The Expanse saison 1 – Mark Fergus et Hawk Ostby

2300 et quelques. Le système solaire, entièrement colonisé, se divise en trois entités : la Terre, appauvrie et dirigée par les Nations Unies, la République du Congrès Martien, et enfin la ceinture d’astéroïdes, exploitée au profit des deux planètes intérieures.

Les tensions sont vives : la Terre et Mars sont en situation de guerre froide -à deux doigts de l’affrontement direct-, et les habitants de la ceinture, méprisés et exploités, ne supportent plus la pression que leur font subir les grandes compagnies et les mafias locales. A tel point que le mouvement de résistance APE (Alliance des Planètes Extérieures) n’hésite plus à se montrer au grand jour, et attiser la colère de la foule dans des actions de plus en plus violentes.

Dans ce contexte, un cargo ceinturien est détruit par un vaisseau bénéficiant d’une technologie très avancée, apparemment d’origine martienne. Les Nations Unies se préparent à la guerre avec Mars, tandis qu’un groupe de survivants de l’explosion tente de retourner sur Cérès, la principale colonie Ceinturienne. En chemin, ils comprendront que la situation n’est pas aussi simple.

En parallèle, sur Cérès, l’inspecteur Miller est chargé de retrouver Julie Mao, une riche héritière terrienne venue s’encanailler sur la station. Il apprendra bientôt qu’elle se trouvait sur le cargo abattu, et que ce n’était pas un hasard…

Les séries de SF spatiale se font encore plus rares que les films du même tonneau. Depuis Battlestar Galactica (2003), on n’avait pas eu grand-chose à se mettre sous la dent. C’est donc avec un vrai plaisir et une réelle attente que l’on se plonge dans cette histoire, qui bénéficie de bons échos.

L’histoire mêle adroitement une aventure spatiale (les survivants du Canterbury, pris dans des événements qui les dépassent) et une enquête policière “hard boiled” assez classique.

Comme dans toute bonne Science Fiction, les enjeux politiques et diplomatiques sont riches, et demandent un peu de temps pour prendre leur ampleur. Et tout au long de la saison, une série de rebondissements réussit à en relancer régulièrement l’intérêt, sans jamais paraître artificielle.

Et même au niveau individuel, la surprise n’est jamais loin. Sans atteindre le cynisme meurtrier d’un Game of Thrones, le destin des personnages secondaires n’est pas toujours de tout repos. La vie au 24e siècle est violente, et elle le rappelle souvent.

Adaptée d’une série de roman écrite par deux auteurs sous un pseudo commun (James S. A. Corey), cette première saison suit assez fidèlement le premier tome, et l’on sent que le scénario est mené dans une direction précise : il n’y a pas de remplissage, et chaque étape et nouveau retournement de situation a une signification précise.

La fin de la saison est également réussie : elle apporte son lot de réponses, tout en posant les bases d’une intrigue et d’un danger bien plus grand pour la suite.

Les univers visuels sont très marqués : images propres et lisses pour la Terre, ambiance poisseuse pour les différents environnements de la Ceinture. Dommage que les colonies martiennes ne soient pas montrées, on ne verra de cette civilisation que l’aspect militaire.

Les images spatiales sont très sombres, et montrent un léger manque de moyens. On est plus proche d’un aspect “jeu vidéo” que du rendu observable sur les productions cinématographiques récentes (Gardiens de la Galaxy, Star Wars, etc). Mais cela reste très correct et ne gêne pas l’immersion.


Enfin, l’intérêt d’une série repose énormément sur les personnages et leurs développements. Si l’on n’évite pas certains clichés et des caractères parfois un peu convenus, certains se révèlent malgré tout moins monolithiques que prévus. Mais ils restent globalement difficilement attachants, tant leurs motivations semblent encore peu claires et révélées au compte-gouttes. On sent que ce n’est pas la préoccupation principale de cette première saison. C’est à mon avis le seul point qui l’empêche de se hisser sur le podium des grandes séries du genre.

Mais il ne faut pas oublier que l’ensemble reste finalement très court (10 épisodes de 40 minutes), proposant une intrigue riche, dense, intense. Espérons que les personnages prendront un peu d’épaisseur dans la suite.

CONCLUSION

Dans un style finalement assez rare à l’écran, cette première saison pose des bases très intéressantes, en offrant une science-fiction intelligente qui n’oublie pas les questionnements politiques et sociaux en résonance avec notre époque. Quelque part entre Asimov et Galactica. Sans égaler les réussites du genre, elle remplit parfaitement son rôle. Les amateurs de SF ne doivent pas passer à côté !


The Expanse

Une série de Mark Fergus et Hawk Ostby

Avec Thomas Jane, Steven Strait, Shohreh Aghdashloo, Dominique Tipper, Cas Anvar, Wes Chatham

SyFy, diffusé sur Netflix en France.

Disponible en DVD

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