’ai passé de très longues heures à jouer à Légendes Celtiques, Rolemaster et autres Traveller, mais quoi qu’il en soit, je n’ai pas crié au scandale en voyant les différentes étapes de création du personnage.

Parce qu’il faut bien être clair, hein. Au delà de la précision apportée à la création des personnages, le système de jeu, quant à lui, c’est du D20, qui est donc à la base relativement simple.

Un personnage se définit donc de la façon suivante :

  1. Ascendance
  2. Historique
  3. Classe
  4. Compétences
  5. Dons

Ce à quoi viennent évidemment se rajouter l’équipement et les sorts (en fonction de la classe choisie, pour ces derniers). Vu comme ça, cela reste donc logique et plutôt bien foutu. Et c’est le cas. Et même si les options et possibilités sont très nombreuses, il s’avère qu’en suivant la création pas à pas on se mitonne un personnages « aux petits oignons » tels que je les affectionne. Alors, bien évidemment, il faudra compter un peu de temps pour aller jusqu’au bout (j’ai d’ailleurs l’habitude de créer les personnages en amont de la première session, un par un, histoire de bien s’appesantir dessus avec le joueur).

La base su système, c’est donc le D20, avec un DD à obtenir en fonction de ce qui est tenté. Pour la mécanique, c’est pas bien plus compliqué. 3 actions uniques sont utilisables au cours d’un même tour, auxquelles viennent s’ajouter les actions gratuites et les réactions.

Ici, le « petit plus », ce sont les activités (qui sont un peu le pendant des actions complexe de Starfinder, par exemple). Les activités sont des actions plus « longues » à effectuer, et qui vont – logiquement – demander un temps d’exécution plus important. Les activités sont de deux sortes : à 2 ou 3 actions. En fonction de l’activité choisie, vous « consommez » donc des actions uniques en conséquence.

Et voilà ! Vous savez jouer !

J’exagère un peu, mais je ne suis finalement pas si loin que çà de la vérité 🙂

L’ouvrage se poursuite par un chapitre centré sur l’histoire de Golarion, qui permettra eux nouveaux venus de s’imprégner de l’univers. Clair et aggrémenté de nombreuses cartes/illustrations, ce chapitre (un peu court ?) est très agréable à lire.

Les deux parties suivantes (jouer et diriger une partie) entrent plus en profondeur dans le système et permettent à chacun d’appréhender son rôle et de comprendre les mécaniques qui vont régir les parties. Classique de tout LdB.

J’aime beaucoup le principe des intermèdes, par exemple, qui permettent de « donner corps » à la vie de vos personnages entre différentes aventures (c’est un système qui existe dans d’autres JdR). Je trouve que cela ajoute à l’immersion et permet de donner un liant intéressant à vos aventures/campagnes.

La denière partie concerne quant à elle les objets magiques et leur fonctionnement. C’est riche, foisonnant et détaillé, là aussi. Cela permettra au joueurs de comprendre qu’un objet magique est tout sauf anodin et qu’il faut le mériter 🙂

Donc, pour résumer et conclure ?

Difficile de faire court pour un livre aussi conséquent !

Pathfinder n’est pas le « monstre » que l’on croit. Sous son apparence blindée, avec son armure de 650 pages, le LdB peut faire peur. Mais il s’amadoue facilement si on prend le temps de s’y apesantir.

Certes, PF2 demande un investissement certain pour être assimilé et ne satisfera sans doute pas tout le monde, mais c’est – de mon point de vue – un EXCELLENT jeu, très abouti et très complet qui promet de nombreuses heures de plaisir à parcourir Golarion. Il est loin de la complexité et de la lourdeur qu’on peut lui prêter ; il est fouillé et détaillé.

Je suis pour ma part impatient de découvrir le Guide, le Bestiaire et les premières campagnes 🙂

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