Bird Box – Susan Bier

Depuis cinq ans, une présence invisible et menaçante pousse la population au suicide. Mais une femme et ses deux enfants font le pari insensé de lui échapper…

Bird Box est l’adaptation éponyme du roman de Josh Malerman (roman que je n’ai pas lu).

J’ai bien aimé ce film, même si je lui ai malgré tout trouvé quelques points négatifs.

Le scénario offre un point de départ original : ces créatures, dont on ne sait rien si ce n’est qu’elles imposent des visions d’horreur personnalisées à leurs victimes et que seuls les oiseaux les détectent, sortent à plus d’un titre des stéréotypes du genre.


Quelques zones d’ombres m’ont cependant un peu dérangée. Difficile de comprendre, par exemple, l’impact que les créatures peuvent véritablement avoir chez les uns et les autres : leur influence se limite-t-elle à la vue, à ces cauchemars symboliques, engendrant indirectement la mort et le chaos par suicide ou comportements irrationnels ? Ou peuvent-elles atteindre d’autres modalités sensorielles et physiquement toucher leurs victimes ? Compliquée également la relation qu’elles entretiennent avec la folie : les psychotiques, au contraire de la population générale, les trouvent belles et les figurent sous les traits de monstres effrayants. Pourtant eux aussi, peut-on supposer, ont leurs propres craintes, et si ces créatures sont capables de s’adapter si bien face à des individus normaux, pourquoi ne peuvent-elles le faire avec des aliénés ?

Ce rapport à la folie et à la peur aurait pu, à mon sens, être bien plus développé (personnification de nos pires angoisses, capacités diverses à les affronter en fonction des personnalités, etc.). Le film reste cependant sur un scénario post-apocalyptique au déroulement très classique.

L’originalité reste néanmoins présente à plus d’un titre.

Le point de départ, comme évoqué plus haut, reste atypique.

Les personnages sont sympathiques dans l’ensemble, et même si, une fois de plus, on retrouve quelques standards du genre (la mère de famille prête à tout pour sauver ses enfants, le héros noir aux gros muscles, etc.), ils n’en restent pas moins attachants.

Les points de vue des uns et des autres s’affrontent à plusieurs reprises et, malgré leurs divergences, se montrent tous convaincants. Mention spéciale au personnage de John Malkovich qui, en plus de son interprétation impeccable, nous offre quelques moments d’humour.

Mais le point fort de ce film reste à mon sens incontestablement le suspense qui nous prend de bout en bout.

Dès les premières scènes, il intervient sans ménager les téléspectateurs. Les personnages ne sont pas épargnés non plus et plusieurs d’entre eux y laissent leur peau, ce qui rend l’angoisse encore plus palpable.

Le rapport à la vue y est également très bien exploité. Habituellement, les scénaristes jouent sur une angoisse provoquée par la suggestion d’un monstre qui n’est que dévoilé. C’est donc le fait de ne pas voir qui engendre la peur. Or ici, c’est l’inverse : dans cet univers où les pires cauchemars se déroulent sous les yeux des personnages, ne pas voir devient la seule chance de salut. Les protagonistes avancent donc à l’aveugle, bandés. C’est le monde alentour, et non les créatures, qui devient alors dangereux. Cette ambiguïté créée autour du besoin de voir est particulièrement bien rendue, et permet de maintenir un suspense qui va en augmentant.

Bird Box est donc à mon sens un bon film qui, s’il reste assez classique dans le déroulement de son scénario, offre cependant des idées originales et porte de bout en bout un excellent suspense.

Bird Box

de Susan Bier

avec Sandra Bullock, Trevante Rhodes, John Malkovich, Sarah Paulson

Netflix

2018

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