Entretien avec Paul, chanteur du groupe Gorgon

Elegy, le dernier album de Gorgon, a été mon coup de coeur de ce début d’année, très clairement. Et je ne pouvais donc pas me passer de poser quelques questions à Paul, chanteur et fondateur du projet. Petite plongée dans l’univers de ce groupe parisien qui monte !

Bonjour, et merci de prendre quelques minutes pour répondre à mes questions. Est-ce que tu pourrais tout d’abord prendre quelques minutes pour te présenter et nous expliquer pourquoi tu es devenu musicien ?

Hey! Je m’appelle Paul. Je suis devenu musicien que très tardivement dans ma vie – j’ai commencé à jouer de la guitare à l’âge de 16 ans. J’ai très vite compris que l’instrument (de façon générale) m’importait peu, et que ce qui m’intéressait vraiment c’était la composition et l’écriture. Je ne sais pas exactement pourquoi je suis devenu musicien, mais il y avait sûrement un besoin de m’exprimer d’une façon ou d’une autre, et j’ai trouvé cette voie là.

Qu’est-ce que Gorgon ? Et pourquoi ce nom ?

Gorgon est un groupe Symphonic Black / Death Metal, que j’ai créé en 2013 – nous avons sorti notre premier album Titanomachy en 2016, et venons tout juste de sortir notre deuxième opus Elegy.

Quant au nom, le choix est venu principalement de l’imagerie moitié féminine / moitié bestiale qu’elle véhicule, ça représente très bien la dualité de notre musique.

Comment s’est créé le groupe, quelle a été l’impulsion initiale ?

C’est un projet sur lequel j’ai travaillé longtemps seul. Je venais d’arriver en France quand j’ai commencé à écrire notre premier album, et je n’avais pas vraiment de contacts ni d’amis musiciens au début – il aura fallu quelques années avant de monter un vrai line-up, et de ‘concrétiser’ l’existence du groupe.

Elegy est le nouvel album du groupe. Comment s’est passé son processus de création ? Qui a écrit les paroles, qui s’est penché sur la musique ?

Tout comme le premier album, je l’ai composé et écrit dans sa totalité. L’écriture seule a prit environs 2 ans, j’ai commencé à travailler dessus peu après la sortie de Titanomachy. J’ai terminé l’écriture et l’arrangement de l’album peu avant notre entré en studio en été 2018 pour l’enregistrement. A la fin des enregistrements, je suis parti quelque temps en Finlande pour finaliser la production, l’arrangement et le mixage avec notre producteur Jussi Kulomaa.

Quelle est ta piste préférée de l’album ?

C’est comme pour les enfants, on a pas le droit de dire quel est son préféré… 😉

Si tu pouvais refaire quelque chose sur cet album, ça serait quoi ?

Tu sais, on peut toujours trouver des choses à se reprocher, mais ce n’est jamais très constructif. Et honnêtement je pense que toute les personnes impliquées dans cet album ont fait un travail incroyable, donc je n’y changerais rien.

Pour ce qui est du travail sur l’artwork, comment ça s’est passé ? D’où est venue l’idée initiale, l’impulsion de départ ?

J’ai réalisé moi-même l’artwork cette fois. On voulait une illustration qui puisse représenter de façon très simple et neutre la Femme – étant le concept principal de l’album. Il m’aura fallu presque 2 ans avant d’arriver à la version finale.

Peux-tu, en cinq mots, définir cet album ?

Intense, Mélancolique, Chaleureux, Agressif et Intime.

Quel est ton pire souvenir sur scène ?

Le tout premier concert de Gorgon, en février 2015.

Et justement, quels sont les prochains concerts du groupe ?

Nous avons un mini-tour en Allemagne prévu pour Mai-Juin, ainsi que quelques dates françaises qui se préparent en ce moment – on annoncera tout ça bientôt

Et point de vue clip, Gorgon en est où ?

Pour le nouvel album, un clip est sorti en Novembre dernier, ‘Of Divinity and Flesh’. Pour cet album ce sera probablement le seul clip dans ce format là – Il y aura cependant d’autres vidéos dans les prochains mois, mais je peux pas en dire plus pour l’instant

Est-ce que ce n’est pas trop dur de devoir passer devant la caméra lorsque l’on est plus habitué à la scène et au studio ?

Tout dépend du contexte je pense – dans notre cas on travaille avec une équipe très réduite dont je fais moi-même partie, les tournages sont toujours un très bon moment

Mixer à la fois la vie d’artiste, la vie personnelle et professionnelle peut s’avérer complexe. Comment gères-tu ces différents aspects de ta vie finalement ?

En effet c’est jamais très simple, mais tout dépend principalement des priorités de chacun, du rythme de vie, et des personnes dont on s’entoure. En soit il n’y a pas de règles, et chacun gère ça assez différemment – dans mon cas, j’ai appris à donner plus de valeur au temps qu’à l’argent, à m’entourer de peu de personnes qui comprennent mon statut et mes priorités, et un travail qui me permet d’être flexible.

Le marché musical dans les sphères rock/metal est actuellement très surchargé. Quel est ton avis sur la question, et ne penses-tu pas que cela devient aujourd’hui trop dur de parvenir à se faire connaître ?

Comme tu l’as dit, le marché est totalement saturé – les raisons sont multiples et malheureusement il n’y a pas de réelle solution. Il y a énormément de jeunes groupes de qualité, mais qui se retrouvent noyés dans la masse, les maisons de disques se font solliciter 24/24 7/7, au point où la plupart n’écoutent même plus de démos. Nous en sommes tous victimes d’une façon ou d’une autre. Pour finir sur une note positive, faut se dire que les anciennes générations qui font totalement rouiller la scène actuelle (autant les groupes que le public) d’ici quelques années finiront par partir et laisser beaucoup (BEAUCOUP) de place à une nouvelle scène beaucoup plus fraîche.

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