La Petite Sirène (Netflix) – Blake Harris, Chris Bouchard

Les +:

  • l’ambiance du sud des Etats-Unis
  • le côté « freak show »
  • une résolution originale

Les -:

  • une intrigue désastreuse!
  • des acteurs sans charisme
  • un jeu du lumières cheap
  • une réalisation sans intérêt

Elle, 10 ans et son jeune oncle reporter, Cam, découvrent dans un cirque une belle sirène, emprisonnée et exhibée comme un animal de foire. Persuadés qu’il s’agit de la véritable « petite sirène », ils vont organiser le sauvetage de la femme-poisson.

Si les contes sont depuis une dizaine d’années beaucoup adaptés à l’écran, La Petite Sirène n’est pas celui que l’on voit le plus. Si la version de Disney était très réussie, la version 2018 est catastrophique!

Ca ne peut que mal se passer avec William Moseley au casting (l’insipide Peter dans Narnia) et Poppy Drayton (Amberle dans la série Shannara)! On ne croit pas une seule seconde à cet oncle protecteur qui se comporte comme un gamin de treize ans ni à cette jeune fille sirène qui passe son temps à battre des cils et a 10 répliques de tout le film!

Pourtant, la bande-annonce donnait envie avec une ambiance début de siècle dans le sud des Etats-Unis. Et c’est bien l’un des rares éléments du film qui fonctionne: l’ambiance et les décors. Le côté « freak show » est agréable et nous transporte dans un autre temps avec une débandade de couleurs et de sons. Ce sont les meilleures séquences du film!

Mais le choix du Mississippi n’est en rien justifié ni correctement utilisé: la présence de la logeuse noire pour faire « couleur locale » est une aberration. Le personnage ne sert à rien, pire: au moment où ça se corse, les auteurs lui font dire « allez-y sans moi, je suis trop vieille, je vous ralentirais! ». Sympa… Le magicien qui a emprisonné l’âme de la sirène et l’expose comme un monstre de foire est une caricature sur patte avec un acteur qui en fait des tonnes et n’est pas crédible une seule seconde. On notera d’ailleurs la surenchère d’effets de couleurs lors de ses apparitions, à la limite du film érotique…

L’intrigue secondaire de la maladie d’Elle (qui ressemble tout simplement à de l’asthme…) est liée petit à petit à la sirène à laquelle elle voue une amitié sans faille en quelques scènes: à 10 ans, un psychopathe l’a poursuit, mais elle décide de rester auprès de son « amie » parce qu’elle est fascinée par sa queue de poisson?! Tout ça me semble bien tiré par les cheveux et surtout sans aucun intérêt ni logique dramaturgique.

La seule chose qu’on pourra reconnaître au scénario, c’est la fin intelligente qui ne reprend certes pas celle du conte, mais s’éloigne largement du Disney: la sirène choisit la liberté et la petite fille accepte la séparation pour le bien de la créature.

L’époque et les décors choisis pour cette adaptation du conte d’Andersen auraient pu donner quelque chose de vraiment original et poétique, mais on se retrouve à la place avec un film bâclé dont on ne sait pas à qui il s’adresse: trop bête pour les adultes, pas assez fort pour les ados et bien chiant pour les enfants!

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