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Cernunnos Pagan Fest 2019 – Jour 2

Dès midi ce dimanche, nous voici repartis à l’assaut du Cernunnos Pagan Fest pour cette seconde et dernière journée de concerts, joutes médiévales et beuveries.

Au terme de la première journée, t-shirt et hoodies sont déjà épuisés mais le Hall du théâtre propose toujours le merch des artistes présents ainsi que des sessions de signature.

Nous profitons du temps qu’il nous reste avant le premier show pour flâner sous le Caravansérail. À 12h30, le groupe BBClan joue sur la petite scène. BBClan propose une reprise de classiques celtes en mode rock avant de se voir interrompre par une horde de barbares armés. Une bonne occasion de confirmer l’adage selon laquelle la musique adoucit les mœurs puisque quelques secondes plus tard, les féroces guerriers trémoussent leurs peaux de bêtes au doux son de la cornemuse. Notons également que le fameux marché couvert compte un peu moins d’exposants que l’an dernier mais que les collectionneurs, curieux et autres fashion victims des temps anciens pourront se fournir en fringues notamment grâce au stand de la Damoizelle de Fer, où je fais la connaissance de sa créatrice, Fanny. Une femme très sympathique et bourrée de talents pour concevoir de magnifiques costumes d’époque tous faits à la main. Corsets et compagnie, la demoiselle sait y faire !

Vous trouverez aussi diverses pièces d’armements et bracelets de cuir chez les inévitables Rêves d’Acier, de quoi vous ravitailler en bonne chair chez Le Soleil de Brocéliande et ses pâtisseries traditionnelles, des gadgets et accessoires purement métal sur les divers stands des partenaires, mais aussi (et surtout !) de la cervoise fraîche et moult breuvages tels que de l’hypocras et un délicieux hydromel chaud à trois euros le verre, servis par de sympathiques et efficaces bénévoles qui, comme à l’ordinaire, sont tout bonnement extraordinaires. Mais pas le temps de s’éterniser : les 13 heures approchent, et avec eux le premier concert sous l’Abreuvoir.

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Imaginez un hobbit, Frodon (mention spéciale aux chaussons « pieds de hobbit »), Legolas teint en blond platine au pantalon troué (pas facile de faire passer la sangle de sa guitare quand on a des oreilles en pointe !) et Gandalf (qui ôte d’ailleurs bien vite sa cape grise pour révéler un superbe pyjama moule-bite orné de cœurs roses), et vous aurez une petite idée de ce qui vous attend avec Ethmebb. Sur ces entrefaites, Legolas dévoile un chant saturé inattendu (et se remaquille entre deux titres). Mis à part un côté ultra-parodique totalement assumé (je saisis vaguement les mots « dentifrices » et « Orlando Bloom »), la musique, barrée et dansante, est de qualité et séduit le public.

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Et c’est au tour de Furor Gallico de rentrer dans l’arène à 13h45 sous la Halle pour ce qui est, à mon sens, l’une des meilleures (et trop courtes) performances de cette édition. Le contact avec le public est immédiat : la chanteuse est charismatique et le frontman porte un magnétisme animal, il prend des poses sexy même quand il boit. La présence d’une harpe sur scène est à noter, un instrument mis à l’honneur chez Furor Gallico. Les pogos bien sûr ne manquent pas, et notre photographe Nico bravera même le danger en slamant l’appareil à la main. Rien à dire, Furor Gallico met le feu au Cernunnos !

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Je me dirige pour la suite vers l’Abreuvoir afin de retrouver les belges d’Acus Vacuum. La talentueuse et charismatique danseuse semble opérer une sorte de rite avec un réceptacle contenant de l’encens. Le premier titre commence sur une rythmique endiablée provoquée par les deux percussionnistes et sur les douces mélodies des deux cornemuses. La danseuse nous offre une danse avec des éventails à voiles rouge et noir, c’est fluide et d’une beauté incontestable. Par la suite le frontman annonce que plus le public bougera, plus il aura de la chance de boire leur hypocras maison (la danseuse fera barmaid dans la suite du set). Le public est très réactif, bien entendu, on lui a proposé de boire gratuitement. Slam, pogos, la totale. Distribution de massues et de haches en plastiques de la part de la danseuse pour que la fosse se foute sur la gueule, riche idée ! En fin de set, le frontman demande au public de s’asseoir. Celui-ci joue le jeu, pendant une cover du thème principal de Game of Thrones.

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Le temps est un peu plus frais ce dimanche, et les festivaliers peuvent se réchauffer grâce aux petits chauffages installés dehors, où les festivaliers peuvent se réunir, mais aussi et surtout grâce aux excellents brods (des pains fourrés) vendus devant le Caravansérail ou/et à l’hydromel chaud. Pour les bourses plus légères, un stand de crêpes fort actif attend leurs deniers pour les rassasier au mieux.

Le petit marché médiéval offre également la possibilité (gratuite!) de frapper soi-même une pièce au marteau. L’occasion, également, de (re)découvrir une des sensations de la veille : Nytt Land. En effet, le duo venu de Sibérie est en showcase sur la petite scène, s’attardant exprès en terres gauloises pour élever la culture des festivals en leur apprenant le chant sibérien guttural. L’exercice n’est pas facile, d’autant que Anatoly (Chant / multi instruments) est quelque peu grippé et que des soucis d’installation sonore retardent le début du cours d’une vingtaine de minute. Mais qu’à cela ne tienne, malgré la timidité du bonhomme à parler anglais (ce dont il s’amuse souvent avec son épouse Natalya et le public), Nytt Land parvient parfaitement à se faire comprendre d’un public qui s’est largement amassé pour les écouter partager leur savoir et quelques titres acoustiques.

15h25, et les argentins de Skiltron se positionnent sous la Halle. Le groupe envoie du très lourd dès le début (hard rock mâtiné de folk à la cornemuse) et transcende un public au rendez-vous. Les musiciens exhortent leurs fans à chaque morceau, bref une très grosse ambiance. Mais l’argument de vente number one de Skiltron reste incontestablement son excellent cornemuseur (que le groupe partage d’ailleurs avec Boisson Divine), torse nu et sexy en diable vêtu de son kilt, qui se paye le luxe d’assortir ses tatouages à son instrument et s’exhibe virilement tout au long de la performance du groupe.

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C’est maintenant au tour des vétérans du festival, ce groupe français est le plus vieux du Cernunnos. Formé en 1996, Himinbjorg a su gravir les épreuves des années et vingt-trois ans après, ils assurent toujours aussi bien en live. Un show propre et carré, on sent l’expérience dans le quatuor français. Le frontman, bassiste chanteur, a une voix black très bien maîtrisée, dommage qu’on ne l’entende pas assez dans le mixage. L’un des guitaristes fait aussi quelques backings vocaux, sa voix est en revanche bien plus death, très puissante. On l’entend d’ailleurs bien mieux que le frontman. Le batteur martèle sa batterie, nombreux sont les coups de blast et les changements radicaux de tempos. La fosse semble un peu timide sur le set des français, il faut dire que leur musique est bien plus sombre et difficile d’accès pour les fans inconditionnels de pagan. Mais, en ce qui me concerne je passe un excellent moment.

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Pendant ce temps-là, à l’heure du goûter, sous le Caravansérail, Scurra s’installe sur la petite scène. Mélange de folk et de musique d’antan, ce groupe médiéval propose de jolis morceaux et met la vielle à l’honneur.

Mais c’était au Campement qu’il fallait être, aux alentours de 17h30, pour admirer les duels d’épée (en latex) façon GN qui se jouaient entre les volontaires. Parmi eux, notre rédac chef Thomas s’est illustré trois fois, battant même le maître d’armes !

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Non loin des scènes, un joli spectacle de musique et de danse déambule également dans l’allée, animant un cerf bois et blanc qui se déplace avec élégance.

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Les hostilités se poursuivent à la Halle avec les allemands d’Obscurity, qui officient depuis 1997. On ressent d’ailleurs beaucoup de complicité entre les membres. Les tapis de doubles sont récurrents à la batterie, au grand plaisir de la fosse. Le public fait de nombreux pogos sur le show du quintet allemand. En fin de set, le bassiste coupe la parole au frontman pour annoncer à la fosse que c’est l’anniversaire de ce dernier. Suite à cela, tous les festivaliers lui chantent un happy birthday bien rock’n’roll. Le chanteur ému, remercie chaleureusement son public avant que le set ne reprenne sur un morceau épique, qui donne envie d’enfourcher sa monture pour partir sur le champ de bataille. Sur ce dernier titre le chanteur fait monter plusieurs personnes du public sur scène, qui headbangueront à l’unisson avec le frontman.

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Planter de hache dans une souche au milieu de la scène, les gaulois sont dans la place. Le quatuor arrive sur les planches de l’Abreuvoir muni de capelines, d’armes et de boucliers sur un sample des plus épiques. On compte deux membres de l’excellent groupe Slave One parmi le line up de Brennkelt. L’un derrière les fûts, l’autre sur une guitare, 7 cordes s’il vous plaît. Ses soli sont très bons et il utilisera même un peu son vibrato. Le frontman, bassiste chanteur a une très bonne puissance vocale, son chant guttural a une couleur bien plus agressive que la plupart des groupes présents du festival. Tout comme l’univers musical de Brennkelt en général. Leur musique est riche et agressive, on ressent toute la puissance des titres au fur et à mesure du set. Même si la fosse s’est un peu désemplie le quatuor déclenchera un wall of death, avec d’un côté les gaulois, de l’autre les vikings.

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Il est bientôt 19h, et certains ont déjà replié boutique : le Soleil de Brocéliande, boulanger médiéval dont on m’avait vivement conseillé les pâtisseries, est déjà parti, il faut dire qu’ils avaient complètement vidé leur stock. Je voulais profiter de l’heure, après le concert des montargois, pour aller tranquillement me prendre un brod, malheureusement, il s’avère que leur stand aussi est à sec. Ils sont à court de pains, de ce fait ils ont trouvé une alternative en servant la garniture du brod dans des petites assiettes. Pas du tout pratique à manger de cette manière, surtout sans couverts. Mais c’est tellement bon qu’autant se faire plaisir et y aller à l’ancienne, avec les doigts.

Ce n’est d’ailleurs pas le seul stand à être en rupture. Il en est de même pour la Muse et pour le bar qui se retrouve lui, à court de bières ! Un drame pour les festivaliers. Les bénévoles sont donc allés chercher plusieurs fûts à plus de soixante kilomètres de là pour étancher la soif de toute la populace.

A 19h, sous la Halle, Bucovina entre en piste. Ce groupe originaire de Roumanie installe rapidement une bonne ambiance dans la salle. L’ensemble mêle du rock à certains passages bien métal, batterie rapide et solos de guitare endiablée, qui ont su séduire le public. Même si le côté folk est plutôt absent, leurs titres restent dansants et l’atmosphère est au beau fixe, en témoigne le wall of death final. En revanche, le groupe prendra quinze minutes de retard avant de quitter la scène et, de ce fait, certains membres de Finntroll surtout le batteur, seront très remontés…

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Près de la Muse, un amoncellement de curieux attend le début du spectacle de feu (qui ne débutera pas à l’heure dite non plus). La troupe de cinq danseuses d’Edana Foa vont illuminer les pupilles (émerveillées mais quelque peu dilatées, cela va sans dire) de spectateurs venus assister à une bonne demi-heure de danse enflammée. Leur show était de toute beauté. Les danseuses, ornées de belles coiffes pour certaines, étaient gracieuses voire hypnotisantes, elles jonglaient à merveille avec leurs bolas enflammées. Une parenthèse envoûtante et digestive idéale avant d’aller attaquer le fond du sujet.

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On enchaîne avec Helsott sous l’Abreuvoir, sur les coups de 20h05. Ce groupe de californiens joue pour la première fois en France et visiblement ça leur plaît : on les sent ultra motivés d’être là, et le public n’est pas en reste. Le chanteur propose un chant crié rauque et guttural libérateur et porte une très belle énergie communicative tandis que les pogos battent leur plein. Les festivaliers ont véritablement été conquis par le groupe qui a tout donné sur scène.

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Ce sont les finlandais qui s’occuperont de clôturer ce beau festival. Finntroll, groupe que je n’avais pas vu depuis neuf ans sur scène, s’apprête à monter sur les planches de la Halle. C’est donc avec quinze minutes de retard que les Finlandais envoient les premières notes du morceau Blodsvept ! Leurs riffs épiques et entraînants font bouger la fosse dans tous les sens déclarant une véritable guerre dans le pit. Les oreilles elfiques, leur maquillage et les costumes des finlandais font leur petit effet sur scène. Leur son suinte la bière et la bonne humeur, les murs de la Halle en tremblent. On regrette tout de même l’énervement du chanteur qui quittera la scène rapidement après le rappel sans demander son reste, en refusant catégoriquement de faire la photo de fin de set ; les autres musiciens, eux, semblaient ravis d’être là.

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Un grand merci au Cernunnos pour cette nouvelle et très belle édition du festival ! La programmation était riche et variée. Des groupes provenant lieux où l’on ne soupçonnerait pas le moins du monde la présence de pagan comme par exemple le Mexique, l’Argentine et surtout les Etats Unis avec les californiens d’Helsott.

Petits points négatifs : moins d’exposants par rapport aux années précédentes, la rupture de stock de nourritures sur le deuxième jour. Moins de déambulations de la part des troupes des troubadours en extérieur. Le son de l’Abreuvoir, assez compliqué à sonoriser et à équilibrer.

Petits points positifs : la programmation (qui est toujours aussi bonne). La 3ème petite scène au Caravansérail et sa facilité/rapidité d’accès. La nourriture de qualité au Brod et à la Muse. Les boissons, bonnes et pas chères.

En résumé, ce festival est toujours aussi généreux et intéressant. C’est festif, on est toujours certains d’y passer un bon moment, alors vivement l’an prochain, pour une 12ème édition. Merci à toute l’équipe du Cernunnos et à Marie, sa programmatrice !

Photographie : Mily Clic, Elodie Roy, Nicolas Chaigneau, Deuskin Photography

Report : Nokomis, Delora & Arnold

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Un commentaire

  1. Plutôt « Rêves d’Acier » non, il n’y aurait pas eu un petit mix avec « Reflets d’Acide » ? ; )

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