The Wings of War – Overkill

Un curieux son de synthé, une guitare industrielle, un riff de batterie martial… Rammstein ? Non, Overkill. Les survivants du trash made in New Jersey, aussi anciens que les groupes du Big Four, déboulent avec The Wings of War, leur 19ème album, ce qui fait d’eux l’un des groupes les plus prolifiques du trash, n’ayant jamais raccroché les gants, ne serait-ce que temporairement, entre 1980 et aujourd’hui, soit quasiment 40 ans !

Le premier titre, Last Man Standing, rappelle leur parenté avec Motörhead : batterie ultra rapide, chant gueulé, la voix de Bobby « Blitz » Ellsworth , plus aigüe que celle de Lemmy, évoquant un improbable crossover entre power metal méchant et punk. Un sacré mélange qui donne un morceau qui fait secouer la tête, rehaussé à ses deux tiers par une brève mélodie celtique de guitare, brève pause avant la relance de la machine, au final survolté. Le ton martial continue avec Believe In The Fight, moulé sur un tempo similaire : la mélodie de chant est plus modulée, les riffs de guitare sont enthousiasmants. Le morceau change aux deux tiers et montre une certaine versatilité rythmique du chanteur, et une prédilection du groupe pour les chœurs virils. En somme, une excellente entrée en matière.

Le tempo ralentit, l’ambiance est presque bluesy dans l’intro du troisième morceau, Head of a Pin, mais le martèlement rythmique revient dès la quarantième seconde. Même si l’entame du refrain est originale (« When you’re alone… » chante Bobby), on se sent moins porté par le refrain du morceau, morceau qui part un peu dans tous les sens durant ses 6 minutes. Cela reste néanmoins un bon titre, mention spéciale au travail vocal assez époustouflant de Bobby Ellsworth.

Bat Shit Crazy est beaucoup plus banal. Il faut attendre Distortion pour varier les plaisirs, malgré un début un peu putassier (joli solo de guitar-hero sur arpège éthéré) et pas vraiment raccord avec la véritable intro du morceau, bien sympathique dans sa façon d’amener les couches d’instruments. Le morceau se révèle être un mid-tempo relativement lourd, une ode au bruit aux paroles à mi-chemin entre Motörhead et Manowar (« A heart of stone and a soul of steel »). A Mother’s Prayer est assez speed, soutenu par une basse saturée et une batterie omniprésente. Welcome to The Garden State, introduit par un dialogue samplé que je n’ai pas identifié , est un hymne punkoïde à leur état d’origine (« The best damn place in the USA », modestement), dont le refrain, le break basse/batterie/chant et le final peuvent évoquer le punk celtisant ou les Ramones (comme nous le signale DD Verni dans la vidéo!)  : un bon morceau, clairement festif.

Hormis le temps de quelques breaks, on peut éventuellement regretter l’aspect « rouleau compresseur » de la production, qui peut lasser ou faire espérer des moments plus subtils, ne serait-ce qu’en terme de volume.

On change d’ambiance avec Where Few Dare to Walk, l’un de mes morceaux préférés pour son riff d’intro ambiancé et intrigant, qui se mue en riff lourd, gras et ultra rythmique comme on les aime, puis en couplets harmonisés entre les instruments. Le morceau tient de la tuerie, avec une belle harmonie de chant aux deux tiers du morceau et un solo original qui amène des variations bienvenues. Out on The Road-Kill, un morceau rapide aux accents heavy-punk, est du coup moins porteur, malgré quelques brefs passages musicalement intéressants. Le disque s’achève sur Hole In My Soul, à l’intro majestueuse et inquiétante, avec un beau refrain qui ne repose pas que sur la voix : le tempo ne ralentit pas, les riffs ne se calment pas, et Overkill non plus.

On note sur tout l’album une belle présence de la basse, parfois négligée chez certains confrères : and Justice for All ? Elle amène ici un supplément de groove à l’album.

En somme, un excellent album, qui fera plaisir à tout métalleux qui se respecte et risque de revenir souvent sur la platine ; surtout si l’on considère qu’on a ici affaire à un groupe qui traîne 40 ans de carrière. Certains groupes du même âge tournent à la camomille et au best-of ad nauseam : rien de tout ça ici, vu l’énergie et la richesse de The Wings of War.

The Wings of War
Overkill
Nuclear Blast
2019

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