Entretien avec les Furor Gallico

Thomas : Grand fan devant l’éternel de Furor Gallico lorsque j’ai su qu’ils jouaient au Cernunnos Pagan Fest je n’ai pas pu m’empêcher d’aller les écouter, et d’envoyer notre intervieweur de choc, Arnold à leur rencontre leur poser quelques questions ! Retour sur une interview où tout le monde a servi à boire à tout le monde, preuve que les italiens savent recevoir !

Bonjour Furor Gallico. Je vous ai découvert pour la première fois en live aujourd’hui et j’ai été impressionné par votre set. Pour que les lecteurs sachent qui vous êtes, rappelez-moi brièvement votre histoire.

Davide : Furor Gallico est né en Italie en 2007. Dès le début, notre volonté était de raconter nos racines par la musique – par exemple, une de nos premières chansons s’appelle Medhelan et parle de Milan, notre ville natale. Nous chantons aussi bien en Anglais qu’en Italien mais il est important pour nous de privilégier la langue Italienne, car nous aimons notre langue et aussi chanter pour les gens de notre pays. Nous avons joué dans plusieurs pays d’Europe : Allemagne, Suisse, Autriche et nous sommes bien sûr ravis de jouer en France aujourd’hui. Les retours sont vraiment très bons. Tout comme toi, beaucoup de gens ne nous connaissaient pas et semble avoir vraiment apprécier notre prestation et notre musique. C’est assez incroyable !

Vous venez d’Italie et on compte peu de groupe pagan, et même metal, venant de ce pays. D’où vous vient cette passion là et surtout l’univers et l’imagerie folklorique que l’on associe pas immédiatement avec l’italie ?

Davide : Question difficile, car pour nous qui aimons notre pays, notre culture et nos légendes, c’est tout naturel. Il existe de nombreux groupes folk en Italie qui se conceptualisent autour des mythes nordiques et de la culture Viking par exemple, et c’est très bien mais pourquoi ne pas parler de notre pays à nous, de notre terre ? C’est ce que nous voulions faire.

Becki : Comme la France, L’Italie déborde de folklore et comme pour beaucoup de groupes folk, cela nourrit notre inspiration.

Gabriel : Nous parlons aussi de certaines thématiques purement celtiques (puis, il ajoute en Italien). En gros, on fait un peu ce qu’on veut (rires) !

Cette année, le Cernunnos accueille de nombreux groupes étrangers, mais comment expliquez vous qu’il y ait si peu de groupe, tels que vous, provenant d’Italie ?

Davide :Je l’ignore. Il existe tout de même de fabuleux groupes provenant de notre pays – Fleshgod Apocalypse, Rhapsody of Fire ou Lacuna Coil pour ne citer que les plus connus. Mais notre scène underground est tout de même vicace, même dans le folk, comme Goatland (Turin) ou Vinterblot (Bari). Un de nos meilleurs groupes est Stormlord, qui viennent de Rome, un groupe d’inspiration Viking. Le plus compliqué, c’est de s’exporter. Prenons l’exemple de Folkstone, un groupe qui chante uniquement en Italien. Il est probable qu’ils ne veuillent pas jouer ailleurs qu’au pays mais c’est du rock, donc ce n’est pas le même public.

 

Votre nouvel album, Dusk of the Ages, vient de sortir. Je l’ai trouvé plus mélodique que les précédents. Parlez moi de la gestation de cet album, ses thèmes, en quoi est-il différent des précédents ?

Marco : En effet, l’album contient davantage d’influences. Déjà, le line-up a changé par rapport aux albums précédents et je dirais qu’il y a des touches proches du death metal mélodique sur les parties metal que nous avons essayé de mélanger avec les parties plus traditionnelles et folkloriques. L’approche est aussi plus moderne dans la production.

Becki : Le thème de l’album est les quatre éléments. C’est notre fil rouge. Certaines chansons sont par exemple inspirées par le feu – comme The Phoenix, qui traite de l’oiseau mythique qui renaît de ses cendres, ou Waterstrings qui aborde le thème de l’océan. Nous continuons les chansons en Italien, comme c’est le cas avec Cante d’Inverno, qui traite de l’hiver, donc en rapport avec l’air.

Le folk est une musique live par essence, reposant beaucoup sur la communication avec le public. A quel point est-ce important pour vous de jouer live ?

Davide : Bien sûr ! Je parle pour moi, mais j’adore faire de la scène, voir la foule et faire des rencontres. Pour cet album, Dusk of the Ages, nous avons passé beaucoup de temps ensemble, chez nous ou en studio de répétition et cela nous a beaucoup préparé à partir sur les routes, comme en ce moment. Les concerts, c’est essentiel pour un groupe. La musique est une chose qui se partage et le meilleur moyen pour cela, c’est encore de jouer en live. C’est comme parler de visu ou de derrière un ordinateur : je prefère de visu !

Il paraît que vous avez composé une bande originale pour une adaptation d’Hamlet ?

Davide : Absolument. Les circonstances étaient particulières : nous avions joué un concert à Novara, dans le nord de l’Italie. Un des spectateurs (un metalleux)  travaillait dans un théatre et il nous voyait pour la première fois. Il est venu nous voir après le concert pour nous dire qu’il avait adoré ce que nous faisions. Il montait Hamlet et nous voulait pour en faire la bande-son. En fait, nous n’avons pas composé de titres spécifiques pour la pièce, juste les titres de notre premier album. C’est un superbe souvenir car nous avons joué au Cocia Novara, qui est un des plus grands théâtres de toute l’Italie. Nous qui sommes plus habitués aux pogos et aux mosh-pit, jouer devant une parterre de gens en costumes et d’un certain âge nous a fait une drôle d’impression (rires) !

Becki : Nous l’avons pris comme un défi, car nous ne savions absolument pas à quoi nous attendre. Suite à cela, nous avons refait la pièce dans trois théâtres plus modestes et nous avons arrêté là, car notre place est avant tout dans les concerts. Nous avons besoin de nous amuser et de communier avec le public, ce qu’on ne peut réellement faire qu’en live.

Quel regard portez-vous sur le monde du folk metal en général ? Quels conseils donneriez-vous à un jeune groupe qui se lancerait ans le folk metal ?

Davide : Ce n’est pas qu’une question de folk metal mais de musique en général – blues, pop, ce que tu veux. L’époque à laquelle nous vivons n’est pas très chaleureuse. Si un jeune veut se lancer en musique, il faut qu’il le fasse de la manière qu’il estime être la bonne et comme il le souhaite. Si ce que tu fais est bien reçu, ce sera une bonne chose mais pas besoin d’essayer d’être plus grand que nature. Si vous travaillez, les gens le verront et vous apprécieront et au pire, vous passerez un bon moment entre amis devant un public. Jouer en concert, c’est à la portée de tout le monde et vous pouvez vous arrêter à ça. Le truc, c’est de faire ce que vous voulez, point barre.

Que pensez-vous du festival Cernnunos, jusque là ?

Davide : c’est purement génial ! Nous sommes venus au festival il y a quatre ans de cela, à la Machine du Moulin Rouge. Aujourd’hui, à la Ferme du Buisson, nous avons joué à 14H, ce qui est tôt et pourtant, la salle était littéralement blindée ! Certaines personnes sont venues nous voir pour nous dire qu’ils étaient venus expressément pour nous. C’est le plus beau cadeau qu’on puisse te faire ! Ce festival véhicule une vraie philosophie. Les gens viennent pour s’amuser et pour soutenir les groupes – tous les groupes ! Nous étions le premier groupe à jouer sur la grande scène aujourd’hui et pourtant, quel accueil : pogos, wall of death… c’est rare que le groupe d’ouverture ait droit à ce genre d’ambiance.

Becki : L’ambiance est géniale ici, car il y a toute une mixité entre les concerts metal et les stands médiévaux avec ce petit marché où se jouent des prestations ambulantes et des concerts plus spontanés. Et la programmation est géniale. C’est un fabuleux festival et nous sommes très heureux d’y être venus.

Du coup : plutôt Moulin Rouge ou Ferme du Buisson ?

Becki : les deux sont sympas à leur manière. La Machine était à la pointe en terme de matériel et c’est très plaisant mais La Ferme a pour elle d’avoir de vrais extérieurs pour se promener – nous avons même croisé des poules !

Terminons par une question fun : c’est la fin du monde et nous allons tous mourir. Il vous reste assez de temps pour jouer une seule de vos chansons. Laquelle ?

Davide : Porco dio ! (Putain de bordel)

Gabriel : C’est tellement dur ! Disons The Gates of Annwn, de Dusk of The Ages… parce qu’elle est longue (rires) !

Davide : Sinon, il faudrait jouer une reprise de Pink Floyd !

Becki : C’est une chanson qui parle des traditions d’antan. Quand les Portes d’Annwn s’ouvriront à la fin des temps, tout redeviendra comme avant. C’est une vision un peu apocalyptique et donc appropriée, je trouve.

Gabriel : J’ajouterai que c’est une chanson qui résume bien toutes les influences de l’album : death mélodique, parties folkloriques et aussi une ambiance épique. Nous l’avons jouée aujourd’hui, c’est elle qui a lancé le wall of death.

Un dernier mot ?

Davide : Eh bien, tout simplement merci beaucoup. On voit dans tes questions que tu t’es vraiment intéressé à Furor Gallico et ça a été un plaisir d’y répondre !

Becki : et maintenant, on sait que tu vas nous soutenir jusqu’à la fin des Temps !

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