Entretien avec Damien et Simon de Point Mort

Bonjour, et merci de prendre quelques minutes pour répondre à mes questions. Est-ce que tu peux tout d’abord te présenter et nous expliquer ce que tu fais dans Point Mort ?

Damien : je joue de la basse dans le groupe et je réalise des clips pour le groupe.

Simon : Je suis à la batterie et je gère aussi une partie de la technique au sein du groupe.

D’où vient le nom du groupe ?

Damien : C’est tout simplement la description littérale du sentiment de piétinement absolu qu’on ressentait lorsqu’on cherchait un nom pour ce groupe. Le symptôme est devenu le résultat, nous étions tous coi devant tant d’évidence !

Comment en es-tu venu au Metal, à la fois en tant que fan et en tant que musicien ?

Damien : Quand j’étais ado : le lycra de Steve Harris (Iron Maiden), la sueur de Rob Halford (Judas Priest) et la moustache de Tony Iommi (Black Sabbath). Mais depuis, passés les clichés du “Metôl”, les découvertes sont sans fin et doivent certainement influencer inconsciemment le musicien. Que ça soit sur des musiques un peu plus tordues (Dillinger), parfois chaotiques (Converge), d’avant-garde (Dodheimsgard) ou même black et lumineuses (Deafheaven).

Simon : Comme beaucoup de monde, jeune ado avec les classiques, Van Halen, AC/DC, Maiden, Motorhead… En tant qu’aspirant musicien, ma première fascination rock a sûrement été les White Stripes, sûrement pour le côté abordable mais tellement puissant !

Pointless… est le dernier album du groupe. Comment s’est passé le travail dessus ? Qui écrit la musique et qui se penche sur les paroles ?

Damien : La compo instrumentale vient principalement d’Olivier, un des 2 guitaristes du groupe, mais aussi de Simon (batterie) et Aurel (guitare). Sam écrit toutes les paroles qu’elle chante et compose toutes les lignes vocales. Notons que chacun dans le groupe dispose d’un droit de veto absolu et illimité sur la moindre note de l’album : on apprécie beaucoup ce mode de fonctionnement, qui, bien sûr, ne génère jamais aucun débat animé.

Simon : Le travail d’écriture a commencé à la fin de l’enregistrement de R(h)ope et s’est prolongé et approfondi pendant les différents confinements et les restrictions de la période 2020-2021, ce qui nous a permis de nous concentrer à fond sur ça. Généralement, un de nous propose une compo déjà bien avancée au reste du groupe et on se met à 5 pour l’arrangement. Chaque chanson commence comme un travail solitaire pour devenir ensuite un véritable effort collectif, ce qui fait que tous les titres présents sur l’album nous plaisent et nous ressemblent.

D’où est venu ce titre pour l’album ? Est-ce que vous en êtes à considérer que beaucoup de choses dans notre monde ne servent plus à rien, sont dépourvues de sens ?

Damien : Je l’interprète comme un “A quoi bon ?”. A quoi bon vouloir se sortir d’une situation si la violence reprend constamment le dessus ? Les textes de Point Mort sont basés sur notre rapport à la réalité. Il y a beaucoup de déception derrière tout ça, mais je pense qu’il y a toujours une petite porte de sortie, une petite éclaircie (nos précédents EP s’appelaient Look at the sky et R(h)ope, on se disait même si la violence règne, on avait un espoir mais existe-t-il vraiment ?)

Pointless est le premier long format sorti par le groupe, plus habitué aux EP. Est-ce que cela a changé la manière de travailler, que ce soit en composition ou en enregistrement ?

Damien : Cela n’a pas eu véritablement d’impact sur le processus de composition ni sur les méthodes d’enregistrement. Tout bêtement, la durée de musique à produire étant plus importante, les efforts ont été décuplés d’autant.

Simon : Je n’y avais pas du tout réfléchi avant de lire ça et là que notre premier album allait sortir ! Pour moi, on en est au 3ème ! Même si je comprends la distinction, je trouve dommage ce besoin de tout catégoriser, selon le minutage ou le nombre de morceaux.

Où trouves-tu l’inspiration quand il s’agit d’écrire de la musique ?

Simon : Si je veux pouvoir proposer des morceaux un minimum aboutis au reste du groupe, je suis forcé de composer un peu à la guitare et à la basse. Comme ce ne sont pas mes instruments, je ne suis pas hyper bon et je compose surtout très lentement, mais cela me permet aussi d’avoir une approche plus fraîche sans automatisme ou idée préconçue comme je peux avoir à la batterie. Chaque riff est une découverte. Parfois j’ai de la chance et je tombe sur un truc qui me plait !

Quelle est ta piste préférée de cet album, et pourquoi ?

Damien : La dernière de l’album : Ash to Ashes. Il n’y a rien d’évident dans la composition de cette chanson et pourtant je la trouve d’une grande fluidité. Il y a quelque chose à la fois de viscéral mais aussi cinématographique. D’ailleurs, dans mes souvenirs, lors de l’enregistrement (nous jouons tous les 5 en live simultanément en studio) il y a une prise particulière où j’ai senti un total abandon du groupe (dans le sens positif du terme) face au stress de l’enregistrement pour ne penser qu’à l’interprétation du morceau. J’espère que cela se ressent sur l’album.

Simon : Le morceau d’ouverture, In Cold Blood : A Warmer Heart… L’écriture de ce morceau a commencé comme un exercice entre Olivier (guitare) et moi : il m’a demandé de lui écrire une piste de batterie sur laquelle il pourrait poser ses parties de guitare. C’est à contresens de ce qu’on fait d’habitude puisque la guitare préexiste généralement en grande partie à l’accompagnement rythmique. Je lui ai donc envoyé une batterie programmée selon un mélange d’influences, avec notamment de petits clins d’œil à des morceaux ou des groupes que j’apprécie. Le morceau qu’il nous a envoyé ensuite n’avait rien à voir avec ce que j’avais en tête en écrivant la batterie d’origine, j’ai trouvé cette façon de procéder vraiment intéressante et je suis hyper content du résultat, je pense qu’on recommencera !

Comment s’est déroulé le travail sur l’artwork de l’album ?

Damien : Plutôt tranquille perso puisque Sam a sa propre carte blanche pour laisser sa créativité s’exprimer sur l’artwork ! Sam a produit tous les artworks du groupe et nous sommes toujours fiers et contents de se dire qu’ils sont en symbiose avec les paroles et la musique (puisque c’est la même personne : cherche pas, le raisonnement est irréfutable !)

Qu’y-a-t-il de prévu niveau clip pour soutenir cette nouveauté ? Deux vidéos sont déjà sorties mais d’autres choses sont-elles en production ?

Damien : Oui, il y a déjà eu 2 titres clippés avant la sortie de l’album : on les produit nous-même également (à deux avec Jessica Salitra) et effectivement nous allons produire une 3ème vidéo pour un des autres titres de l’album. Certainement une vidéo beaucoup plus longue que ce que nous avons déjà fait jusqu’à maintenant !

Quand est-ce que l’on pourra découvrir Point Mort sur scène ? Est-ce que pour changer vous avez décidé de jouer avec de la lumière à l’occasion de ce nouvel album ? (rires)

Damien : Les prochaines dates : Post In Paris, Macumba Open Air et le Hellfest pour le court terme. Et une tournée à l’automne, en France.  Depuis quelque temps déjà, nous avons soigné notre photophobie et d’ailleurs, depuis qu’Emilie gère nos light, spoiler alert : on arrive à nous voir !

Simon : On a fait quelques dates dernièrement où nous étions beaucoup trop visibles. C’est bien sûr totalement inadmissible mais pas de panique, j’ai passé commande pour de nouveaux bidons de liquide à fumée.

2022 a pour le moment été riche en sorties d’albums. Quel serait ton album de l’année ?

Damien : pour l’instant, aucune des nouveautés 2022 ne m’a marqué, mais j’ai certainement beaucoup de retard à rattraper sur ce qui vient de sortir !

Simon : Je suis vraiment en retard sur les dernières sorties, je crois que je n’ai encore rien écouté qui soit sorti en 2022 ! J’ai vérifié quelques références qui me venaient en tête mais qui datent de 2021… Oups !

Merci pour tes réponses et à bientôt au détour d’un concert !

 

Thomas Riquet

Thomas Riquet

Passionné de cultures alternatives, Thomas dirige eMaginarock depuis 2008. Editeur, photographe, anthologiste, graphiste... ses casquettes ont été nombreuses dans sa vie, un peu comme un chapelier fou, mais avec toujours une ligne directrice qui s'est dégagée : faire découvrir les univers qu'il aime aux autres.

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