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Alita : Battle Angel – Robert Rodriguez

300 ans après l’effondrement, la ville d’Iron City (celle qui est surplombée par la dernière cité volante : Zalem) est infestée par le crime. Le Dr Ido, va tomber sur le corps d’une cyborg en piteux état, qu’il va ramener chez lui et retaper. Quand elle se réveille, amnésique, il va lui donner le nom d’Alita. Elle découvre avec émerveillement le monde extérieur et rencontre Hugo, un jeune revendeur de pièces détachées, auquel elle s’attache rapidement. Elle explore ses réflexes combatifs et décide de s’en servir pour aider ce nouveau monde.

Alita : battle angel, c’est l’adaptation du manga archi connu Gunm, de Yukito Kishiro (qui dit être jaloux de la représentation du film dans une interview sur IGN:https://fr.ign.com/alita-battle-angel/39928/news/alita-battle-angel-lauteur-de-gunnm-est-jaloux-du-film), un chef d’oeuvre qui tourne autour d’une cyborg, Gally. En 1999, JP Dionnet (le co-fondateur de Métal Hurlant, entre autres) souhaitait acheter les droits de Gunm pour en faire une adaptation cinéma, mais c’est James Cameron qui a remporté la mise. Ainsi après presque 30 ans d’essais et autres pertes de temps, James s’est résolu à refiler son bébé à un autre grand du cinéma : Robert Rodriguez. Enfin… juste la réalisation hein, parce que le script, la production, et la promo, pas question de les déléguer. C’est papa qui gère. J’avoue que ça m’a étonné, mais il semblerait que Rodriguez soit totalement en accord avec Cameron sur le comment tourner ce film.

Rodriguez a déclaré : «  James préférerait tout balancer à la poubelle que de ne pas faire les choses correctement et avec le bon réalisateur. J’avais vu les premières esquisses du film et ça m’avait soufflé. Le personnage avait des bras en porcelaine et des yeux énormes, j’avais pensé que, wow, il était à fond en mode manga là. […] Donc, pour ce film, je me suis mis en tête que je ferai un film de James Cameron et pas un film de Robert Rodriguez. »

Il semblerait donc que nous soyons sur une collaboration, dirigée (de main de maître) par Cameron. Et je vous le dis : ce film est visuellement incroyable.

Zalem la magnifique trône au-dessus d’une décharge, les implants sont partout. Le Dr Ido est un cyber-chirurgien de génie, qui offre parfois ses services, et essaye de débarrasser la ville du mal, en étant chasseur de primes. Quand il récupère la cyborg il lui offre un corps et un nom.

L’histoire du manga est reprise, mais pas copiée, certaines libertés sont prises, mais pas trop. On s’y retrouve, tout en n’ayant pas le côté sombre et violent. L’action est très présente et pourtant tout le monde comprend et suit les aventures parfois romanesques de l’héroïne. L’action par exemple, a été transposée à la frontière mexicaine ce qui nous permet d’oublier un peu le «déjà-vu» japonais qu’on observe généralement dans ce genre d’adaptation. Les décors sont tout simplement splendides. La ville volante a des aspects steampunks qui ne sont pas sans rappeler les visuels créés par Sam Van Olfen (un photographe qui fait de la manipulation digitale de génie). Le film en lui-même est un monde entier de toute beauté, fourmillant de détails et grouillant de vie (pour la part modifiée), de poussière et de métal. Tout est correctement intégré dans ce monde mi-virtuel, mi-naturel et on a beaucoup de mal à voir ce qui est réel et ce qui ne l’est pas. Alita elle-même est à cheval entre ces deux mondes où le vrai se fond avec la science fiction et on a fort à faire pour distinguer les effets 3D. Rosa Salazar (l’actrice -peu connue- qui joue le rôle d’Alita, et qui prête une grande partie de ses traits au cyborg), est bluffante dans ses expressions faciales, qui sont régulièrement mises au premier plan pour renforcer son côté humain.

Les acteurs ne sont pas en reste dans ce film. Bien que la majorité des rôles soient campés par des vrais acteurs, beaucoup ont des ajouts qui permettent de les voir comme des machines. Et pourtant. Christoph Walz (rappelez vous : Inglorious Bastards et Django Unchained) est magistral dans son interprétation du Dr Ido, à la fois père et mentor, redevenant lui même avec la cyborg qui lui a redonné un peu de goût de vivre. Il revoit même son ex-femme, Chiren (Jennifer Connelly, que vous n’avez pas pu oublier depuis Phenomena -si, si c’est vraiment elle!-), qui travaille pour Vector (glacial et parfait Mahershala Ali, récemment vu dans True Detective), le grand pape du Motorball.

Comme je le disais, l’histoire est édulcorée et modifiée dans certains aspects, on sent que le public visé n’est plus seulement les adultes. Ici Alita est une adolescente écorchée, qui cherche son identité, qui tombe amoureuse, et qui a un père étouffant. Rien d’original donc. En vérité, c’est plus profond. Alita est un cyborg, qui se découvre des sentiments. La question qu’on peut discerner derrière cela est : un robot est-il capable de sentiments ? Peut-il être plus humain qu’un humain en apprenant par mimétisme ? Les choses ont l’air tellement naturelles qu’on peut se demander s’il ne serait pas normal d’accorder une conscience à ces « tas de ferraille ». Qu’est-ce que l’humanité au final ?

A l’image de Frankenstein ou Edward aux mains d’argent, la Créature montre une fois encore qu’elle peut et va surpasser son créateur. Et elle est seule, très seule. Jusque dans le Motorball (j’avais clairement l’impression de regarder un match de Derby mélangé avec Rollerball, de Norman Jewison), où elle finit par affronter ses ennemis, s’imposant de façon brutale, mais fair-play.

Mené par une musique très adaptée (faite par Junkie XL), le film ne laisse que peu de place aux temps morts, et même s’il comporte des scènes de comédie romantique (mon désamour de ce genre est toujours aussi vivace -oui je sais, je le dis à chaque fois-), on ne s’y ennuie pas une seule seconde. L’hybridation entre le Live action et le film d’animation, est pour une fois, extrêmement réussie et donne à Alita : Battle Angel, un côté romanesque et épique à l’instar du sombre et profond Gunm. La vision rigoureuse de James Cameron a transcendé le travail de Robert Rodriguez et nous a donné un film cyberpunk, qui est, à mon sens, une réussite.

Alita : Battle Angel

de Robert Rodriguez

sur un scénario de James Cameron et Leta Kalogridis

avec : Rosa Salazar, Christoph Walz, Jennifer Connelly

Twentieth Century Fox

Eldricht Tales

A propos de 13

13, blackD, true evil darkness... appelez moi comme vous voulez. Whatever. L'image, aaaaaahhh l'image. Tellement belle, tellement infinie, tellement omniprésente, tellement incroyable, pourtant si mystérieuse. Ma passion, (avec le jeu et la lecture faut pas déconner!) la plus dévorante. Je pourrai philosopher sur ce sujet pendant des heures! Néanmoins, je vais vous épargner cette très douloureuse expérience (si, si je vous assure, lire une personne sans âge -la version polie d'ancêtre- déblatérer sur telle ou telle chose, c'est pas franchement un cadeau !), et passer directement à la distribution de bons points. Ceux qui sont pas sages, fessée cul nu devant tout le monde. Allez bisous, à tout vite.

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