L’Héritière – Jeanne-A Debats

heritiereAlors que le paysage actuel de la bit-lit et de l’urban-fantasy devient de plus en plus déprimant pour les lecteurs exigeants (histoire répétitives, villes toutes semblables, personnages interchangeables,…) c’est au cœur de notre hexagone qu’il faut se tourner pour trouver quelques pépites. Quelques auteurs avaient jusqu’alors su me séduire et me conduire à la fin de leur récit mais Jeanne-A Debats m’a fait tout bonnement dévorer son dernier roman jusqu’à la dernière miette. C’est même la première à avoir réussi à me faire perdre le sommeil tant les aventures d’Agnès sont haletantes…

La couverture de Damien Worm n’est pas spécialement dans mes goûts même si elle s’avère adapté au roman en lui-même. Mon goût des illustrations plus épurées parle mais c’est le propre des couvertures ActuSF de proposer quelque chose d’autre donc pourquoi pas ? La quatrième de couverture par contre nous plonge en plein dans le récit et m’a, personnellement, vraiment donné envie de plonger dans le roman.

Je m’appelle Agnès Cleyre et je suis orpheline. De ma mère sorcière, j’ai hérité du don de voir les fantômes. Plutôt une malédiction qui m’a obligée à vivre recluse, à l’abri de la violence des sentiments des morts. Mais depuis le jour où mon oncle notaire m’a prise sous son aile, ma vie a changé. Contrairement aux apparences, le quotidien de l’étude qu’il dirige n’est pas de tout repos : vampires, loups-garous, sirènes… À croire que tout l’AlterMonde a une succession à gérer ! Moi qui voulais de l’action, je ne suis pas déçue… Et le beau Navarre n’y est peut-être pas étranger.

Jeanne-A Debats nous propose une incursion dans une urban-fantasy placée un poil dans le futur où l’on suit la pauvre Agnès dans ses pérégrinations dans l’AlterMonde. Je dis pauvre parce que le début du roman n’est vraiment pas tendre avec elle notamment avec cette visite nocturne, et alcoolisée, du Père Lachaise. Mais très vite le lecteur va s’attacher à la jeune héroïne et même si par moment elle donne l’impression de subir les événements, elle va finalement en être partie plus que prenante.

Mais même si Agnès est le personnage central un des plus importants reste quand même Navarre, le vampire créé de toute pièce par l’auteur et qui traverse de loin en loin ses romans et nouvelles. Les deux se placent clairement comme les héros de cette histoire étonnante. Car trouver un héritier, ou une héritière, à Herfauge, vampire sociopathe à souhait, ne va pas être de tout repos. De visites de cimetières en anciennes catacombes, le voyage au cœur d’un Paris mystérieux et en même temps bien connu de chacun d’entre nous va être des plus mouvementés.

Jeanne-A Debats gère à merveille son roman. Les personnages sont d’une crédibilité impressionnante jusque dans leur exagération, les décors sont ceux que l’on connait et l’on sent qu’elle a bien arpenté la capitale, le scénario ne laisse aucune place à l’ennui ou à la moindre faille. Avec L’Héritière elle vient bousculer les codes du genre tout en les appliquant à la lettre. Le cynisme omniprésent est également jouissif car elle nous décrit l’action avec un mélange de sérieux et d’humour vraiment impressionnant.

Impressionnant est vraiment le terme le plus adapté pour ce roman. Un récit mené de main de maître, des personnages forts, un univers que finalement l’on connaît bien, tout est mis en place pour faire de ce titre un succès. Si vous devez découvrir un roman en ce début d’année ce doit être celui-là donc jetez-vous dessus, en vous méfiant toutefois : les crocs d’Herfauge ne sont jamais bien loin…

L’Héritière
Jeanne-A Debats
Editions ActuSF
18€

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *