Entretien avec Raf et Nils de Think Of A New Kind

Le dernier album en date de Think Of A New Kind, intitulé Ideals Will Remain, est un petit bijou que je vous ai fait découvrir ils y a quelques jours. J’ai tenu à poser quelques questions à deux des membres du groupe, afin d’en savoir plus sur ce qui s’annonce comme un projet musical de longue haleine.

Bonjour, et merci de prendre le temps de répondre à mes questions. Est-ce que vous pouvez tout d’abord vous présenter, et nous expliquer ce que vous faites dans le groupe ?

– Hello, je suis Raf Pener, chanteur.

– Et moi Nils Courbaron, guitariste.

Raf : Pour ceux qui ne nous connaissent pas, nous avons sorti 3 albums depuis 2010, joué sur de gros festivals européens comme le Wacken Open Air et le Hellfest et nous avons également enchainé 2 tournées européennes pour notre dernier album Symbiosis, l’une avec Soilwork et l’autre avec Sinsaenum. Et aujourd’hui on est là pour parler de notre nouvel album, Ideals Will Remain.

Revenons tout d’abord sur la question du groupe. Comment définissez-vous la musique que vous faites ?

Raf : C’est toujours difficile de définir soi-même sa propre musique, mais ce que je peux dire c’est qu’on essaie de réunir les principales influences de chacun, ce qui n’est pas chose aisée, car nous avons des goûts vraiment différents ! Mais nous nous retrouvons quand même sur certains groupes et je pense qu’on peut résumer notre musique à un mix de metal moderne américain et de death melo scandinave.

Nils : Effectivement, c’est toute la complexité de faire cohabiter dans nos rangs des fans de Symphony X et In Flames avec des adorateurs de Textures ou Aborted ! (rires). Mais ces influences, qui ont forgé notre identité depuis tout gamins sont aussi sources de richesse pour notre musique.

Je vous connaissais jusque-là sous le nom de T.A.N.K., qui était la version raccourcie de Think Of A New Kind. Puis récemment vous êtes revenus à la version longue du nom. Pourquoi ? Et d’où est venu ce nom au final ?

Raf : Nous avions vraiment envie de passer un cap avec cet album. L’abandon de notre acronyme afin de mettre l’accent sur notre nom complet est un moyen d’affirmer notre identité et de marquer l’entrée du groupe dans une nouvelle aire. Nous avions en plus pas mal de soucis avec l’acronyme T.A.N.K, car les moteurs de recherche et les plateformes de streaming ne les prenaient pas en compte. C’était une évolution nécessaire qui ne renie en rien notre attachement à ces 4 lettres.

Think of A New Kind est un nom volontairement sibyllin derrière lequel se cache en fait une invitation à se remettre en question. C’est une façon un peu abstraite de dire qu’il faut savoir s’interroger sur ses propres jugements, être ouvert d’esprit afin d’adopter différents point du vus, essayer de comprendre les façons de pensées qui sont différentes des nôtres… Je pense qu’un des gros problèmes de notre société moderne c’est justement le manque de communication claire et les incompréhensions qui en résultent… L’ouverture d’esprit et la remise en question sont à mon sens deux éléments indispensable pour vivre dans un monde plus serein. Le tout en hurlant dans un micro, bien sur! (Rires)

Nils : Ce n’est d’ailleurs pas le seul changement qui accompagne ce nouvel album ! C’est un nouveau concept, un nouveau logo, un nouveau label (Verycords) et c’est aussi le premier album où apparaît Thomas Moreau, notre guitariste qui a rejoint nos rangs en 2016, et qui a pu apporter de nouvelles influences.

Nouvel album avec ce Ideals Will Remain. Comment vous avez travaillé dessus ? Qui compose, qui écrit les paroles ?

Raf : Il s’agit de notre premier concept album, décliné en musique, sur scène et même en comic book. C’était vraiment important pour nous de proposer quelque chose en plus de la musique.

C’est une dystopie entre pop culture et science-fiction post-apocalyptique où multinationales, gouvernements corrompus et extrémistes ont su instaurer un véritable climat de terreur. Toute forme d’expression artistique et de culture contestataire y est systématiquement annihilée. Ce sont les Putrids, les personnages bandés que l’on découvre dans le comic book, le livret du digipack et bien-sûr le clip de The Pledge.

Face à eux, un groupe de rebelles, baptisé l’Essence, agit dans l’ombre pour rassembler les âmes perdues, prêtes à défendre leur liberté, en tirant les leçons du passé, en propageant la connaissance et la culture. Nous, nous incarnons les porte-parole de l’Essence. Think of A New Kind tente d’entretenir l’espoir et d’organiser la résistance…

Dans l’ensemble, c’est moi qui me charge de l’écriture des paroles mais certains aspects du concept se sont affinés au fil du temps, grâce aux idées proposées par certains mais aussi aux différents visuels de la pochette, sur lesquels nous commencions à travailler avec notre graphiste. Son personnage bandé a été une grosse source d’inspiration.

Nils : Pour la composition des morceaux, on fonctionne de façon démocratique et chacun apporte sa touche. J’ai proposé beaucoup de morceaux déjà presque terminés ou à retravailler, Thomas et notre batteur Clément ont apporté également leurs lots de riffs. Raf a pour habitude également de composer quelques morceaux et il travaille ses lignes de chant avec Olivier notre bassiste.

Visiblement la notion d’idéaux semble importante dans cet album. Quel est le vôtre à tous ?

Raf : L’idée principale qui traverse cet album c’est que l’on ne peut pas combattre des idées avec des armes. Même si la mort frappe, les idéaux demeurent : c’est pour ça que l’album s’appelle ainsi. C’est ce qu’on a voulu mettre en image dans le clip de The Pledge et c’est également le sens de la phrase « Notre metal est plus fort que le leur », tiré de ce même morceau. L’idée c’est d’inspirer au gens la force de se battre pour ce qui leur paraît juste, même si le combat semble mal engagé car il ne faut pas sous-estimer la puissance des idées…

Comment s’est passé le travail par rapport à la pochette, qui est franchement magnifique ?

Nils : Merci beaucoup ! Nous avons travaillé une nouvelle fois avec Ludovic Cordelières (a.k.a Rusalka Design) qui s’était occupé des pochettes des 2 précédents albums. C’est un peu comme s’il faisait partie de l’équipe maintenant. Nous lui avons présenté le concept, les sujets des morceaux et cité quelques influences. Nous avons simplement évoqué l’envie d’avoir une couverture assez sobre, avec un logo fédérateur. Mais nous lui avons laissé une grande liberté pour développer le concept en image à l’intérieur du digipack.

Raf : C’était très cool de voir cet univers prendre vie grâce à ses visuels magnifiques ! C’était également très inspirant pour moi, cela m’a permis de pousser encore plus loin le concept de cet univers.

Quelle est, à chacun, votre chanson préférée de l’album, et pourquoi ?

Raf : C’est un peu comme si je te demandais de choisir ton enfant préféré, mais bon… (rires) S’il fallait en choisir un, je dirais Dead End’s Night. Il se démarque des autres morceaux car il est plus « feelgood » que les autres et j’adore le groove du refrain. C’est un morceau qui me donne envie de faire la teuf !

Nils : Moi, j’aime beaucoup The Phantom. J’ai voulu composer quelque chose en dehors de ma zone de confort, du coup, je n’étais vraiment pas à l’aise la première fois que j’ai fait écouter mes riffs aux gars. J’ai été très heureux de voir que ça leur plaisait et je suis très fier du travail en commun qui en a découlé pour aboutir à cette version finale.

Le premier clip lié à l’album est sorti récemment. Comment s’est passé le tournage ? Ce n’était pas trop difficile de faire les acteurs ? D’autres sont dans les tuyaux ?

Raf : C’est notre première collaboration avec Julien Metternich, que l’on connaît pourtant depuis longtemps. Il a apporté énormément de bonnes idées et c’était une super expérience de travailler avec lui. On a également eu un super travail sur les maquillage grâce à notre Make up artist, Camille Andrée. Concernant « l’acting » même s’il n’y en a pas beaucoup, nous avons réfléchi les rôles en se basant sur nos personnalités dans la vraie vie, afin de faciliter au maximum la tâche, car rien de mieux pour gâcher un beau clip qu’un jeu d’acteur en carton !

Nils : Ce que Raf ne dit pas c’est que lui et Olivier, qui sont des comédiens frustrés, s’en sont donnés à cœur joie ! Et je crois qu’ils espèrent encore être nominés aux Oscars… (rires)

Raf : Nous avons d’autre clips prévus, afin d’en dévoiler un peu plus sur les événement vu dans The Pledge, le tournage devrait commencer dans les semaines qui viennent.

Quand est-ce que l’on pourra voir Think Of A New Kind sur scène ?

Nils : En attendant une tournée pour défendre cette album sur scène, les prochaines dates sont à retrouver sur notre site, Facebook ou Instagram. Nous serons le 22 Février à Rennes, le 29 Février à Bordeaux, le 7 Mars à Nantes, le 9 Mai au Metal Culture, à Guéret, le 28 Juin au Game of Tournay en Belgique et le 4 Juillet en PACA.

Quel est votre pire souvenir sur scène, en tant que musicien ?

Raf : Étant donné qu’on n’a jamais vécu de catastrophe sur scène, nos pires souvenirs deviennent avec le temps des souvenirs amusants… Je pense par exemple à cette fois ou un guitariste a cassé 3 cordes différentes au cours d’un seul concert ou bien à ces clôtures de petits festivals, face à un public présent depuis bien trop longtemps et qui est beaucoup plus préoccupé par le fait que tous le fûts de bières soient vides que par ce qui se passe sur scène… (rires)

Maintenant que cet album est sorti, quels sont les prochains projets pour le groupe ?

Nils : A court terme, nous espérons repartir bientôt sur les routes de France et d’Europe afin d’aller propager la parole de l’Essence sur scène ! Et nous avons aussi les prochains clips à préparer pour terminer l’histoire de The Pledge.

A bien plus long terme, nous aimerions revenir avec de nouveaux morceaux qui nous permettraient d’étendre encore plus ce nouvel univers…

Merci d’avoir pris le temps de me répondre et à très vite au détour d’une scène !

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