Entretien avec JIMM

Pour la sortie de son troisième album, Distorsion Cérébrale, je me suis entretenue avec Jimm afin d’en savoir plus… ça se passait au Dr Feelgood des Halles dans une ambiance intimiste et Rock !

Izzy : Bonjour Jimm, merci de m’accorder cette interview. Je vais commencer par te poser une question que tout le monde te pose sans doute depuis ce matin : peux-tu m’expliquer quel est ton job au sein de ton groupe JIMM ?

Jimm : Alors je suis guitariste, chanteur et auteur-compositeur. Je fais tout sauf la batterie (guitare, chant et basse). Je compose toute la musique de ce projet qui est solo à la base même si en live on est un groupe à part entière. J’en avais marre des groupes et je ne trouvais personne avec qui j’avais les mêmes envies, les mêmes projections liées à la musique, donc j’ai commencé à travailler tout seul.

Est-ce que tu peux m’expliquer ce que représente la photo présente sur la cover de ton album ? Peux-tu me dire qui a fait cette photo et pourquoi avoir choisi cette esthétique ?

En fait c’est tout simple, c’est une photo qui a été prise dans le garage de mon immeuble. C’est un ami qui a pris la photo avec mon Reflex, qui n’est pas photographe du tout, avec qui on a fait une séance photos. On a pris plusieurs clichés et c’est une amie photographe qui a fait le montage de transparence avec 4 ou 5 photos qu’on a choisies ensemble. On avait fait ces photos dans l’optique d’une pochette de disque. Je ne voulais pas mettre la guitare en avant comme sur les précédents albums donc je suis revenu à quelque chose de plus simple. Un montage photo relativement basique fait avec les moyens du bord.

Pour la deuxième photo, au dos de la pochette, c’est pareil. C’est la même personne qui a pris la photo. Cette fois c’était à La Villette, dans les couloirs derrière le Philarmonique.

Moi j’aime beaucoup ces photos, elles sont vraiment sympa !

Oui, moi aussi, mais il y a des personnes qui trouvent que ça ne correspond pas au contenu du disque, que ça crée un décalage, ce qui est assez vrai en fin de compte. Mais bon, je ne suis pas graphiste, je n’y connais pas grand-chose dans ce domaine donc je suis vraiment allé au plus simple.

En tous cas ça m’intrigue donc c’est efficace ! (rires). Passons aux choses sérieuses. Que peux-tu me dire sur Distorsion cérébrale ?

Il y a deux axes principaux dans l’album. Dans les autres aussi d’ailleurs. Donc il y a le côté perso et autobiographique, et un coté extérieur qui est mon regard sur la société. La chanson éponyme je l’ai écrite en 2004. Je l’avais en guise de démo sur les précédents disques mais je ne m’en étais encore jamais servie. C’est un morceau qui parle de mon ex copine, un texte un peu imagé qui parle de prises de tête et de complications dans un couple.

Et il y a une reprise aussi,La chanson de Prévert, de Serge Gainsbourg…

Oui tout à fait ! C’est la première fois que je tente une reprise dans un de mes disques. C’est un morceau que j’ai découvert au collège par mon prof de musique. On avait une partie flûte bien sûr, comme tout le monde (rires) et une deuxième partie où il nous jouait des morceaux à la guitare acoustique et il nous faisait écouter pas mal de groupes genre Iggy Pop, entre autres. Puis un jour il nous a joué un morceau des Pixies à la guitare électrique, La chanson de Prévert faisait partie des chansons qu’on avait apprises. J’ai accroché tout de suite, qui est resté dans ma tête des années après. Je me suis toujours imaginé qu’en version Rock ça pouvait rendre pas mal. Puis après j’ai découvert le morceau Desolation Row de My Chemical Romance dans le film The Watchmen. C’est une reprise de Bob Dylan en version acoustique/voix en version Punk/Rock. Je ne sais pas vraiment pourquoi j’ai toujours imaginé que La chanson de Prévert pouvait s’intégrer dans ce style. J’ai contacté l’éditeur de Gainsbourg pour avoir leur accord.

Comment ça se passe dans ces cas-là ? Tu dois payer des droits pour utiliser des morceaux d’autres artistes ?

Au départ j’ai envoyé une démo à l’éditeur et ils m’ont accordé le droit de l’utiliser en me précisant qu’il fallait juste mettre l’autorisation sur la pochette et s’il y a des royalties générées c’est la SACEM qui prend en charge, car ce sont eux qui ont les droits, pour Gainsbourg en tous cas.

Comment s’est passé la réalisation et l’enregistrement de l’album ?

J’ai rencontré un super batteur, Guillaume « Turbo », sur une tournée en 2016, il accompagnait le chanteur australien Simon Chainsaw. Il habite en Alsace mais il s’était proposé pour m’aider. Comme on s’est bien entendus, il est venu à Paris pour enregistrer avec moi ce nouvel album, dans un studio du 15ème arrondissement. Puis Fred Duquesne (guitariste de Watcha et Empyr) a remixé l’album car les mix originaux étaient mauvais. On a retraité la guitare, la basse et la batterie. Le mastering a été fait par un Magnus Lindberg, en Suède.

Quel est ton morceau préféré dans cet album ?

(Sans hésitation Jimm me réponds Big Brother !) C’est le dernier morceau que j’ai écrit du disque. Je trouvais qu’il manquait un dernier morceau un peu plus catchy, single pour conclure l’album. J’avais un riff que je n’avais pas encore utilisé que j’ai repris dans Big Brother. Je le trouve efficace et il me correspond mieux aussi musicalement. Il englobe mes trois styles de prédilection : Rock, Metal et Punk.

Dans mes albums j’essaie toujours de placer mes morceaux favoris par ordre de préférence, en alternant des morceaux plus lents et plus rapides dans mes albums. Là, les quatre premières c’est celles que je préfère.

Quelles sont les musiques que tu écoutes en ce moment ?

Ce que j’écoute depuis longtemps : du Rock, Metal, Punk… pas mal de musiques de films aussi. Parmi les actuels il y a Carpenter Brut qui combine Metal, ambiance de musiques de films et sonorités des années 80 tout en restant très mélodique.

Hier j’écoutais les Backyard Babies et The Supersuckers, et la semaine dernière des musiques de films de Hans Zimmer…

Est ce qu’ils t’influencent dans l’écriture de tes textes ?

Non pas forcement même si mes influences principales viennent des années 90 et début 2000, moment auquel j’ai commencé à faire de la musique. C’est la période où j’ai commencé à me forger ma « personnalité ». Quand tu écoutes de nouveaux groupes forcement tu es influencé par de nouvelles sonorités et ça doit s’entendre dans la musique que tu produis. Les textes que j’écris sont mon ressenti sur le quotidien, ce que je vois, les personnes que je rencontre… mais par contre quand j’écoute de nouveaux groupes, forcement ça peut faire évoluer ma manière de composer la musique, j’intègre de nouveaux éléments ou de nouveaux riffs.

Pourquoi avoir choisi d’écrire tes textes en français et pas en anglais comme beaucoup d’artistes ?

Il y a plusieurs raisons à ça : je n’ai pas vraiment un bon niveau en anglais tant à l’écrit, qu’à l’oral. J’ai toujours eu une culture Rock et chansons françaises, donc c’est naturel pour moi d’écrire en français. Pour moi c’est le moyen le plus simple d’exprimer ce que je veux partager.

Tu n’as pas peu justement que ça te bloque pour t’ouvrir à l’international ?

Tu sais je n’y crois pas trop. Je n’ai pas beaucoup d’exemples en tête de groupes qui ont réussi à s’ouvrir à l’international en écrivant ou en chantant en anglais. Bon il y a Gojira ou Phoenix mais ils sont à part eux (rires). Je n’ai pas la prétention d’aller remplir des salles aux USA et je ne suis clairement pas dans cette optique-là. Déjà j’essaye de tourner en France et de me faire un nom, pour le reste on verra plus tard. Mais je pense que le public anglophone ne serait vraiment pas contre avoir un artiste qui chante en français devant eux, tant que la musique est pas mal et que les morceaux sont bien.

Je pense que la langue n’est pas une barrière car les américains et anglais ont déjà tout ce qui se fait de mieux en matière de Rock en anglais, donc autant jouer la carte de la différence en chantant dans une autre langue, ma langue maternelle, plutôt que de chanter dans une langue que je ne maîtrise pas.

Ça ne me dérangerait pas, dans un autre projet, d’avoir un chanteur qui chante en anglais à partir du moment où il maîtrise vraiment cette langue. J’en entends souvent des artistes français qui chantent anglais, mais je trouve que ça les dessert parfois quand le chanteur ne maîtrise pas trop l’accent et qu’au final c’est plus catastrophique qu’autre chose (rires). Moi-même j’ai essayé de faire ça sur des refrains (Big brother is watching you !) mais j’ai un pote américain qui m’a engueulé en me disant que j’aurais quand même pu faire un effort, juste pour une phrase (rires).

Quelles sont tes passions dans la vie autre que la musique ?

J’adore le cinéma fantastique, science-fiction, horreur ! J’aime beaucoup les bandes originales de ces genres-là qui m’inspirent pour mes compos. J’aime beaucoup les films des années 80 et 90 comme Le Pacte des Loups par exemple. Récemment j’ai vu Maniac pour la première fois de ma vie !.Je l’ai vu au ciné à l’occasion du Paris International Fantastic Film Festival.

Sinon j’ai longtemps joué au football, mais j’ai arrêté au bout de 25 ans. Je fais toujours un peu de sport, mais je ne considère pas vraiment ça comme une passion, C’est plutôt une activité ludique le sport. Quand tu ne pratiques pas quotidiennement ce n’est pas vraiment une passion. Mon activité principale c’est vraiment la musique. Finalement le cinéma et la musique c’est quand même étroitement lié et si on me proposait je ne serais pas contre travailler sur des musiques de films.

C’est bientôt la fin de notre échange. Tu as un dernier message à transmettre à nos lecteurs ?

Si vous aimez le rock, le Metal, le Punk, la guitare car Distorsion Cérébrale c’est avant tout un album de guitariste, écoutez mon album !

Merci Jimm pour cet entretien et à bientôt !

Merci à toi et Emaginarock !

Discographie :
Jimm – 2012 – Autoproduction
IN​[​CAN​]​DECENCE – 2015 – Dooweet
Distorsion Cérébrale – 2018 – Juste Une Trace

Izzy

C’est l’histoire d’une fille qui n’a pas toute sa tête… Passionnée d’arts graphiques et de littérature fantastique, issue de diverses formations artistiques et amoureuse de la musique depuis belle lurette, elle cherche à faire partager ses passions à travers des productions de concerts. C’est ainsi qu’en 2012 elle crée une association de production de concerts indépendante sur la capitale, Extrême Factory. En parallèle, elle est chroniqueuse pour différents webzines musicaux et commence ainsi une carrière de schizophrène mélomane.

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