Entretien avec Hansi Kürsch, chanteur de Demons & Wizards

Chanteur de Blind Guardian mais également de Demons & Wizards, le vocaliste allemand est devenu le pape du heavy power fantasy. A l’occasion de la sortie du troisième album de ce side project, intitulé III, il était de passage à Paris et j’ai pu lui poser quelques questions. Une conversation longue et passionnante avec un grand fan de fantasy !

Bonjour Hansi, comment as-tu débuté le projet Demons & Wizards ?

Jensuis le chanteur de Blind Guardian, groupe bien connu pour ses thématiques fantasy, et pour Demons & Wizards c’est sensiblement la même chose avec un ami de trente ans, Jon Schaffer, qui joue dans Iced Earth. À la fin années 90 nous avons découvert que nous fonctionnions plutôt bien quand il s’agit d’écrire de la musique ensemble, et nous avons donc sorti deux premiers albums au début des années 2000, Demons & Wizards et Touched By The Crimson King. Ensuite nous avons laissé de côté le projet pendant une quinzaine d’années, car nous nous concentrions sur nos projets principaux, puis finalement nous avons réussi à sortir un troisième album, III.

Et justement, pourquoi ce nom ? Les deux premiers opus proposent des titres plus évocateurs en termes de fantasy…

Le 3 est un chiffre très mystique, fort, et si l’on va dans la mythologie et la religion, c’est l’un des nombres les plus liés aux divinités. Sur l’album il y a la chanson Diabolic, qui présente une trinité diabolique allant en guerre contre le paradis, et donc on s’est basés dessus. On pensait aussi au début numéroter simplement nos albums, comme d’autres groupes avant nous comme Led Zeppelin l’ont fait. Je ne sais pas vraiment pourquoi Touched By The Crimson King a ce nom au final…

Et comment est-ce que vous avez travaillé sur cet album ? Tu disais que vous travailliez essentiellement à deux.

Jon arrive avec les arrangements musicaux de base, j’arrive souvent avec les paroles et les lignes de chant. Après il arrive que Jon écrive également des paroles. En tous cas on partage tout quand il s’agit de composer notre musique.

Où est-ce que tu trouves les idées pour les paroles justement ?

Je suis connu pour être un geeks de fantasy, mais l’inspiration dépend vraiment de la chanson. Final Warning par exemple est une chanson de fantasy épique classique, mais avec des éléments de prog dans les chœurs. Pour les paroles je me suis basé sur The Stormlight Archive de Brandon Sanderson, qui est un auteur que j’adore, avec ce personnage de l’assassin dans le premier tome. The Stormlight Archive est la meilleure série que j’ai lue ces dix dernières années, à égalité avec Patrick Rothfuss et sa saga du Tueur de Roi. J’ai recommandé ces deux séries à plein de gens et ils ont adoré. Je prends donc mon inspiration dans la fantasy que je lis et cela me pousse à créer des histoires.

Quelle est ta chanson préférée de l’album ?

Je citerais The Children of Cain, parce que j’adore l’histoire donnée par les paroles ainsi que son style très années 70 au niveau de la musique, ce que l’on voulait.

Comment avez-vous travaillé sur l’artwork de cet album ?

L’idée vient de Jon, et de la chanson Diabolic avec cette trinité d’anges déchus joignant leurs forces pour combattre le paradis. Lorsque nous avons brainstormé pour cet artwork le principe nous a semblé évident. Jon a discuté avec l’artiste qui bosse sur Iced Earth et cela totalement fonctionné. C’est très classique, mais la musique l’est également !

Peux-tu me citer tes cinq livres de fantasy préférés ?

Ça va être assez classique : Silmarillion, Lord of The Rings, The Hobbit, Kingslayer Trilogy (Patrick Rothfuss et The Stormlight Archive (Brandon Sanderson).

Quel est ton pire souvenir sur scène ?

Ca va être assez simple en fait et c’est arrivé deux fois. Avec Demons & Wizards on donnait une tournée aux États-Unis, le public était chaud et l’ambiance était vraiment incroyable. J’étais sur scène et je vois une personne slammait sur le public, content de son concert, se dirigeant tranquillement vers la scène, mais il n’y avait personne pour le récupérer, je le voyais mais je ne pouvais pas interrompre le show. Et la sécurité n’était pas attentive et dcette personne est tombée sur le sol en béton de la salle. C’étaient des moments très choquants pour moi, d’autant plus quand j’ai appris que malgré le choc sur le crâne ils avaient laissé ces gens repartir tranquillement chez eux comme si de rien n’était. Sur la seconde date où cela est arrivé la barrière était plus proche et j’ai pu descendre le récupérer.

Après j’en ai un second, si on a le temps, mais il est plus embarrassant que mauvais. Quand j’avais sept ans, à l’école je n’étais pas spécialement fort, et on devait apprendre un poème. J’ai été le premier à vouloir le réciter devant la classe, j’y suis allé et ma braguette était grande ouverte. Cela m’a laissé un traumatisme et du coup avant chaque concert. Sauf une fois lorsqu’un concert en Amérique avec Blind Guardian avec un public de feu. Et les gens me pointaient du doigt, je me prenais pour une rockstar. Le photographe que l’on avait sur la tournée essayait de me dire quelque chose, mais avec mes in-ear je ne l’entendais pas et je pensais qu’il me félicitait, j’étais extatique. À un moment après la quatrième chanson je repasse sur le côté de la scène et je vois qu’il me tend un mot. Je l’aime bien mais je le trouvais bizarre sur le moment, je regarde ce qu’il a écrit et ma braguette était encore ouverte… Je vivais le show de ma vie mais ce n’était qu’une question de braguette (rires). Je vérifie deux fois désormais…

Je vous ai vus aux MetalDays et au début je n’avais écouté que vaguement Demons & Wizards, mais le spectacle était incroyable. Comment l’as-tu ressenti sur scène ?

Pour moi c’était le meilleur show de la tournée, même si le Hellfest et Wacken étaient plus gros. Du point de vue de la performance et du plaisir pris sur scène c’était clairement le meilleur. Sans compter que le concept est tout simplement génial.

Merci beaucoup et à bientôt avec le prochain album de Blind Guardian !

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