Contes de la mer du Nord – Gérard Prévot

 

Contes de la mer du Nord est un recueil de onze nouvelles fantastiques.

J’ai apprécié cette première plongée dans l’univers de l’auteur belge Gérard Prévot : Contes de la mer du Nord regroupe des textes au fantastique classique mais que j’ai trouvés, dans l’ensemble, de qualité.

Certains de ces récits sont particulièrement étranges, ils se laissent interroger jusqu’au bout et introduisent au sein de la réalité des éléments aux interprétations multiples et mystérieuses ; c’est le cas par exemple de L’horloger de Rumst, de La buée ou encore La nuit du nord. Le spectre mécanique, dans un autre genre, frôle la science-fiction de par sa thématique. Mais, bien sûr, d’autres créatures plus traditionnelles (sorcier.e.s, fantômes, démon.es et autres figures mythiques) trouvent aisément leur place entre ces pages, parfois réinventées d’une façon particulièrement originale (c’est le cas par exemple du Rapport du Rhin).

D’autres thèmes sont étudiés en filigrane du recueil qui touchent tous, de plus ou moins près, au temps qui passe et à la mort : inexorable écoulement de la vie au son des aiguilles de L’Horloger de Rumst, questions existentielles et métaphysiques de La buée ou répétition circulaire de l’histoire des Fous de Damne, de La Reproduction ou encore du Spectre mécanique ; malédictions des démons du Dimanche gras comme de celui de février, de La gare de North Berwick ou du voyageur Gert Verhoeven.

Mais au-delà des simples événements, les personnages, loin d’être de simples faire-valoir, ont eux aussi leur rôle à jouer.

Certains sont confrontés à une histoire qui se répète, se voient revivre l’existence d’un parent ou d’une connaissance, à tel point qu’on en vient à se demander si les deux protagonistes sont vraiment différents. D’autres montrent de jolis retournements de situation et ne se révèlent qu’entre les dernières lignes, dévoilant leur nature de démon alors qu’on pensait suivre la victime ; le lecteur en vient à ne plus savoir s’il a bien fait de s’identifier à cet individu sur le compte duquel il s’est trompé. D’autant que les notions de bien ou de mal ne sont jamais simples dans les textes de Gérard Prévot : le plus monstrueux n’est pas forcément celui auquel on pense de prime abord, chaque personnage portant sa part d’ombre ; une fois révélées, les motivations des esprits malins ne semblent plus si mauvaises.

Contes de la mer du Nord est donc un joli recueil de nouvelles dans lequel j’ai pris plaisir à retrouver le genre fantastiques. (À noter, en fin de livre, une postface intéressante qui éclaire les textes de l’auteur).

Contes de la mer du Nord – Gérard Prévot

Espace Nord

Août 2018

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