Entretien avec Nish et Alex de The Offering

Bonjour, et merci de prendre le temps de répondre à mes questions. Pouvez-vous tout d’abord vous présenter et nous expliquer ce que vous faites dans Northtale ?

Nish : Je suis Nish, guitariste et voici Alex, chanteur du groupe.

Comment êtes-vous devenus musiciens ? Et quel groupe fut votre première grande découverte ?

Nish : Mon père m’a appris comment jouer de la guitare acoustique quand j’étais très jeune. Je pense que mes premiers albulms de metal furent Meteora et Hybrid Theory de Linkin Park. Je n’avais même pas enregistré que c’était du metal à l’époque ! Après cela mon père a aidé mes oreilles en me faisant découvrir des groupes monstrueux comme Black Sabbath, Ozzy Osbourne, Deep Purple… Ma véritable plongée dans le metal agressif quand mes enseignants m’ont dit de ne jamais écouter des nouveaux artistes comme Slipknot ou Marilyn Manson… Je me souviens d’avoir écouté Iowa et Antichrist Superstar directement en rentrant à la maison car je suis curieux de nature. Mes goûts n’ont pas changé depuis.

Alex : Je viens d’une famille qui n’a pas l’oreille musicale : plus des athlètes que des artistes. J4ai commencé à me mettre sérieusement au chant vers dix-huit ans, assez tard pour la plupart des musiciens. Mon lycée avait un des meilleurs professeurs de chant de l’Etat, qui me pris sous son aile, comme un oisillon perdu.

Hybrid Theory a été ma première découverte “metal”. J’avais dix ans quand c’est sorti et cela a fait exploser mon cerveau d’adolescent. C’est toujours un de mes albums préférés encore aujourd’hui, lorsque je recherche un peu de nostalgie.

Comment qualifierais-tu la musique The Offering ? Elle me semble assez difficile à classifier, non ?

Alex : The Offering est un groupe de metal, et comme tu le sais le genre a un problème de définition alors qu’il n’y en a pas besoin. La dispersion en sous-genres dans chaque pan mène à des séparation et de la discrimination. Nous, en tant que groupe, voulons lever le voile, écouter et proposer quelque chose qui brise ces clivages : on cherche à faire de la bonne musique avant tout. Notre but principal est de provoquer des émotions à nos auditeurs, et nous croisons les genres pour cela.

Comment avez-vous travaillé sur cet album, Home ? Qui a composé la musique et qui a écrit les paroles ? 

Alex : Nish a oproduit et écrit la partie musique. Quand à moi je suis un parolier solitaire. Nish m’envoie habituellement des démos de travail et demande : « Est-ce que tu peux chanter là-dessus ? ». En fonction de ma réponse la chanson est gardée ou non. Commence alors le travail d’écriture des lignes de chant. Ensuite on teste, on travaille sur les arrangements mais on se laisse énormément de place pour l’enregistrement. Cela nous permet d’écrire pendant celui-ci et donne une certaine fraîcheur à la musique. Certaines personnes pensent qu’il y a un grand secret derrière le processus créatif mais en réalité il s’agit simplement de savoir jusqu’où tu es prêt à aller en toi-même pour créer. Plus tu plonges et plus tu sors des choses intimes, touchantes, prenantes et plus tu en sors mieux c’est, avant que le monde extérieur ne vienne interrompre la transe.

Où trouvez-vous l’inspiration quand il s’agit d’écrire de la musique ?

Nish : En nous-mêmes, nos expériences passées, et tous les disques, metal ou non, que nous avons écouté  et qui nous ont inspiré. C’est la première fois dans nos vies que l’on atteint un tel niveau d’intimité sur un disque. La question de départ était tout simplement : « Qu’est-ce qui fait un grand disque ? » C’est sans limite, de Blizzard of Oz à Follow The Leader en passant par The Satanist ou encore To Pimp A Butterfly, tous les grands albums sont nos professeurs. Nous avons surtout fait attention à bien retourner toutes les pierres pour trouver l’ensemble des pièces de Home

Alex : Notre but était avant tout d’être honnêtes. L’honnêteté et la réflexion sont les pierres angulaires du lyrisme : l’isolation et l’introspection en sont le ciment. Regardez les penseurs et sages du passé ! La solitude par la pensée de l’illumination mais perdue dans la noirceur perpétuelle de l’esprit et de ses limitations…
Il y a trop de groupes qui tente d’échapper à cela dans le metal actuel ces temps-ci… et je voulais donner une part de moi à écouter à nos auditeurs, sans tomber dans les clichés du genre. Un référendum pour ramener le langage et le mot au centre de la musique.

Quelle est votre chanson favorite de l’album ?

Nish : La chanson éponyme, Home, sans aucun doute. Pour cette piste j’ai promis à Setve, ainsi qu’à moi-même, que je n’en forcerais pas la fin. Elle demanda d’elle-même plus de musique, jusqu’à faire quatorze minutes, et un orchestre et un chœur viennent l’orner mais en même temps ils guident notre groupe au lieu de simplement ajouter de la texture. Toutes les chansons sont très détaillées, mais celle-ci me semble un cran au-dessus. L’aspect doux et ballade est mon moment favori de l’album.

Alex : Home, sans discussion possible.

Comment avez-vous travaillé sur l’artwork de cet album ? Avez-vous donné des pistes à l’artiste ou bien s’est-il guidé par votre musique ?

Alex : Century Media a eu une grande part dans le processus de décision de l’artwork. Au début nous en avions un autre mais il ne correspondait plus totalement à la manière dont l’album sonnait et ils ne l’ont pas validée. Ils nous ont suggéré quelques artistes, l’un d’entre eux fut Dawid Planeta, un artiste polonais dont le travail correspondait à ce que nous recherchions. Cela a collé parfaitement et nous avons été chanceux de le trouver !

Si vous aviez pu faire quelque chose de mieux sur cet album, ça serait quoi ?

Nish : Très honnêtement : rien. Quand il s’agit de quelque chose sur lequel je travaille , 99% du temps je vais regarder en arrière et me dire que j’aurais pu faire mieux. Je pense que le reste du groupe pense pareil. Néanmoins sur cet album et depuis que je suis impliqué dès les prémices et jusqu’au mastering, je refuse qu’un membre du groupe se sente insatisfait. Nous partageons tous le même but et ce que vous allez écouter est exactement ce que nous tous voulions que vous écoutiez.

Des clips sont prévus ?

Nish : Oui, nous avons une vidéo qui arrive pour Ultraviolence, et un certain nombre de playthrough sur d’autres morceaux. Nous tâchons de faire en sorte que tous les éléments visuels que nous sortons soient uniques et se valent par rapport à l’ensemble, donc on espère que le public appréciera.

Quand et où pourra-t-on voir le groupe sur scène ?

Nish : Nous allons faire quelques festivals de manière tardive cet été. Parmi nos grandes fiertés il y a le fait de jouer au Wacken cette année, ce qui est pour moi un rêve d’ado. Ce sera notre première fois en Europe et on en est ravis.

Comment gérez-vous votre vie de musiciens et votre vie personnelle ? Est-ce que ce n’est pas trop compliqué avec tous les voyages, les concerts, le studio… ?

Nish : On en est clairement pas encore à ce stade, mais Century Media pense que nous allons devenir des guerriers de la route ! Je pense que chacun a ses propres besoins à assouvir pour se sentir bient, et ça vous aide quand vous avez un solide socle familial et amical sur lequel vous appuyer. Il faut aussi limiter l’alcool et la drogue, et prendre soin de son corps. J’adore jouer sur scène, j’adore faire des interviews, créer des choses et travailler avec de grands musiciens. Mais j’apprends encore mes propres limites : j’ai sacrifié beaucoup de confort dans les quatre dernières années pour amener le groupe là où il en est aujourd’hui. Je peux juste regarder devant et mieux comprendre mes besoins alors que notre planning devient plus chargé, car un moi en bonne santé signifie une meilleure musique et une équipe heureuse. J’encourage constamment le groupe à faire de même, car c’est un défi et tout le monde doit être à 100%.

Alex : Sincèrement ? Oui… Et tu n’imagines pas à quel point. Le processus d’écriture est la part la plus difficile pas seulement pour le portefeuille mais également pour la vie personnelle. On se perd dans des réflexions personnelles, on se pose des questions ésotériques sur le but de l’art, et ma vie de famille est partie en sucette… C’est parce que nos esprits explorent des mystères. J’aime imaginer plus grand que nous, mais je dois trop en demander. Cela semble en valoir la peine à la fin mais je ne sais pas ce qu’il restera à la fin…

Merci pour vos réponses et à très bientôt !

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