Accueil / Cinéma / Ghoul – Patrick Graham
Bannière Institut de la Musique

Ghoul – Patrick Graham

Nida Rahim est une jeune recrue de l’armée, affectée à un centre de détention, où elle devra interroger le terroriste le plus recherché : Ali Saeed.

Quand mon meilleur ami m’a parlé de Ghoul, je m’attendais à une série sur les vampires, version un peu gore. Première surprise, c’est un show indien. AH. Les Indiens savent faire autre chose que du Bollywood ? Force est de constater que oui. Ils savent, et même vraiment très bien. Sur une idée originale de Patrick Graham (qui affirme avoir rêvé cette histoire), mené par Radhika Apte (qu’on a déjà pu voir dans l’une ou l’autre série sur Netflix), extrêmement convaincante en jeune militaire fidèle à son gouvernement. Bloomhouse (à qui on doit American Nightmare ou encore, l’excellent, Get out) est à la production de cette mini série, dont la saison 1 comporte 3 épisodes (à peine 2h30 au total). Elle nous entraîne dans un monde craspouille, digne des plus grands films survivals.

Nida Rahim (Radhika Apte), est une jeune femme dévouée à son pays, elle a fait ses classes et s’est engagée dans l’armée. Son père, un professeur, continue de propager ses idées philosophiques alors que le monde est devenu ultra sécuritaire en vue de se protéger du terrorisme. L’état a pris le pas sur les libertés individuelles et il ne fait pas bon penser par soi-même. Les « antinationaux » sont enfermés et interrogés dans des prisons haute sécurité, et il est fortement recommandé d’aider l’état à traquer ces vils libertaires. Le jour où Ali Saeed, l’ultime terroriste est arrêté, Nida est envoyée dans sa prison pour l’interroger. Le temps s’écoule lentement, mais tout va trop vite. Nida découvre que les prisonniers ne sont pas ce qu’ils semblent être et que dans cette ambiance pesante, se joue un autre enjeu. Celui des Djinns.

Huit clos carcéral et violent, la série nous met directement dans l’ambiance. Nous démarrons sur une société dystopique totalitaire, pour finir dans une prison plus que douteuse, tourments physiques (Graham s’est renseigné sur les techniques de torture de la CIA utilisées après le 11 septembre dans les camps du Kashmir) et légendes dans les murs, compris. Il y a de la torture dans cette série, mais pour une fois, ce n’est pas gratuit. On ne voit pas de grandes scènes gores (pour ceux qui se posent la question) et c’est probablement la meilleure idée qu’ait eue le réalisateur. Tout est suggéré, et l’angoisse est pesante et présente. La photographie est magnifique pour une série et les effets en feraient rougir plus d’un. L’ombre et la lumière sont très maîtrisées, elles ajoutent encore un peu de stress et de « dark » à l’ambiance déjà bien glauque. Les décors ne sont pas sans rappeler certain hostel ou encore saw. D’aucuns diront qu’il s’agit là d’un Carpenter version Hindi. Pour ma part, j’ai été bluffée par cette mise en scène et ces effets, totalement inattendus.

Ghoul vient du folklore arabe. C’est le monde des Djinns. Ils ne sont ni bons ni mauvais, ils servent leurs propres intérêts. Ici, il s’agit d’un démon qui s’incarne dans les humains, et connaît leurs plus sombres secrets. Le folklore arabe à la rencontre de la politique, dans une production menée par des Anglais et des Indiens. Le mélange est étonnant (et détonnant). La partie politique est sous-jacente, mais pourtant très présente, et tout est savamment orchestré pour nous rendre toute la claustrophobie qu’inspire le huit clos. Il n’en reste pas moins un certain fond philosophique sur une société qui ferait tout et n’importe quoi pour se débarrasser des fauteurs de troubles. Quitte à y perdre sa propre éthique, sacrifier sa famille, et même sa vie pour une cause.

L’angoisse morale est toujours présente et c’est probablement ce qui est le plus flippant dans cette série ténébreuse et quelque peu sanglante (mais pas vraiment, j’ai vraiment eu une sensation de quelque chose de nécessaire). On se laisse facilement prendre au jeu macabre de la légende sur fond d’idéologie. Serait-ce une critique de la société indienne ? Peut-être bien.

Coup de cœur en ce qui me concerne, je ne saurai trop que vous recommander cette petite pépite tout droit sortie de nulle part. Bloomhouse a, une fois de plus, su placer ses billes judicieusement sur une série de genre, plus que spéciale. Foncez !

Ghoul

écrit et réalisé par Patrick Graham

avec : Radhika Apte, Mahesh Balraj, Manav Kaul

Bloomhouse Productions

Disponible sur Netflix

Eldricht Tales

A propos de 13

13, blackD, true evil darkness... appelez moi comme vous voulez. Whatever. L'image, aaaaaahhh l'image. Tellement belle, tellement infinie, tellement omniprésente, tellement incroyable, pourtant si mystérieuse. Ma passion, (avec le jeu et la lecture faut pas déconner!) la plus dévorante. Je pourrai philosopher sur ce sujet pendant des heures! Néanmoins, je vais vous épargner cette très douloureuse expérience (si, si je vous assure, lire une personne sans âge -la version polie d'ancêtre- déblatérer sur telle ou telle chose, c'est pas franchement un cadeau !), et passer directement à la distribution de bons points. Ceux qui sont pas sages, fessée cul nu devant tout le monde. Allez bisous, à tout vite.

Lisez aussi

Edward aux mains d’argent – Tim Burton

Pegg Boggs représentante chez AVON (une marque de cosmétiques), tombe un jour sur Edward. Le …

Entretien avec les membres de Volker

Chaque sortie d’album de Volker c’est un peu comme une nouvelle découverte pour moi. Après …

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *