J’avoue que, en tant que MJ, même si je suis fan des aventures/campagnes se déroulant dans des endroits reculés, dans des zones désertiques, dans des temples ou des donjons remplis de dangers plus mortels les uns que les autres, j’adore également faire crapahuter mes joueurs en milieu urbain. Je ne parle pas des petits villages avec leurs tavernes où les aventuriers fatigués peuvent aller chercher un peu de réconfort, mais bien de grandes villes tentaculaires où les dangers sont tout aussi nombreux que dans un temple reculé – que ce soit celui de Tharizdun ou d’un mal plus élémentaire, ou dans une « tombe remplie d’horreurs ».

4 villes me viennent tout de suite à l’esprit.

 

La première – la plus ancienne dans mon souvenir, c’est Lankhmar. Sortie de l’imagination débordante de Fritz Leiber et de son Cycle des épées, Lankhmar est au centre des aventures de Fafhd et du Souricier Gris. Mes souvenirs de lecture de ces suppléments AD&D me donnent encore des frissons. Rien que la photo de couverture met dans le ton.

Dans Lankhmar, tout me semblait possible.

Des hauts faits les plus grandioses à la mort la plus sordide au fond d’une ruelle, assassiné par on ne saura jamais qui et servir de festin à des armées de nuisibles rampants. Lankhmar a toujours incarné un fantasme de ville dans laquelle il ne faisait pas bon se balader seul, à moins d’être du mauvais côté de la loi… et encore ;)

Je rêve aujourd’hui d’une remise au jour de ce setting pour l’ancêtre du JdR, afin de pouvoir me replonger avec délectation dedans. Peut-être un jour ? (Je peux l’espérer, il y a déjà une version DCC chez Goodman Games).

City of Splendors

Claque numéro 2.

Les Royaumes Oubliés sont de loin mon cadre de campagne préféré pour D&D. Oui, je sais, certains diront que Greyhawk, c’est mieux, que rien ne vaut Dark Sun, que Planescape, ça déchire, sans parler de Krynn :)

Je suis d’accord avec tout ça (ou presque :p), mais il n’empêche que Waterdeep est tout simplement phénoménale !

Immense, cosmopolite, magique, fantastique… difficile de trouver les bons superlatifs pour décrire cette ville extraordinaire. Ici, les dangers et les rencontres peuvent prendre une apparence totalement différente que dans Lankhmar. La magie, omniprésente dans les RO, y est pour beaucoup. De plus, il suffit de se rendre dans le Portail Béant, l’auberge la plus célèbre de Waterdeep, pour s’en rendre compte. Avec son entrée directe dans Undermountain, on comprend tout de suite que les choses sont ici différentes.

J’ai eu la chance – avant le confinement, de commencer le Vol des Dragons, une campagne DD5 située dans Waterdeep même. J’avais d’ailleurs, lors de sa sortie, rédigé un petit papier dont je vous remet le lien –> ICI.

Cette campagne vous fera voyager dans tous les coins de la Cité des Splendeurs et vous fera rencontrer – sans doute – certains des bad guys les plus emblématiques de la ville (si ce n’est des RO). Une de ses forces est d’être très « bac à sable » et de laisser une grande liberté d’action à vos joueurs. Il faut un minimum de préparation pour ne pas se retrouver pris au dépourvu, mais je vous garantis que le jeu en vaut la chandelle !

La campagne possède des twists bienvenus, et, cerise sur le gâteau, peut être suivie du Donjon du Mage Dément, toujours situé dans Waterdeep, où le groupe d’aventuriers ira explorer les boyaux d’Undermountain. ( Là aussi, j’avais rédigé un papier sur la campagne – sans spoiler -, toujours consultable –> . )

Je ne connais la troisième que de nom…

C’est vous dire si elle est réputée. Une création française. LA création française, devrais-je dire ? Sans doute, vu les sourires qui se dessinent sur bien des visages ne serait-ce qu’à l’évocation de son nom.

Laelith. La Cité mystique, la Cité sainte, La Cité du Roi-Dieu, avec ses grands temples… Vous voyez forcément ce dont je veux parler :)

Pourquoi suis-je passé à côté à l’époque ? je l’ignore. Sans doute étais-je trop ancré dans les RO, déjà, et que ces derniers m’offraient toutes les opportunités de jeu dont je pouvais avoir besoin. Cela dit, pour en avoir parlé de nombreuses fois autour de moi avec des amis rôlstes, Laelith vaut clairement le détour.

Ce n’est sans doute pas pour rien que Black Book Éditions a financé cette pharaonique nouvelle version il y a quelques années !

 

Du coup, la transition est facile avec la dernière des villes !

Il s’agit de celle que j’ai découvert la plus récemment : Absalom

C’est LA ville emblématique de Golarion, le monde qui sert de cadre à Pathfinder 2. PF2, c’est the concurrent à DD5. Mais peu importe les concurrent lorsqu’ils produisent du matériel intéressant. Paizo a déjà sorti plusieurs campagnes pour PF2, traduites par – encore – les hommes en noir de BBE. Je suis en pleine lecture du volume 2 de Sentence d’Extinction, la dernière en date, et j’ai déjà donné mes impression sur le premier volume de cette campagne —> JUSTE LÀ. J’avoue que le travail créatif de Paizo est assez bluffant. Sentence d’Extinction regorge d’originalité et surprendra vos joueurs plus d’une fois avec ses rebondissements.

Forcément, à la lecture du pitch de la campagne suivante, j’étais encore plus intéressé. Une campagne qui se passe DANS Absalom et dans laquelle les PJ incarnent de nouvelles recrues qui… vont se retrouver embarqués dans une histoire qui risque de les dépasser ne pouvait me laisser indifférent. J’ai suivi le développement de la campagne de loin en loin et je suis allé lire les résumés de ce que je trouvais à droite et à gauche sur le net, et au fil des livrets, je retrouvais ce qui m’a plus dans Le Vol des Dragons : une histoire aux embranchements multiples, qui commence doucement pour prendre des proportions de plus en plus importantes. Les PJ vont se retrouver au cœur d’intrigues tentaculaires et vont passer du rôle de « simples » pions à décisionnaires. La diversité des mises en situation au cours des six chapitres, ajoutée au rôle de la ville qui, là non, n’est pas un simple ajout esthétique, confère à cette campagne un côté complètement unique. J’avoue avoir hâte !

À l’image de Sentence et de son cirque, Agents d’Absalom contient des règles spécifiques qui vont ajouter du sel à vos parties.

Fidèle à son suivi de gamme, Black Book Éditions propose une VF de cette campagne. Tout comme pour Sentence, elle aura le droit à ses deux volumes à couverture rigide et l’étui pour ranger l’ensemble à l’abri.

Même si je suis un inconditionnel de DD, je ne peux nier que cette campagne est passionnante. Comme tout scénario d’envergure, il faudra là aussi un peu d’investissement pour en faire parfaitement profiter vos joueurs.

Mais nul doute qu’ils vous en seront reconnaissants.

Bien évidemment, ce ne sont ici que quelques exemples parmi tant d’autres, mais ces quatre là font partie des plus marquants à mes yeux.

Et vous, dans quelle ville allez-vous embarquer vos joueurs ?

Philippe Pinon

Philippe Pinon

Trublion de presque 50 balais, touche à tout, autodidacte, tête de cochon. Après plus de 20 ans à effectuer un travail décérébrant, change de voie. Scribouillard, « traductier de l'impossible », il devient même éditeur (OVNI) en 2015 où il édite, accompagné de son associée et conjointe, romans et JdR. Mais ce qui le définit le mieux, c'est quand même le terme de "Gros Connard" (au grand cœur, malgré tout, pour ceux qui prennent le temps de fouiller au delà des apparences).

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