Entretien avec Pierre et Etienne, de Deliverance

Deliverance est une des nouvelles pépites du metal français, et ils viennent de sortir leur nouvel album, Holocaust 21:1-46. Une rencontre au cœur du Hellfest Corner de Paris, autour d’une bière pour discuter musique, écriture de paroles et souvenirs de tournée…

Bonjour, et merci de répondre à mes questions. Est-ce que vous pouvez tout d’abord vous présenter, et nous expliquer ce que vous faites dans Deliverance ?

Pierre : Moi je suis Pierre, chanteur et parolier du groupe.

Etienne : Etienne, guitariste. J’ai rencontré Pierre il y a huit ans et j’avais des titres qui ne correspondaient pas aux groupes que j’avais à ce moment-là, j’ai donc décidé de créer avec lui ce nouveau projet.

Pierre : Et Etienne a continué depuis à composer tous les morceaux.

Et donc nouvel album avec Holocaust 26:1-46. Visiblement vous êtes bien organisés déjà. Mais comment avez-vous travaillé ? Est-ce que c’est la musique qui colle au texte et à la thématique ou bien le texte qui s’accole à la musique ?

Etienne : C’est d’abord la musique qui arrive, puis le texte est posé dessus. Par contre il est important de préciser que l’on ne bosse pas qu’en binôme, on est vraiment un groupe, à cinq. J’apporte les structures, chacun met ensuite sa patte dessus, sur une longue période d’un an et demi on travaille comme ça nos morceaux. On a enlevé beaucoup d’idées au final, car le processus est vraiment démocratique.

Pierre : Les textes arrivent après. En fait j’écris tout le temps, je lis beaucoup et je mets des notes partout sur les bouquins. Parfois je lis une phrase et ça m’emmène totalement ailleurs et du coup j’écris. Etienne arrive avec les morceaux, on travaille tous ensemble et je regarde ce que je peux placer comme chant. Ensuite je recherche dans ce que j’ai écrit, je développe. Quand j’écris au début ce sont juste des phrases qui ensuite vont me servir d’inspiration.

Pourquoi ce titre, Holocaust 21:1-46, pour l’album ?

Pierre : Moi ce que je vois dans mes textes est très passionnel, avec beaucoup de références aux religions, quelles qu’elles soient. Avec ce point de départ j’écris une histoire plus personnelle à partir de ça. Mon idée est que les paroles fassent écho à tous. L’album ne s’articule pas complètement autour de la notion d’Holocauste, mais j’ai adoré ce passage de la Bible qui m’a paru vraiment important.

Et du coup est-ce que tu penses que musicalement ça colle totalement à ce titre ?

Etienne : Il y a plein d’interprétation de la musique. Quand on écrit un titre on peut faire plein de choses avec, et c’est là qu’il faut savoir bien s’entourer et respecter le choix des autres. Si je travaille avec Pierre c’est que je comprends ce qu’il veut faire, même si parfois dans le détail ses paroles sont tellement personnelles que je ne comprends pas tout, mais je lui laisse son intimité.

Pierre : J’écris mes textes et ensuite on va en studio mais je pars du principe que mes textes doivent servir la musique. Etienne est là et me dit par exemple : « Là cette phrase est trop longue, il faut couper » et je ne reste pas sur mes positions, on discute et on fait avancer le projet.

Etienne : C’est la différence entre un texte écrit et un texte chanté.

C’est quoi votre pire souvenir sur scène ?

Pierre : Moi j’en ai un, je devais avoir 13-14 ans, je faisais des reprises de Nirvana. Concert local, le rideau s’ouvre, premier accord et une corde qui s’envole et là je me suis senti con. Premier concert pour un truc pas du tout adapté où les gens s’attendaient pas à du Nirvana.

Etienne : Moi j’ai plein de souvenirs un peu bizarres, mais je les garde pas vraiment je garde le meilleur. J’ai un bon exemple : quand on a joué au Download avec Aqme, concert incroyable mais pendant tout le concert c’était un calvaire pour moi car j’avais un larsen dans les retours. Au bout du troisième morceau le mec du son n’était même pas à son poste pour régler le problème. Mais c’est pas vraiment un mauvais souvenir car le concert était incroyable. Après oui quand tu joues dans un endroit miteux, que tu manges pas, mais au final cela s’efface.

Point de vue clip, vous prévoyez des choses ?

Etienne : On aimerait bien faire notre premier clip puisqu’on en a pas sorti jusque-là. On a une lyrics pour Saturnine, mais on a des ambitions assez élevées, car on veut faire quelque chose qui montre ce que signifient les paroles. Il faut aussi trouver la bonne personne avec qui travailler, qui ait une vision du truc.

Pierre : Le but du clip est de mettre en avant la musique, de plaquer des images sur un son qui nous inspire. Donc ce serait dommage de faire cela trop vite, mal, juste pour sortir quelque chose.

Et le prochain concert pour le groupe ?

Etienne : Le 4 avril à Brest, au sein de l’Odyssée, et on a quelques dates en avril et en mai pour promouvoir l’album et préparer le Hellfest.

Merci pour toutes ces réponses et j’espère que l’on se croisera au Hellfest !

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