Entretien avec KooTôh, chanteur de Tankrust pour la sortie d’Opposite Terror

Tankrust, on vous en a déjà parlé sur eMaginarock, notamment avec leur album précédent, The Fast Of Solace. Opposite Terror est sorti en cette fin 2019 et il fallait donc bien que je pose quelques questions à l’un des maîtres d’œuvre de ce groupe : KooTôh, le chanteur. Petite discussion autour d’une bière, à la bonne franquette, comme toujours avec lui !

Bonjour KooTôh, est-ce que tu peux tout d’abord te présenter et nous expliquer ce que tu fais dans Tankrust ?

Alors je suis KooTôh, chanteur du groupe, membre fondateur également.

C’est quoi comme type de groupe Tankrust ?

C’est ce que tu veux bien que ça soit. C’est toujours compliqué de se définir, de se caler dans une case. Certains disent que c’est du harcore, d’autres qui y voient des passages trash ou encore death. Nous on dit qu’on fait du metal, et tu prends ce que tu veux dedans, on y voit pas d’inconvénient. On fait une musique influencée par plein de choses donc après les gens prennent ce qu’ils veulent.

Le groupe existe depuis combien de temps ?

Eh bien à une journée près cela fait treize ans, et on est quand même des gros branleurs parce que sur cette période on a pas été foutus de sortir plus de deux albums et un EP… Cela s’explique quand même parce qu’on veut avant tout faire de la scène. On sort des albums parce que l’on compose, on endure le passage en studio car on apprécie peu et on les sort pour pouvoir faire de la scène.

Opposite Terror est donc la nouvelle production du groupe. Qui a composé quoi ? Comment vous avez travaillé ?

Eh bien écoute William, l’ancien guiratiste rythmique, est celui qui a apporté le gros des structures de l’album, qu’il amenait en repet et on brodait autour de ça. Les parties batterie étaient retravaillées par Schuff par exemple, mais on compose essentiellement en live, dans le studio de repet.

Pourquoi ce titre, Opposite Terror ?

C’est le principe qui te paraît vouloir ton bien au départ et être vénéneux à la sortie. L’idée c’est d’exposer la dictature du bonheur, le fait que l’on cherche à te dire ce qu’il faut faire pour être heureux, alors qu’en fait on te prive de ton âme.

D’où est-ce que tu tires l’inspiration pour tes paroles ?

Je lis beaucoup, et les gens que je fréquente m’inspirent beaucoup au travers de conversation notamment.

Comment est-ce que tu vis le fait que personne ne comprenne rien à ce que tu chantes ?

Bah pas mal en fait, alors que souvent les gens sont désolés à la fin du concert en venant me voir et en me disant qu’ils ne m’ont pas compris. Alors que ce qui compte avant tout c’est le visuel, l’énergie qui se dégage sur scène. C’est pour ça qu’on sort le livret dans chaque album, afin que l’auditeur ait le concept des poupées gigognes en découvrant les textes par la suite.

Le groupe se retrouve sur une île déserte sans rien à manger. Qui est-ce que tu bouffes en premier ?

Bah c’est pas dur : Olivier étant le plus massif, il passe à la casserole pour le bien-être du groupe !

Quelles sont les prochaines dates de concert pour le groupe ?

De certaine, il y a le 28 février au Cirque électrique. Ensuite en juin on joue au Normandy Metal Fest.

Tu es l’un des seuls chanteurs de hardcore que l’on ne voit jamais sur scène en short. C’est parce que tu as des tous petits mollets ?

Je sais pas, le short ça me va pas, j’ai des pantacourts ça me suffit.

Et pourquoi tu portes constamment une casquette ?

Tout simplement parce que je suis chauve et que avec les années ça a fini par donner un style.

Tu espères quoi pour Tankrust pour l’année prochaine ?

Avant tout ce que l’on espère c’est jouer un max. Cet album-là servait de porte pour nous afin de tenter de toucher quelques fests.

Et est-ce que ce n’est pas compliqué, pour un groupe que personnellement je classifie comme hardcore, de s’installer sur une scène déjà méchamment surchargée ?

C’est vrai ce que tu dis car il y a plein de groupes de qualité, il faut jouer des coudes pour se faire voir, se faire entendre, c’est vraiment pas simple. Je pense toutefois que ce qui nous sert c’est qu’on est là depuis longtemps, et on ne lâche pas le morceau…

C’est quoi ton pire souvenir sur scène ?

Je vais te raconter une anecdote que je raconte souvent, lors de l’un des premiers concerts avec Tankrust, je me suis évanoui. Par manque d’entraînement et de technique j’ai trouvé le moyen de crier tellement fort que j’ai privé mon cerveau d’oxygène. Et pendant dix secondes ça a été le blackout total. C’est drôle parce qu’il y avait des strobos de partout à ce moment-là et les gars ont cru que c’était un effet de scène.

Et ta première groupie, tu t’en souviens ?

Alors oui, et c’était un petit garçon… Si vous lisez ça ne le prenez pas dans le mauvais sens du terme, c’est juste qu’à la fin d’un concert un garçon de huit ans avec sa mère est venu nous voir. Il était tout fou et sa mère m’a dit à quel point il nous avait adoré et voulait nous parler sans oser. C’était le troisième ou quatrième concert que l’on faisait donc c’était adorable. Et on l’a revu à un autre concert un peu plus tard et du coup on l’a fait monter sur scène.

Le groupe se retrouve enfermé dans une maison hantée avec un tueur fou. Un seul membre peut s’en sortir et pourquoi ?

Alors je ne peux même pas dire que ça serait moi, donc je penche pour Schuff. Il est assez misanthrope pour se ranger du côté du tueur, voire même être le tueur lui-même…

Thomas Riquet

Passionné de littératures de l'imaginaire il cherche à faire partager sa passion au plus grand nombre à travers ses chroniques et le site. Depuis 2011 il est également anthologiste et directeur de la collection Reflets d'Ailleurs (Fantasy) des Editions Asgard, sous son vrai nom. Ce faisant il assure également la direction littéraire d'anthologie lorsque tous ses boulots lui en laissent le temps, ce qui arrive trop rarement à son goût..

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