Entretien avec Estelle, chanteuse de Except One

Except One est un groupe que je suis depuis maintenant quelques années et c’est avec un plaisir non dissimulé que j’ai vu sortir Broken, la suite de Fallen. Les parisiens proposent un son encore plus mûr, plus rut que sur l’opus précédent, invitant au headbang à chaque secondes. Estelle, chanteuse du combo, a accepté de répondre à quelques questions autour de cet album et de la suite de leurs aventures !

Bonjour, et merci de prendre quelques minutes pour répondre à mes questions. Est-ce que tu peux tout d’abord te présenter et nous expliquer ce que tu fais dans Except One ?

Salut, Je suis Estelle, chanteuse du groupe

D’où vient le nom du groupe ?

A la base, ça vient d’une pote qui à l’époque où on cherchait un nom pour le groupe, nous avait dit que c’était toujours « sauf un » chez nous, par exemple « vous buvez tous de la bière sauf un », « vous êtes tous là aux soirées sauf un » etc ce genre de choses !
On a gardé le nom du coup et en même temps, ça fait écho au fait d’être un groupe de metal, ça reste un style de niche dans le paysage musical français. Et aussi, tu sais, quand au lycée t’as une seule personne qui s’habille en noir et qui écoute du metal et que c’est toi. Ou quand quelqu’un te dit « Ah nan mais j’écoute de tout, enfin sauf du metal ».
Tout ça, l’un dans l’autre, ça donne l’impression de l’exception en fait.

Comment en es-tu venu au metal, à la fois en tant que fan et en tant que musicien ?

En temps qu’auditrice, j’ai commencé par le punk et le rock très jeune et je suis arrivée progressivement et assez naturellement au metal au collège/lycée. Je faisais déjà de la musique depuis l’enfance (conservatoire tout ça) et donc quand j’ai eu l’envie de faire partie d’un groupe, je me suis naturellement tournée vers le metal vu que c’est ce qui me faisait vibrer. Et à titre personnel, il y a aussi le besoin de m’exprimer, de cracher ma colère et ma rage, qui passe par ce style de musique, une sorte de catharsis.

Broken est le nouvel album du groupe. Il prend la suite de Fallen. Comment s’est passé le travail dessus ? Qui écrit quoi ?

Tim a principalement composé ce nouvel opus, ensuite tout le monde y a mis sa patte. Il a également écrit les paroles de certaines chansons et j’ai écrit les autres. On avait déjà commencé le travail de composition avant la pandémie mais forcément, on a dû travailler beaucoup plus à distance qu’à l’accoutumée pour Broken, on ne pouvait pas se voir autant qu’on le souhaitait, ça a été un peu différent de ce qu’on avait l’habitude mais ça nous a permis d’envisager la composition d’une autre manière, d’être peut-être plus autonomes sur certains points.

Vous semblez garder une thématique de la cassure, de quelque chose de blessé. Est-ce une allégorie de notre société ?

Pour la blague, je pourrais te répondre qu’après être « tombé » (Fallen), on est « cassé » (Broken) !
Mais oui, c’est un peu une allégorie de ce qu’il se passe actuellement, on est tous un peu « cassé » à des niveaux propres à chacun, que ce soit par les épreuves de la vie, par la situation que l’on vit depuis maintenant presque deux ans qui est quand même assez pesante. Mais il y a toujours cette envie de se « réparer ».

Où trouves-tu l’inspiration quand il s’agit d’écrire de la musique ?

Je ne te répondrai que pour les paroles, vu que je ne compose pas de musique.
Je reviens sur le besoin de m’exprimer, que ce soit ce que je peux voir autour de moi, ce qui peut m’arriver dans ma vie, ce qui se passe dans la société… J’ai besoin de faire sortir tout ça, de laisser exploser ce que je ressens. Ce qui donne des paroles plus ou moins personnelles mais où je pense, chacun peut se retrouver à un moment ou un autre et peut être se sentir un moins seul.

Comment expliquerais-tu les thématiques que le groupe traite à travers cet album ? Quelle est l’évolution depuis Fallen à la fois dans les thématiques et dans la musique du groupe ?

Pour les thématiques de Broken, je pense avoir déjà un peu répondu sur la question d’avant, il y a une suite logique avec Fallen, on a toujours eu ce concept d’exprimer nos ressentis dans nos chansons. D’ailleurs pour la première fois, on a mis un livret avec les paroles, pour que justement les auditeurs puissent connaitre, et peut être se rapprocher, de ses thématiques et aussi parce que c’est toujours plus compliqué dans ce style de chant de comprendre les paroles. La musique a forcément évolué avec l’implication de Tim, qui a apporté sa vision au groupe en gardant notre identité à chacun et elle continuera d’évoluer avec nous et comme nous.

Quelle est ta piste préférée de cet album, et pourquoi ?

J’ai deux pistes préférées en fait, d’abord il y Void, la dernière chanson de Broken, pour son ambiance viscérale, le côté épique de certains passages et la brutalité d’autres, la thématique des combats intérieur que l’on doit mener pour continuer d’avancer, même si on ne connait jamais l’issue.
Ensuite il y a In Nomine, qui a été le premier clip que l’on a sorti et qui a été la première chanson composée, de mémoire. Il y a ce côté un peu « black metal » sur certains passages, et vu que c’est un de mes styles de prédilection, c’est une de celles que je préfère interpréter en fait.

La peinture qui orne l’album est magnifique. Elle rappelle également Fallen. Comment s’est déroulé le travail dessus ?

On a effectivement voulu garder ce concept d’avoir des peintures pour Broken mais contrairement à Fallen où c’était les œuvres d’un peintre, Yaya K., cette fois ce sont les miennes.
J’avais laissé mes crayons et pinceaux de côté pendant quelques années et j’ai profité des confinements pour m’y remettre et pour tester de nouveau médiums (dans le cas de Broken, la peinture à l’huile), j’avais besoin de m’exprimer et je n’avais plus la musique donc je suis revenue à mes premiers amours, le dessin et la peinture. On avait envie de faire album totalement à nous donc en toute logique, j’ai commencé à faire différentes peintures qui représentaient Broken dans mon esprit. De la même manière, le nouveau merch pour la sortie de l’album est également une de mes peintures. Jusque-là j’avais toujours été assez timide pour exposer ce que je fais mais ça m’a beaucoup aidé à sauter le pas, j’ai même lancé mon insta dédié à ça !

Vous avez sorti le clip de In Nomine, prenant et impressionnant. Avez-vous encore d’autres choses sous le coude à nous proposer ?

C’est exactement ce qu’on l’on voulait sur In Nomine, pousser l’esthétique du clip plus loin que ce qu’on avait l’habitude de faire. C’est toujours dans logique de l’évolution du groupe, on essaye d’aller plus loin, que ce soit dans les chansons ou dans l’esthétique générale du groupe.
On a évidemment d’autres choses en route, qui arriveront plus ou moins rapidement, mais chut ! Je n’en dirai pas plus, on a envie de garder l’effet de surprise, du coup je conseillerai de nous suivre sur les réseaux sociaux pour découvrir tout ça !

Des dates sont-elles déjà planifiées pour que Except One puisse communiquer son énergie sur scène ?

On a dû annuler les dates de ce début d’année à cause du contexte malheureusement mais on y travaille et on continue de préparer les shows pour pouvoir revenir en force sur scène. Je ne peux rien encore annoncer pour le moment, mais on a clairement hâte de présenter Broken en live, de pouvoir transmettre notre énergie au public et qu’il nous transmette la sienne, ces échanges nous manquent !

2021 a été très riche en sorties d’albums. Quel serait ton album de l’année ?

Effectivement, il y a eu plein de belles choses ! Je serai bien incapable de te donner qu’un seul album, ça dépend de l’humeur du jour. Là comme ça sans trop réfléchir, je crois que ceux que j’ai le plus écoutés sont des EPs en fait, à savoir …And I Return To Nothingness de Lorna Shore, Shaman de Orbit Culture et Downer Part.1 de Ten56.

Merci pour tes réponses et à bientôt au détour d’un concert !

Merci à toi pour cette interview ! Et pour les personnes qui nous lisent, on a hâte de vous présenter Broken en concert et d’ici là vous pouvez l’écouter sur toutes les plateformes et à défaut de pouvoir échanger après un concert, n’hésitez pas à venir partager vos commentaires et ressentis avec nous sur les réseaux sociaux !

 

Thomas Riquet

Thomas Riquet

Passionné de cultures alternatives, Thomas dirige eMaginarock depuis 2008. Editeur, photographe, anthologiste, graphiste... ses casquettes ont été nombreuses dans sa vie, un peu comme un chapelier fou, mais avec toujours une ligne directrice qui s'est dégagée : faire découvrir les univers qu'il aime aux autres.

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