Entretien avec Laurent, chanteur et guitariste de Deficiency

Bonjour, et merci de prendre quelques minutes pour répondre à mes questions. Est-ce que tu peux tout d’abord te présenter et nous expliquer ce que tu fais dans Deficiency ?    

Salutations ! Je suis Laurent, guitariste-chanteur du groupe DEFICIENCY. J’en suis également le principal compositeur et auteur des paroles. Comme beaucoup de groupes, nous faisons énormément en “do it yourself” pour promouvoir notre musique. Par conséquent on peut dire que je “manage” également le projet, que cela soit par du booking, de la promotion, et bien d’autres choses !

D’où vient le nom du groupe ?

A l’origine, DEFICIENCY était le titre d’un de nos morceaux dans la précédente mouture du groupe, qui portait à l’époque un autre nom. Lorsque nous avons décidé d’amorcer un nouveau virage stylistique en 2009, nous avons opté pour ce nom, à la fois facile à retenir, compréhensible, et peu utilisé.

Comment en es-tu venu au metal, à la fois en tant que fan et en tant que musicien ?

Je pratique la musique depuis l’âge de 7 ans en ayant commencé par le piano classique. Arrivé au collège, j’ai découvert le Metal à 12 ans avec Metallica, Iron Maiden ou Pantera. Des groupes qui m’ont littéralement scotché car je ne connaissais rien de tel à ce moment. J’y ai trouvé un style de musique complet, capable de faire transparaître toutes les émotions, et également proche de la musique classique sur de nombreux aspects. Ayant déjà des bases musicales établies, je me suis tourné alors vers la guitare électrique vers mes quinze ans.

Comment définirais-tu la musique de ton groupe ?

Je dirais que nous n’avons pas un style unique et franc, même si une base de Thrash Metal mélodique moderne nous anime. Nous n’hésitons pas à incorporer des variations symphoniques, ambiantes, progressives ou même parfois Death lorsque cela nous semble opportun dans tel ou tel morceau.

Warenta est le nouvel album du groupe. Comment s’est passé le travail dessus ? Qui écrit quoi ?

En général, j’apporte l’essentiel des compositions quasiment abouties à l’ensemble du groupe. Nous les mettons en place en répétition et les autres membres du groupe apportent alors leurs idées d’arrangements ou de modification de certaines parties. Nous travaillons comme cela depuis de nombreuses années, et cela nous convient bien ainsi. Les éléments qui composent l’album ont majoritairement été écrits entre 2018 et 2020. D’autres par contre sont bien plus anciens. Par exemple, une bonne partie du titre “The Feathers” est basée sur une ossature de plus de 10 ans, quand un morceau comme “Alleviate The Suffering” est un ré-arrangement d’un titre initialement prévu pour l’album précédent “The Dawn Of Consciousness”, mais finalement écarté à l’époque. Nous l’avons retravaillé et amélioré pour qu’il figure sur “Warenta”.

Où trouves-tu l’inspiration quand il s’agit d’écrire de la musique ?

Je n’ai pas vraiment de “recette”. L’inspiration me vient un peu n’importe quand, à condition que mon esprit soit ouvert à la création. Lorsque je suis en phase de travail pour un futur album, les idées me viennent assez facilement, en grattant les cordes, chantonnant ou tout simplement dans ma tête. Une fois l’album enregistré, j’entre dans une nouvelle phase où la concentration se porte sur autre chose, comme le mixage, la promo, la préparation de la sortie de l’album, ou la recherche de concerts. En général à ce moment je suis peu créatif car non ouvert à cela. Une fois cette phase passée, je pourrai me réouvrir à la composition ! Cela fonctionne par cycles !

Sur cet album on retrouve un featuring de Bjorn Strid. Comment se sont faites les choses pour qu’il accepte de poser sa voix sur un de vos morceaux ?

Etant grand fan de Soilwork, notamment en raison de la qualité de son chanteur, il m’est venu l’idée de lui proposer un featuring sur un titre. Sachant qu’il avait déjà réalisé cela par le passé, et que la période de confinement de l’époque a permis aux artistes de réaliser d’autres projets, nous l’avons tout simplement contacté par mail et soumis le morceau. Il a de suite accepté de poser sa voix après nous être mis d’accord sur certains points techniques et de conditions. Le résultat est incroyable, il apporte un réelle plus-value au titre, et nous sommes extrêmement fiers d’avoir sa participation sur l’album !

Vous dirigez un nouveau label émergent, associatif et local, Metal East Productions. Que peux-tu nous dire dessus ?

Quand notre précédent label Apathia Records nous a annoncé mettre fin à ses activités, nous n’avions plus envie de nous relancer dans des phases de démarchages longues, fastidieuses, qui n’auraient sans doute pas abouti sur l’intérêt d’un très gros label, et donc au final peu intéressant pour le groupe. Etant donné que nous sommes habitués à réaliser les choses par nous-mêmes, nous nous sommes lancé dans ce projet, souhaitant monter un catalogue de groupes cohérent et succeptible d’intéresser les distributeurs. Nous avons réussi à convaincre plusieurs formations d’importances diverses dans le paysage Metal français, et cela a abouti à la création de la structure. Nous sommes une association à but non lucratif, du coup les groupes sont très libres et nous leur reversons la quasi totalité des royalties, à l’inverse des contrats types dont bénéficient beaucoup de groupes signés sur des petites ou moyennes structures. L’idée est de permettre aux groupes de réllement percevoir les retombées des fruits de leur travail, et de compter sur une solidarité mutuelle.

Quelle est ta piste préférée de cet album, et pourquoi ?

Aïe, très difficile à dire. J’aime tous les morceaux car chacun a sa propre identité et a pleinement sa place dans le déroulement de la tracklist du disque. Pour en prendre un qui reflète pas mal d’aspects de notre musique, sans les présenter tous, je dirais peut être “The Feathers”. Mais chacun est assez différent au final, et complémentaire des autres, donc pas évident d’en isoler un seul !

L’illustration qui orne l’album est magnifique. Comment s’est déroulé le travail dessus ? Que peux-tu nous dire sur sa signification ?

Merci pour ton appréciation ! Nous avons également fait cela de manière interne au groupe, puisqu’il s’agit de ma femme qui l’a réalisé ! Elle s’est toujours occupée des aspects visuels du groupe par le passé, sur les affiches, les designs des T-shirts et autres. Cette fois-ci elle a franchi un étape supplémentaire en prenant en charge l’intégralité de la création des visuels de la pochette, du digipack, du livret etc…, charge qui était par le passé réservé à des tiers aguerris. Ces derniers temps, elle a développé ses compétences en photographie ainsi qu’en montage sur Photoshop. Son travail est incroyable !
Concernant la signification, la pochette reflète le concept-album qui retrace un épisode de sorcellerie et d’hystérie collective ayant eu lieu dans les années 1940 dans la région d’où nous sommes originaires : le cadre de l’histoire que nous racontons est représenté par le chevalement et le bâtiment industriel en arrière-plan, puisque les faits se sont déroulés dans un bassin minier. La forêt, qui donne son nom à l’album (“Warenta” étant la première mention écrite du massif du Warndt qui jouxte ce territoire à cheval entre la France et l’Allemagne) est évidemment représentée en toile de fond, comme un présence encerclant ce bassin et les populations ayant vécu ces évènements. Enfin le personnage peut être perçu de manière différentes : une allégorie de la folie, de la peur? Ou bien plus simplement la sorcière qui a été accusée de répandre la mort ? Libre à chacun de l’interpréter. Son visage apaisé contraste avec le caractère brute des structures industrielles et le personnage qu’elle tient entre ses bras.

Qu’y-a-t-il de prévu niveau clip pour soutenir cette nouveauté ? A Fire Asleep et I Am Misfortune Herald sont déjà sortis mais d’autres choses sont-elles en production ?

Oui, nous avons effectivement sorti 2 vidéos, et 2 autres sont prévues encore ! A Fire Asleep a été un gros investissement pour un résultat qui nous a vraiment convaincu, le lieu de tournage est dingue et correspond tout à fait à l’ambiance de notre concept-album. Pour la suite et les 2 prochains singles, nous aurons des clips assez différents. Le prochain sera également assez intéressant visuellement, nous avons restitué des nombreux éléments de l’histoire de l’album à travers une famille des années 1940 !

Quand est-ce que l’on vous retrouve sur les planches ?

Nous avons attaqué la tournée pour l’album “Warenta” le samedi 26 mars à Lyon, à l’occasion du Deathawaits Fest au Rock’n’Eat. C’était vraiment énorme, la salle était remplie et l’accueil invcroyable. Nous avons déjà une grosse douzaine de dates de prévues en France dans les prochains mois, où nous passerons par exemple sur Paris, dans le Sud-Ouest, le Nord ou évidemment le Grand-Est de la France. Vous retrouverez toutes les infos sur notre page Facebook.

2021 a été très riche en sorties d’albums. Quel serait ton album de l’année ?

Eh bien je t’avoue qu’avec tout le travail effectué pour préparer la sortie de notre album et la mise en route de notre label Metal East Productions, je n’ai pas eu énormément de temps pour me concentrer sur les sorties en 2021 ! On va rester sur des groupes en devenir de notre secteur : FRACTAL UNIVERSE avec “The Impassable Horizon” ont mis la barre très haute, TOWARD THE THRONE avec leur 1er album “Vowed To Decline”, notre première production avec le label, qui a fait un boulot incroyable, ou encore le dernier SCARRED, album éponyme de ce groupe luxembourgeois qui est vraiment cool aussi !

Merci pour tes réponses et à bientôt au détour d’un concert !

Merci à toi et à très vite !

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.