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Resident Evil HD Remastered

« Enter the survival horror »

Resident Evil Remastered HD

 « Tentez de survivre dans un monde d’épouvante… » Des années avant que les morts de The Walking Dead ne passionnent les foules, les macchabées de Racoon City avaient déjà la bougeotte. En 1996 sort Resident Evil (Biohazard au Japon) premier du nom, le jeu qui débute par cette phrase inoubliable et qui a ancré les règles du survival horror. Après un certain nombre de suites, d’adaptations diverses en romans ou en films (coucou, Mila Jovovitch !), les joueurs nostalgiques retrouvent depuis le mois de janvier le volet fondateur de cette saga mythique sur leurs consoles de 8e génération. Alors, Resident Evil Remastered, est-ce que ça peut plaire aux vieux de la vieille, mais aussi à des joueurs néophytes ?

« Make for that mansion ! »

Plantons le décor, avant de planter quelques zombies (spoilers : eh oui, les cadavres que vous allez croiser vont se relever pour vaillamment essayer de vous boulotter). Racoon City, 1998. L’équipe Alpha du STARS, un commando d’élite rattaché à la police locale, est envoyée enquêter sur la disparition inexpliquée de leurs camarades de l’équipe Bravo, ainsi que sur une étrange vague de meurtres dans la région. Mais alors qu’ils survolent la forêt, l’hélico s’écrase et les survivants, pris en chasse par des chiens morts-vivants, doivent se réfugier dans une demeure isolée au cœur des bois.

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À vendre : manoir, construction 1967, peu servi. Rafraîchissement et incinérations à prévoir.

Bienvenue au manoir Spencer, avec ses couloirs chamarrés, ses passages secrets, ses pièges, sa ménagerie d’animaux farceurs (du chien, donc, au corbeau en passant par le serpent et… autres), et ses zombies, bien sûr. Vous incarnez désormais Chris Redfield ou Jill Valentine, et c’est de cette résidence de charme et de mystère qu’il va vous falloir vous échapper. Vivant, de préférence.

11022626_889147361123510_2196075787037002064_o (1)Le scénario parait classique ? C’est parce qu’il l’est, du moins au départ, et qu’il souffre peut-être un peu du passage des années : à ce stade, il sera sans doute un peu ardu de trouver un joueur ne connaissant pas peu ou prou les grandes lignes de l’histoire, mais au final l’expérience de jeu n’en souffre pas réellement. J’ai joué au premier Resident Evil sur Playstation One (celui qui a bénéficié d’un remake en 2002 vers la Gamecube, remake qui est précisément celui remastérisé ici pour PS4, XBox One et PC – vous suivez ?), mais les nouveautés apportées lors du passage sur la Gamecube ont su me surprendre ; j’ai également joué avec quelqu’un n’ayant jamais touché un titre de cette licence, et j’ai constaté que l’intrigue fonctionnait au final plutôt bien. Donc de ce côté, ça marche. On savoure aussi les voix américaines (le jeu est sous-titré en français, anglais et nombre d’autres langues, et propose aussi les voix japonaises), parfaitement kitch et cultes, et on s’émeut d’entendre à nouveau des répliques inoubliables… Un point de plus dans la colonne « expérience régressive » pour les plus de trente ans, et de quoi se marrer un bon coup pour les débutants.

« It’s magnificent.»

Les graphismes, on peut s’y attendre sur un titre datant d’il y a plus de dix ans, sont en demi-teinte. D’un côté, moi qui n’avais plus joué à RE depuis le début des années 2000, j’ai forcément trouvé ça beaucoup, beaucoup plus beau qu’avant ; d’un autre côté, jouer à ce portage juste après avoir terminé The Order : 1886, véritable chef-d’œuvre visuel à la pointe de la technologie, ça pique un peu les yeux au début. Au final, on coupe la poire en deux : oui c’est un peu daté visuellement, mais ça fait partie du charme de cette expérience de jeu, et il faut rester cohérent et comparer ce qui est comparable. Et on reste tout de même en admiration devant les décors du manoir, quand on est comme moi mordue de gothique et d’horreur.

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       La mythique scène du « Is this blood ? », en 1996 et 2015. Pas dégueu (si je puis dire).

« If you had an Ink Ribbon… »

11090847_889094234462156_3854673669582543023_oQuestion gameplay, on retrouve les difficultés et les contraintes qui participaient à faire l’intérêt de ce type de jeux, et qui ont assez largement disparu dans les jeux plus récents. Ici, pas de points de sauvegardes disséminés à travers les niveaux, comme dans un God of War, et encore moins de sauvegarde automatique. Le nombre de sauvegardes possibles est limité, et ce sera à vous de jauger des moments les plus opportuns pour les utiliser. De même, pas de munitions illimitées ou presque comme dans un GTA : chaque balle compte et il faudra vite apprendre à peser le pour et le contre avant d’appuyer sur la gâchette. Idem côté inventaire : vous aurez au maximum huit « cases » dans votre besace, qu’il faudra apprendre à gérer (qu’est-ce que vous préférez avoir sur vous ? L’arme pour vous défendre, le remède pour vous soigner, ou la clé pour vous enfuir ? Resident Evil, un jeu qui donne le sens des priorités.)

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On n’a pas fini de se poser la question, vu le temps qu’il faut pour tout déverrouiller…

Si on ajoute à tout ça l’aspect labyrinthique assumé du déroulement du jeu (avec des allers et retours, des détours nombreux, et une succession de portes à ouvrir, encore et encore) et un maniement du personnage assez particulier, empreint d’une certaine raideur et doté d’une précision parfois un peu relative, on a de quoi déstabiliser un peu le joueur du 21e siècle. On note que le mode de contrôle « moderne », en opposition au « classique », est plus abordable mais que ça reste tout de même un coup à prendre (vous allez vous prendre quelques coins de portes avant d’y arriver correctement.) Personnellement, j’ai apprécié de me retrouver dans ces conditions un peu moins complaisantes, et j’en suis ressortie en me disant que vraiment, certains jeux actuels sont assez faciles et ont fortement tendance à prendre le joueur par la main de A à Z. Ce qui explique peut-être aussi le succès de cette réédition (classée tout en haut du top des ventes sur le Playstation Store le mois de sa mise en vente) – la sortie de jeux comme Bloodborne, qui mettent la difficulté en avant comme argument de vente, s’inscrit dans ce courant : les joueurs veulent mériter un peu plus leur succès.

« Not quite your ordinary house, that’s for sure. »

Donc, ce portage remastérisé, est-ce qu’il vaut ses 19,99 euros ? À mon sens, oui : pour une joueuse comme moi, qui a connu le premier RE sur Playstation, le plaisir de la redécouverte, les ajouts de nouveaux modes et costumes et une sensation s’approchant presque du rétro-gaming par moments me font dire que oui, c’était un bon investissement – je serais même tentée de rempiler pour le portage de Resident Evil 2, que la rumeur annonce pour cet automne. Jouer à Resident Evil, c’est une expérience à part, et même si certains reprochent à Capcom de se concentrer davantage sur des remakes, reboots et remasterisations que sur la création de nouvelles franchises, pour ma part je ne peux que me réjouir du fait qu’une nouvelle génération de gamers puisse à son tour se casser la tête et s’éclater sur le chef d’œuvre de Shinki Mikami. Et pour ce nouveau joueur encore tout frais, on retiendra la satisfaction d’avoir joué à un monument du genre qui a marqué l’industrie du jeu vidéo, et d’avoir découvert une autre façon de jouer, une ambiance lovecraftienne parfaitement maîtrisée, un univers ultra-riche, le frisson du survival horror, et le béret de Jill Valentine.

 

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Resident Evil HD Remastered, disponible en téléchargement sur Playstation 4, PS3, X-Box One et 360, ainsi que sur PC, depuis le 20 janvier 2015. Recommandation PEGI 18.

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