Horreur à Arkham V3 – Fantasy Flight Games France

S’il y a bien une gamme emblématique chez FFG, c’est celle d’Horreur à Arkham et de ses « dérivés ». Un des premiers jeux basés sur l’univers d’un certain Lovecraft, petit « écrivaillon de seconde zone » qui, semblerait-il, a eu une certaine influence sur la littérature fantastique telle qu’elle existe aujourd’hui 🙂

Alors, l’annonce d’une 3e Version de ce monument du jeu de plateau a eu sur moi l’effet d’une véritable bombe. Je suis un fan ABSOLU de la V2 (j’en possède la plupart des extensions), et même si le jeu est « lourd », dans le sens où il est long, difficile, pas évident à sortir – faute de volontaires, et qu’il n’est clairement pas exempt de tous reproches, il reste un de mes favoris.

J’étais donc très impatient de voir en quoi cette V3 allait changer les choses, et si les défauts inhérents à la V2 seraient atténués, voir éliminés.

Horreur à Arkham, en gros, c’est quoi ?

Dans HàA, les joueurs, qui incarnent chacun un investigateur, doivent unir leurs forces afin d’empêcher qu’Arkham sombre dans la folie, qu’elle soit engloutie dans un maelstrom d’horreurs et éviter qu’un grand Ancien ne débarque sur notre planète pour la ravager et exterminer l’humanité. Simple, mais efficace.

Ici (et c’est un des principaux changements par rapport à la V2), on commence la mise en place par le choix d’un scénario (la boîte de base en propose 4, de difficulté croissante).

D’ailleurs, et après tests, il s’avère que le scénario qui est conseillé pour la première partie n’est pas le plus facile 🙂.

Cette fiche de scénario comporte tous les éléments nécessaires à sa mise en place : construction du plateau (avec ses différents quartiers), préparation des événements, des monstres, et de tous les éléments propres à l’histoire choisie.

L’esthétique du jeu est absolument REMARQUABLE. Que ce soient les tuiles composant les différents quartiers de la ville, les cartes ou le reste, la qualité est irréprochable et ajoute à l’immersion. On s’est éloigné des teintes un peu vives de la V2 pour revenir à des couleurs pastels du plus bel effet et parfaitement dans le ton.

Encore une fois, un beau jeu ne fait pas un bon jeu, mais, cela y contribue. Et ici, c’est le cas. En effet, le matériel est aussi beau qu’il est pléthorique.

Quand je parlais plus haut de la fiche scénario, ce n’était pas une simple appellation. En effet, dans cette V3, les parties sont scénarisées. Contrairement à la V2 où après le choix du Grand Ancien, on avait un déroulement identique de partie en partie, ici, la plateau de jeu est modulable (l’investigation ne se déroule pas toujours dans la même partie d’Arkham), certains adversaires sont spécifiques à l’histoire, et le jeu dispose d’une série de cartes bien particulière (toutes numérotées), là aussi différentes en fonction du scénario choisi, et qui vont clairement orienter l’histoire et les choix des joueurs.

C’est évidemment très plaisant, et même si j’ai pu lire/voir à droite et à gauche que certains se plaignaient d’un manque de rejouabilité « parce qu’il n’y a que 4 scénarios présentés dans la boîte de base », il ne faut pas oublier que :

  • Dans la V2, il n’y avait aucun élément scénaristique
  • Je vous garantis qu’il y a des scénarios que vous ne réussirez pas du premier coup
  • Et alors ? 🙂

Oui. Et alors ? Parce que même une fois un scénario réussi, rien n’empêche d’y revenir un peu plus tard, car le déroulement de la partie ne sera jamais le même !

En ce qui concerne le déroulement du jeu, on retrouve les différentes phases telles qu’elles existent dans la version antérieure : action, monstres, rencontres et mythe. Elles ne sont pas strictement identiques et la phase de monstres, par exemple, a subi quelques modifications plaisantes qui rendent ces derniers bien moins prévisibles que dans la V2.

Les événements influent énormément sur le déroulement du jeu. En effet, outre le fait qu’ils vont décider de où vont ses placer les fléaux ( qui peuvent devenir des anomalies – l’équivalent des portails de la V2), ils vont venir s’ajouter aux cartes rencontres des différents quartiers, et possèdent bien souvent des effets différents des rencontres « classiques ». Lorsque le fléau est trop important dans un quartier, une anomalie se produit (dont les conséquences sont résolues en tirant une carte idoine). À charge donc pour les joueurs de contrer ce fléau avant qu’il ne soit trop tard, au risque de voir la partie leur échapper.

La phase de mythe a été profondément changée, et est très originale (tout en restant mortelle pour les investigateurs) : chaque joueur va piocher 2 pions  à l’aveugle parmi un éventail défini en fonction du scénario, et devra en appliquer le résultat. Alors, cela peut être bénéfique (un indice), neutre (il ne se passe rien), mais, dans la plupart des cas, c’est « la merde » : génération de fléau, de monstre, ou encore, les fameuses « manchettes ». C’est un paquet de cartes spéciales qui, je vous le dis par expériences, ne sont en général pas bénéfiques aux investigateurs 🙂

Bref, vous l’aurez compris, il y a des changements – nombreux. Certains sont mineurs alors que d’autres sont plus conséquents. Tous contribuent – à mon sens, à une meilleure fluidité du jeu. Certains défauts de la V2 sont gommés, le jeu est moins « compliqué » à assimiler, et le matériel est top. Je n’entre pas dans le détails de tous les mécanismes, mais sachez que ceux familiarisés avec les autres jeux de l’univers se retrouveront en terrain connu. Quant aux nouveaux venus, cette V3 est plus abordable et ne devrait donc poser aucun problème d’apprentissage.

S’il fallait résumer un peu tout ça ?

Cette V3 d’Horreur à Arkham me ravit. Le jeu reste fidèle à ce qu’il est tout en évoluant dans le bon sens.

Les parties restent longues (comptez au moins 2 à 3 heures), difficiles – il n’est JAMAIS facile de sauver Arkham des horreurs indicibles qui rôdent, et, j’insiste sur ce point, 4 scénarios, c’est déjà bien, d’autant qu’ils sont différents dans leur approche, et que les éléments de hasard sont suffisamment présents pour assurer une excellent rejouablité.

Enfin, il ne fait aucun doute que les extensions (la première est déjà prévue) vont rajouter des éléments, des mécanismes et tout un tas d’autres points dont les Game Designers de FFG ont le secret et qui vont enrichir et donner de la profondeur à un jeu mythique dont cette troisième itération est une grande réussite.

Si l’univers de Lovecraft vous attire, vous vous devez de jouer à Horreur à Arkham V3, ou vous le regretterez 🙂

 

2 thoughts on “Horreur à Arkham V3 – Fantasy Flight Games France

  1. Superbe petite review, j’aime beaucoup cette nouvelle version d’Arkham Horror, ça faisait longtemps que j’attendais que FFG dépoussière ce jeu pour le rendre plus fluide et c’est réussi. Je le recommande.

    Par contre je reviens sur un point que tu as soulevé, ce n’est pas tant le nombre de scénario qui fait dire que le jeu manque de rejouabilité mais plutôt le fait qu’il soit plus scénarisé. Le fait de scénariser fait que une fois passé la découverte des différentes possibilités de choix et les différentes fins, rejouer un scénario perd un peu de son intérêt, après 2 ou 3 fois le même scénario on a cerné quoi faire pour finir le scénario dans de bonne condition (ça peut toujours partir en couille, on est d’accord) et donc orienter le jeu et donc ce jeu va être plus dépendant des extensions que ne l’était les Contrées ou la V2 qui du fait que c’était moins scénarisé offrait plus de rejouabilité. Après ça n’empêche que le jeu est génial mais comme le jeu de carte il va être plus dépendant des extensions pour avoir de nouveaux scénarios.

    Merci pour la review bon courage

  2. C’est tout à fait exact, il risque d’y avoir ce phénomène d’optimisation de partie, c’est possible. Reste à voir comment va s’architecturer la première extension et ce qu’elle va apporter de neuf :).
    En tout cas, ravi que mon papier t’ai plu !

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