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Cernunnos Pagan Fest 2019 – Jour 1

Le week-end du 23-24 février 2019 se déroulait le Cernunnos Pagan Fest, dans la petite ville de Noisiel.

Nous (quatre photographes, deux reporters et un interviewer) voilà donc sur le pied de guerre dès midi et demi, prêts à passer les grilles de la Ferme du Buissonsous un soleil tout à fait printanier.

Depuis l’année dernière, l’ambiance n’a pas changé : cet ancien corps de ferme offre toujours un décors parfait pour accueillir le festival.

Le grand hall du théâtre propose ainsi le merch (mais aussi, détail non négligeable, les toilettes !), le Caravansérail abrite nombre de petits artisans médiévaux, un bar et une nouvelle petite scène tandis que sous un grand porche couvert sont disposées quelques tables, non loin de la Muse, qui vend paraît-il de très bonnes soupes.

Modification de taille par rapport à l’année dernière : l’entrée festivaliers (une arche ornée d’une tête de cerf) se fait plus proche des salles de concert. C’est à mon sens une bonne chose, car sur la pelouse s’étendent désormais un petit marché médiéval, un stand de crêpes et (bien sûr !) un bar servant trois types de bières, de l’hypocras, du vin chaud et de l’hydromel à température désirée.

Nous voilà donc parés pour enchaîner les concerts (et les litres d’alcool), mais le premier show ne commençant qu’à 14 heures, nous prenons le temps de déambuler un peu entre les festivaliers vêtus de costumes médiévaux, les poules et quelques familles qui ont visiblement du mal à intégrer la faille temporelle dans laquelle semble être tombée leur médiathèque habituelle.

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Et c’est Goffanon qui ouvre le bal sous l’abreuvoir, où le public se masse déjà plutôt nombreux. Ce groupe de pagan toulousain compte quatre musiciens : un batteur, un guitariste, un violoncelliste (une très bonne surprise d’ailleurs, le violoncelle explorant ici des sonorités assez particulières) et un… chanteur multi instrumentiste dirons-nous, qui ne maîtrise pas moins de 5 instruments… dont un marteau frappé sur une enclume. Folk / pagan occitan alternant avec des rythmes dansants et des moments plus tribaux, Goffanon nous offre un très joli concert.

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C’est dans une Halle déjà noire de monde que Les Compagnons du Gras Jambon montent sur scène. Le frontman Vic’ fait d’emblée participer un public très réactif, qui chante les paroles à tue-tête tout en claquant des mains. Les transitions entre chaque morceau sont ponctuées de belles touches d’humour du frontman, qui nous explique également le contenu des paroles de chacun des titres. Les slammeurs et les pogos commencent à faire leurs apparitions. En milieu de set, le tant attendu Rotten Raven Grisen fait surface, accompagné de sa célèbre chorégraphie, le public joue le jeu à 100%, l’ambiance est des plus déjantée dans la salle ! En fin de set, Perkim, la talentueuse chanteuse et percussionniste, nous fera la meilleure demande de circle pit jamais faite pour présenter le prochain morceau, qui s’avère être une histoire d’amour « Comme toutes les histoires d’amour, on commence par se tourner autour, donc je propose un circle pit pour qu’on finisse par tous se rentrer dedans ».

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À 15h40, nous voici sous l’Abreuvoir parés pour Vanaheim, jeune groupe de néerlandais dont j’avais adoré l’écoute. Peinturlurés de rouge et noir, ses membres proposent un très bon mélange de folk et de black assorti d’excellentes mélodies, entrecoupées de chants tribaux. Les interprètes sont au rendez-vous, et le chanteur n’hésite pas à venir à la rencontre du public (ses cheveux aussi d’ailleurs). Malgré quelques problèmes techniques (voix inégalement entendues, bassiste qui casse une corde et pied de micro qui manque se faire dézinguer par la verve de son propriétaire), l’audience et les pogos sont de la partie.

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Tandis que les concerts battent leur plein, à l’extérieur, les divertissements ne manquent pas non plus. Surtout qu’un soleil radieux brille sur le Cernunnos (les dieux sont avec nous !), et que la chaleur est au rendez-vous.

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En début d’après-midi, au Caravansérail, sur la nouvelle petite scène, les festivaliers peuvent suivre Tan Elleil, une troupe médiévale alliant musique et danse, dont les artistes, vêtus de costumes tribaux de cuir et de plumes, déambulent armés de haches, de bâtons, de tambours ou de vielles. Après un agréable cours de danse médiévale sur la même scène, les agréables troubadours Belges (pléonasme) de La Maisnie Hellequin — qui partagent une musicienne en commun avec Tan Elleil — viendront prendre le relais avec leur musique folklorique savamment ficelée. Cependant, ces troupes de troubadours et de danseurs sont moins présents que les années précédentes, et n’évoluent peut-être pas assez au sein des festivaliers.

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Un peu plus tard, sur le Campement, les plus curieux peuvent assister à une démonstration de combats des XIV et XVe siècles très sympathique, accompagnée d’explications pédagogiques.

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Venus tout droit du Mexique, les Cemican nous offrent sous la Halle une expérience visuelle fantastique. Parmi les musiciens, le line up comporte également un danseur avec plusieurs tenues de scène spectaculaires : de gigantesques masques à plumes, ornés de différents crânes, équipés de quelques armes et d’un bouclier. Ses mises en scène sont très appréciées du public. L’une d’elle a fait participer l’une des festivalières du Cernunnos. En effet, la demoiselle faisant partie d’une troupe de JDR (dont le stand se trouvait au Caravansérail) a été invitée sur scène pour participer à leur show. Elle portait un petit masque de mammouth, le danseur a simulé son sacrifice. Côté musical, leur son est lourd et agressif. Un gros côté heavy mêlé aux instruments trad. Une mélange détonnant.

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Le groupe Nytt Land a eu l’un des plus beau son de l’Abreuvoir. Ce duo mêle à sa musique un côté à la fois ambiant et expérimental. La chanteuse porte une peau de bête sur le crâne et son compagnon un bandeau sur les yeux. Ils nous ont joué quelques titres de leur nouvel album vraiment magnifiques aux envolées planantes. La voix de la chanteuse est exceptionnelle, un timbre original et puissant. Ils pratiquent tous les deux le chant sibérien à la perfection. Leur musique est très axée sur les percussions. La chanteuse apporte une grande partie de la mélodie avec sa voix. Le public semble hypnotisé par le show des russes. Un beau concert qui ne fallait pas louper.

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Vers 18h, petit tour au Caravansérail pour découvrir un show acoustique du guitariste breton Dourgan : suite à quelques problèmes techniques, son set aura 30 minutes de retard. Il commence sur une intro samplée de la bande son du Seigneur des anneaux avant d’attaquer son premier morceau. Il nous conte l’histoire des druides bretons tout en jouant sur sa belle guitare acoustique. Plusieurs enfants sont assis autour de cette petite scène aménagée, tout le monde tape dans ses mains et bat la mesure le sourire aux lèvres. Le son n’est pas d’une qualité exemplaire sur cette scène mais elle a au moins l’avantage d’exister car elle n’y était pas les années précédentes.

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C’est au tour des auvergnats d’Aorlhac de prendre place sous la Halle. Sonorités black aux mélodies un peu post-métal, les morceaux puissants d’Aorlhac séduisent les nombreux spectateurs qui sont présents. Le groupe reprend notamment plusieurs titres de son dernier opus, L’esprit des vents, et propose un univers culturel et historique riche. Le chanteur montre un bon relationnel avec le public (et ponctue son discours de « putains ») ; le groupe nous offre sur la fin un très beau solo de guitare.

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Il est 19 heures, la nuit tombe sur le Cernunnos et avec elle la fraîcheur nocturne. En cette édition 2019, ce n’est pas un problème : en plus des bons repas chauds et des feux allumés dans le Campement autour desquels se regroupent les festivaliers, l’Abreuvoir comme la Halle restent à présent ouverts sans interruption, même en l’absence de concert. Cette excellente initiative permet de se poser un peu au chaud entre deux shows pendant que le groupe à venir effectue ses balances.

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Durant cette fraîche intervalle, la file d’attente ne désemplit pas devant le stand des Brods. Ces pains au pois chiche à garnir soi-même (et à volonté, s’il vous plaît) de lentilles, de porc braisé, d’oignons, de carottes et de délicieuses sauces au miel épicé et au fromage blanc, sont sans nul doute le délice du Cernunnos, assez généreux pour farcir l’estomac du plus brave guerrier, comme pour éponger les excès des plus avinés estomacs. Si faire la queue ne vous disait rien, vous pouviez toujours vous rendre à la Muse où fèves au lard et canard rôti vous étaient servis bien plus vite et avec tout autant de courtoisie.

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Les petits chouchous du Cernunnos, Baldrs Draumar, sont de retour cette fois pour jouer un set acoustique sur les planches de l’Abreuvoir. Ils jouent ce soir des titres inédits dont la plupart ne figurent pas sur album. Le son est une fois encore pendant ce set excellent. Les habitués du festival sont ravis de retrouver ce groupe. Le son des guitare est cristallin. Le frontman nous offre une belle prestation vocale et un morceau qu’il sera seul à interpréter en fin de set. Après le retour de ses musiciens, nous avons le droit à une anecdote des plus cocasse concernant le titre suivant. Les paroles parlent d’un mouton qui aurait fait des choses à l’un d’entre eux. La salle se met à bêler jusque sur les morceaux d’après. Un bon moment, un groupe sympa, de la bonne musique et une bonne rigolade.

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Malheureusement, je loupe le début de Zywiolac, qui commencent un peu avant la fin de Baldrs Draumar. Je remarque d’entrée de jeu la batteuse, qui semble possédée derrière ses fûts. C’est la première batteuse de cette édition. La chanteuse est très talentueuse, sa puissance vocale impressionnante et elle ne manque pas de charisme. Le chanteur instrumentiste en revanche en manque cruellement, et je déplore sa casquette vissée sur son crâne. Quand on est aussi proche de la tête d’affiche dans un fest, on fait un effort sur la tenue de scène. Bref, passons. Musicalement, le groupe est vraiment bon, leurs titres sont riches et très bien joués.

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À 20h50 sous l’Abreuvoir, Horn débute son show. Groupe de black métal allemand, Horn propose une bonne musique, carrée et dansante (même si j’y cherche encore le côté folk). Une fois de plus, le public est au rendez-vous ; les allemands savent comment mettre l’ambiance. Un bémol cependant (qui n’est pas imputable au groupe puisque que je me suis fait la réflexion à d’autres reprises) : le son dans l’Abreuvoir est beaucoup trop fort ; même avec les bouchons d’oreille enfoncés au maximum et ma capuche relevée, la musique est douloureuse à mes oreilles, quelle qu’en soit la qualité.

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Cette première journée du Cernunnos 2019 se clôt en beauté avec le long concert de Manegarm sous la Halle. Est-il vraiment besoin de présenter ce groupe de folk viking suédois ? Manegarm nous offre un excellent son tout au long de sa performance scénique, entrecoupée par les interactions du frontman avec son public. Suprême honneur, le groupe interprète même l’un de ses nouveaux titres pour la toute première fois dans le monde, un très bon morceau, accrocheur et dansant, qui promet. Manegarm achève le spectacle avec son mythique Odin owns ye all, face à une audience en transe.

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Nos compagnons étant partis regagner leurs pénates, notre joyeuse troupe est désormais réduite à deux membres, notre rédac-chef Thomas et moi. Une dernière pinte à la main, nous nous posons sous l’Abreuvoir alors que l’Aftershow se profile. Je gardais un souvenir ému de l’Aftershow 2018, première boîte de nuit pour métalleux à laquelle il m’ait jamais été donné de me rendre ! Mais cette fois-ci l’ambiance est toute autre, et c’est au son de… macumba (oui oui, vous avez bien lu) que s’ouvre (et malheureusement se poursuit) cette soirée. Certes, les festivaliers ne manquent pas de danser comme des fous et de chanter (crier devrais-je dire) « Macumba Macumba », mais le décalage avec le Cernunnos est tel que ni Thomas ni moi ne parvenons à rentrer dans l’ambiance. Nous n’attendons même pas de finir nos verres pour vider les lieux, et laissons derrière-nous, pour cette nuit, le Cernunnos Pagan Fest.

Photographie :Mily Clic, Elodie Roy, Nicolas Chaigneau, Deuskin Photography

Report : Nokomis, Delora & Arnold

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