Star Wars in concert : l’Empire contre-attaque – Zenith Strasbourg – 16/02/2019

Quand le grand public pense à Star Wars Épisode 5 : l’Empire contre-attaque, il pense forcément à la marche impériale dont c’est le morceau emblématique. Découvrir le film en ciné-concert offre une nouvelle perspective sur la composition ébouriffante de John Williams.

Le Zenith de Strasbourg attire les curieux en ce samedi pour le ciné-concert dédié à l’Empire contre-attaque. Dès le hall d’entrée, l’association de la 68e impériale anime les lieux. Au programme : séance photo avec Dark Vador, Storm et Snowtroopers de circonstances pour évoquer le film à venir. Le ton est donné. Le public peut gagner la salle afin de découvrir la scène et le grand écran.

R2D2 garde religieusement les instruments pendant que chacun prend place. Dans l’attente des premières notes, c’est le moment de se poser la question qui nous titille : pourquoi aller voir un ciné-concert ?

Sans doute, car la musique fait partie intégrante du récit d’un film et que dans Star Wars en particulier, John Williams y déploie un sens de la narration qui n’a pas beaucoup d’équivalents dans le cinéma moderne.

L’orchestre symphonique de Mulhouse arrive sur scène, suivi de son chef new-yorkais Thiago Tiberio. Acclamations. L’obscurité tombe sur la salle. La fanfare de la 20th Century Fox commence. Nous voilà partis dans une galaxie lointaine.

Le film est projeté en haute-définition sur l’écran géant qui surplombe l’orchestre. Il semble recadré – en tout cas très clairement pas en 16/9e. Dès les premières minutes, on comprend la différence avec une séance de cinéma classique : exit la majorité des bruitages, ce qui change la perception même du film. C’est particulièrement le cas quand on connaît le film par cœur.

Deuxième différence : la VF. Le choix a été fait de pousser le volume au maximum afin de pouvoir cohabiter avec la musique, ce qui en révèle les imperfections (du style cet encouragement resté en VO alors que les pilotes de l’Alliance se préparent à l’assaut sur Hoth) ou les variations de mixage (Lando n’est pas gâté en l’occurrence). Il faut donc assez bien connaître le film pour profiter en premier lieu du lien image/musique.

J’ai assez vite pris du plaisir à ce résultat fascinant. Si les premières minutes de l’Empire contre-attaque ne sont pas musicalement les plus impressionnantes, elles permettent d’appréhender le jeu sur les silences. Le fait de voir l’orchestre en pause, alors que les bruitages sont atrophiés ou absents, fait ressentir tous ces choix de ne pas mettre de musique.

Mais la bataille de Hoth est vite lancée et avec elle, l’orgie orchestrale que les musiciens mulhousiens retranscrivent à merveille. La performance est d’importance tant elle lance ensuite les séquences incroyables et il faut à l’orchestre une belle maîtrise pour enchaîner les morceaux une heure durant.

On y (re)découvre la science narrative de John Williams. Dans les séquences les plus amples, elle est évidente. Les scènes moins ambitieuses le sont tout autant. Si l’on prend la séquence où R2 tombe dans le marais de Dagobah, elle démontre sa légèreté : le petit motif espiègle où le droïde sort sa caméra pour s’orienter devient un tonnerre une ou deux secondes avant l’apparition du monstre des marais qui va l’avaler, préparant le spectateur au danger à venir.

Toute cette première partie est une réussite, sauf pendant la poursuite à travers le champ d’astéroïdes qui est perturbée par plusieurs effets de saturation sonore, ce qui n’enlève rien au mérite de l’orchestre.

L’entracte intervient juste avant que Dark Vador ne sorte l’Executor du champ d’astéroïdes pour communiquer avec Palpatine.

La deuxième partie va confirmer un sentiment déjà présent dès les premières minutes : j’ai beau avoir écouté la BO sur CD, vu le film de nombreuses fois, je reste surpris par l’apparition de certains instruments comme la harpe, assez présente sur l’ensemble du concert. Je redécouvre même certains morceaux avec une nuance appréciable : ainsi quand Han, Chewbacca et Leia sont conduits à la chambre de cryogénisation, une cloche funèbre annonce le triste destin qui attend le contrebandier et on ne l’a jamais aussi bien perçu qu’en concert.

Les morceaux d’anthologie s’enchaînent, les silences aussi (ah le duel Vador/Luke silencieux en alternance avec la vivacité de l’évasion de Leia, Lando, Chewbacca et les droïdes), jusqu’au end title joué avec énormément d’énergie et d’allant par un orchestre déchaîné.

La fin arrive donc avec un dernier rappel, une dernière marche impériale alors que Dark Vador se trouve au pied de la scène.

Conclusion

J’ai pris énormément de plaisir à voir l’orchestre jouer en direct une musique que je connais si bien. On y découvre toutes les subtilités de la partition ainsi que le lien très fort entretenu entre la musique et l’image. Près de quarante ans après sa sortie, l’Empire contre-attaque reste un monument de la musique de film – et du cinéma de SF.

Star Wars in concert – l’Empire contre-attaque

Produit par G1 Productions

Interprété par l’Orchestre Symphonique de Mulhouse sous la direction de Thiago Tiberio

Zenith de Strasbourg – février 2019

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