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Ivar Bjørnson & Einar Selvik – La Machine du Moulin Rouge, Paris – 28/01/2019

C’est un spectacle peu courant qu’attendent les murs de la Machine du Moulin Rouge ce soir, et pourtant plébiscité par les fans de musique alternative, de musiques du monde, et de culture nordique. Le projet mené par Ivar Bjørnson (Enslaved) et Einar Selvik (Wardruna) ne totalise que deux albums au compteur, dont Hugsjá, sorti le 28 avril 2018 chez By Norse Music. Les enthousiastes font la queue dehors depuis un moment, et en l’absence d’une première partie ce soir, une petite heure d’attente est nécessaire avant que le spectacle ne commence.

Rien que l’arrivée des musiciens plonge immédiatement la salle dans une ambiance particulière et très bien reçue, puisque c’est dans un premier temps une longue intro qui participe à l’installation de l’atmosphère. Dans la salle, on remarque d’ores et déjà des spectateurs aux yeux clos, et pour une fois, pas un seul smartphone (consigne intimée par les affiches) ne filme l’entrée en scène de la formation. En ce qui concerne celle-ci, en dehors des deux éléments porteurs du projet, nous retrouvons sur scène Silje Solberg qui présente une version traditionnelle norvégienne du violon, ainsi que Iver Sandøy aux percussions et Håkon Vinje aux claviers, tous deux issus d’Enslaved.

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Il est bien clair que l’émotion provoquée par l’écoute d’un des titres du deuxième album de ce projet (qui se différencie du premier, Skuggsjá, qui comportait quelques traces de metal) n’est qu’augmentée en live. Einar Selvik fait découvrir au public une multitude d’instruments variés, et l’intensité de son chant porte d’emblée la salle qui accède rapidement au propos. En ce qui concerne l’accessibilité à cette musique, justement, le chanteur profitera des pauses entre les morceaux pour nous expliquer en anglais la genèse de chaque œuvre et ses relents historiques par des discours émus. Ces informations transforment la soirée, en plus d’une expérience initiatique, en un spectacle instructif.

Le titre Nattselgar fait forte impression, de par son intro au dynamisme assez soudain au sein de la setlist et sa construction en crescendo. Suivie immédiatement de Fehu, reprise de Wardruna, on verra à ce stade l’audience définitivement conquise. Les auditeurs d’Enslaved sont par la suite surpris par une version remodelée pour l’occasion de Return to Yggdrasil. Même si Hugsjá demeure l’album le plus représenté lors du concert, la composition du set regorge de nuances.

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Les musiciens affichent des expressions qui témoignent d’un grand plaisir de se présenter au public, et justement, Einar nous fera part de l’honneur qu’ils ressentent de pouvoir se produire par chez nous. En effet, la tournée de cette formation ne compte que quelques dates (Londres, Utrecht, Prague) et nous sommes bien garants de son succès car rappelons-le, la performance de ce soir s’est déroulée à guichets fermés.

Le concert se termine tôt, ce qui aura permis néanmoins un voyage dont chacun des participants aura été marqué. Une fois sortis de la salle, on ressent au sein des conversations et commentaires une humeur légère, et parmi la foule un sentiment aérien qui nous empêchera probablement de poser à nouveau les pieds sur terre pendant un certain temps.

Merci beaucoup à  Garmonbozia pour l’organisation de cet événement.

Concert raconté et illustré par Cherry.

Eldricht Tales

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