Fantôme, magie, amitié, péripéties et culture latine sont les ingrédients d’un récit poétique sur l’acceptation de soi, la transidentité, la famille et la mort.

Yadriel est un brujo. Pas une bruja. Si les femmes peuvent guérir, les hommes eux, savent rappeler les esprits. Parce qu’il tient à prouver à sa famille qu’il possède bien les pouvoirs de son genre, il se rend dans l’église du cimetière afin d’invoquer un fantôme. Arme magique au poing et meilleure amie pour l’aider, il fait de son mieux pour convoquer l’âme de son cousin décédé, afin de comprendre les raisons de sa mort.

Alors qu’il pense avoir réussi, il découvre que le fantôme qu’il vient de ramener au milieu de l’église familiale n’est pas tout à fait le bon…

Cemetery Boys, premier roman d’Aiden Thomas, a été un véritable coup de cœur pour moi et ceux pour plusieurs raisons.

Des personnages attachants

Dans son roman, Aiden Thomas met en scène plusieurs personnages auxquels on s’attache rapidement et qui nous émeuvent. Yadriel est un jeune ado trans qui souffre de ne pas être reconnu pour ce qu’il est, un garçon et un brujo (un sorcier). Il cherche par tous les moyens à prouver à sa communauté ce qu’il est, quitte à accomplir ses quinces (rite de passage) avec pour seule compagnie sa cousine Maritza. Maritza ne laisse pas non plus les lecteurs indifférents. Végane par conviction, elle refuse d’utiliser du sang animal pour accomplir les actes de guérison que toute bruja peut faire. Elle soutien Yadriel dans ses choix et l’accompagne dans ses expéditions nocturnes. Enfin, il y a Julian Diaz, un adolescent assez mystérieux dont l’esprit a été appelé par Yadriel. Très vite entre Julian, Yadriel et Maritza se développe une forte amitié que même la mort ne peut arrêter.

Día de Muertos

En plus d’avoir créé des personnages touchants, Aiden Thomas nous brosse un horizon de la culture qui l’a vu naître et grandir. Effectivement, la culture latine est omniprésente dans le roman. Les événements se déroulant la semaine du premier novembre, les célébrations autour du Día de Muertos prennent une place centrale dans le récit. Tout comme Santa Muerte (Notre Dame la Mort) et la culture brujx. La mort tient également une place prépondérante dans le roman. En effet, les esprits des défunts brujx peuvent revenir quelques jours durant lors de la célébration du Día de Muertos. Mais aussi car les brujos ont la capacité d’invoquer des esprits de défunts. Et c’est ce que Yadriel fait en tentant de découvrir ce qui a pu arriver à Miguel, son cousin dont toute la communauté brujx a ressenti la mort.

Amitié et acceptation de soi

Le récit tourne autour de l’amitié qui se développe entre les trois adolescents, plus particulièrement entre Yadriel et Julian. Elle s’épanouie et grandit comme une fleur malgré l’épée de Damoclès qui plane constamment au-dessus d’elle. Les protagonistes, autant que les lecteurs, savent comment elle va se terminer. Julian n’est pas éternel. Il n’est qu’un esprit invoqué pour un temps limité. Pourtant, c’est grâce à Julian que Yadriel va véritablement comprendre ce qu’est l’acceptation de soi.

Cemetery Boys est un premier roman réussi et touchant. Aiden Thomas nous tient en haleine tout du long avec une histoire poétique et une magnifique amitié. Véritable coup de cœur, ce roman est un must read !

Manon Rouanet

Manon Rouanet

Amoureuse inconditionnelle de la Culture (art, cinéma, littérature, musique, concerts, etc.), la fantaisie et la SF ont bercé mon adolescence campagnarde et rythmé mes étés d'aventures épiques. L'université m'appela cependant vers d'autres cieux, ceux des études d'histoire et d'histoire de l'art, véritable chemin de croix pour réaliser un rêve un peu (carrément) fou, celui de travailler dans un musée. A près de 27 ans et mes études (presque) finies, je renoue avec cette passion pour la littérature afin de la faire partager par le biais d'un autre de mes violons d'Ingres, l'écriture - qui nourrit un deuxième rêve encore plus fou, écrire un roman et le publier (un jour peut-être).

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