Tout a commencé par un drame. Le 5 août la nouvelle tombait : le Festival de St Nolff et les Motocultor Days étaient annulés. Nous étions donc une fois de plus orphelins de notre rendez-vous estival breton. Et une poignée de jours après, l’annonce est tombée : le Macumba venait sauver le weekend avec une version édulcorée mais présente de leur Macumba Open air : le « Hoff »

Oui, le Macumba. Ceux qui m’énervent depuis quelques années avec leur tente disco au milieu du camping. Je ne suis toujours pas fan du concept mais là n’est pas le sujet aujourd’hui : ils nous annoncent un micro festival d’une soirée à la place du Motocultor et organisé dans les 3 semaines d’intervalle. Rien que pour ça, chapeau !

Avance rapide jusqu’au samedi 21 août et voyons ce que ça donne.

L’ambiance peut être décrite en un mot : Bretagne. OK, je vais être juste : cliché de Bretagne. On est paumés au milieu de rien et il bruine. Le festival est sur le terrain d’une ferme et on a déjà les pieds mouillés le temps d’arriver à la sommaire buvette et de découvrir la petite scène. L’installation a pris du retard à cause d’une énorme saucée plus tôt dans la journée, du coup ça laisse aux festivaliers le temps d’arriver tranquillement. La jauge est annoncée à 150 festivaliers pour les 6 groupes annoncés. Plus que raisonnable pour les conditions de préparation et la petite communication de dernière minute.

Personnellement, cette jauge me convient bien : après tout ce temps sans concert je suis heureux de pouvoir reprendre à petite échelle.

 

 

Avec une petite heure de retard sur le running order annoncé, The Chainsaw Motel prend place sur scène et sonne le coup d’envoi du festival. Le duo nous met bien en jambe avec un stoner un peu rêche, teinté de grunge. La performance pourrait laisser croire qu’ils sont plus que deux en fermant les yeux mais regarder la scène nous rappelle que la formation ne se compose que d’un batteur et d’un chanteur guitariste : il y a un côté statique qui dénote avec la musique, peu importe à quel point le batteur est à fond dedans. Il n’empêche que ce premier set chauffe bien le public présent, un public qu’ils auraient mérité plus fourni.

 

Après ce court passage, on fait face au problème habituel des petits festivals à une scène : le changement prend du temps. Et même si le soleil se pointe dans quelques trouées, c’est pas toujours génial de tourner en rond. D’autant que le foodtruck n’est toujours pas installé… comment ça c’est normal à cette heure-ci ? Autant pour moi, mon estomac patientera donc autant que mes oreilles. Mes papilles, elles, se contentent d’un verre de rouge ma foi très sympathique. Pour un festival breton ça manque de cidre mais on ne peut pas tout avoir !

 

Lorsque Slaves of Imperium entre en scène, on a une ambiance radicalement différente : quintette, backdrop avec logo acéré, guitare flying V en lead, un gilet en jean à patchs pour le bassiste et un bandana pour un guitariste… Pas de doute, c’est bien le groupe de Death/Thrash annoncé ! Le festival passe à la vitesse supérieure alors que le public grandit. Les riffs déclenchent non pas des pogos comme on aurait pu l’attendre mais des roulades au sol de la part des festivaliers les plus actifs, ainsi que des genres de saute-mouton plus ou moins stables. Le Macumba prend petit à petit une ambiance barrée assez plaisante mais le public reste relativement loin de la scène. Pourtant, ce ne sont pas les membres de Slaves of Imperium qui pêchent par manque d’énergie ! Le chanteur sort de sous la tente de la scène et va à la rencontre des spectateurs sans grand résultat. Après tant de temps sans concerts, le monde se serait-il rouillé ? A l’étroit sous la toile rouge et blanche, Slaves of Imperium délivre une performance de qualité, qui personnellement m’a bien donné la patate. C’était peut-être un peu trop court à mon goût, il manquait un petit quelque chose pour vraiment retrouver une ambiance de festival parmi les spectateurs.

 

Alors que le soleil commence à descendre, il est temps de se diriger vers le foodtruck cette fois ci prêt à nous servir. Gang of Burger est un truck local qui propose une carte assez complète de burgers (vous vous en doutiez sûrement) qualitatifs avec des produits AOP, IGP ou Label Rouge. Mais la tristesse nous frappe : le circuit électrique n’a pas supporté la friteuse et nous devons tous nous passer d’accompagnement. Coup dur pour les festivaliers comme pour notre équipe restauration du soir qui doit faire avec un manque à gagner conséquent. Merci à eux pour la patience et les sourires qu’ils ont eu en gérant un rush de burgers sur 1h30 de temps dans ces conditions !

 

Le temps de se remplir la panse, la nuit est tombée. Les membres de Tungs10 viennent l’illuminer avec leur metal mélodique et leur thème steampunk à néons… sauf que par manque de place et de courant ils doivent se passer de leurs décorations scéniques lumineuses justement. Deux petits panneaux encadrés de LED sont bien placés de part et d’autre de la tente de la scène mais on devine qu’il manque un paquet de trucs.

Tungs10 continue tout de même bien la montée en puissance du festival, et réussit à enfin attirer le public près de la scène. Ils mènent leur set quasiment sans interruption et ont une très bonne connexion aux festivaliers. On ne va pas se mentir, tout n’est pas parfait mais les quelques manques de coordination entre les musiciens ne sont que les naturels résultats d’une trop longue interruption des concerts. On sent que tout le monde a besoin de reprendre ses marques et parfois la chanteuse semble être un peu à part au niveau son mais ça n’entame en rien l’ambiance générale et l’énergie positive qu’ils dégagent. On s’en fout, on est là, la machine se relance et c’est cool. Le public se bouge, le son nous secoue, il y a de la bonne humeur, bref, c’est un festival qui roule et Tungs10 fait largement sa part pour qu’on passe tous une bonne soirée.

 

 

Après un nouveau moment d’attente vient l’heure du groupe qui m’intrigue le plus sur l’affiche : TSAR. Le groupe se classe dans le stoner et le groove mais il m’a semblé comprendre qu’ils avaient une touche barrée assez prononcée…

Au démarrage celle-ci est plutôt absente : les quatre membres présents sur scène nous livrent une intro bien sentie mais assez statique… jusqu’à ce que le chanteur débarque ! A partir de ce moment TSAR devient… indescriptible. Les deux guitaristes, le bassiste et le batteur semblent être là pour canaliser la folie déjantée du chanteur gesticulant en rythme, dans une robe de chambre à fleurs et sous un diadème de princesse Disney. Il y a une dynamique assez hypnotisante dans ce collectif avec un tourbillon central qu’on ne se figure pas vraiment encadré par les autres qui semblent sobres en comparaison alors qu’ils participent largement à l’ambiance avec leurs instrumentations à la fois extrêmement précises et complètement planantes. TSAR sur scène c’est un équilibre entre tout ça, un équilibre qui semble instable mais qui ne s’effondre pas une fois sur une heure de concert, pas même lorsque la robe de chambre tombe et que le chanteur se retrouve en slip devant un public totalement acquis à sa folie et transporté par le son. Avouons-le franchement, à cette heure ci l’alcool a bien coulé et certaines déambulations éthyliques devant la scène sont parfaitement en accord avec tout ce qui se passe devant nous. « TSAR raconte les déboires de notre société » dit entre autres la section « à propos » de leur page Facebook… personnellement des déboires comme ça j’en redemande !

Pas besoin de le cacher : TSAR est pour moi LA claque du soir. Et ça se finit bien trop vite à mon goût.

 

L’humidité tombe, la nuit se fait plus noire… et débarquent les Druids of The Gué Charrette. Autant dire qu’avec ceux là on continue dans une recherche de l’improbable. Un passant qui jetterait un œil sans écouter penserait que c’est un autre groupe de Black Metal encapuchonné comme on en voit tant mais sous les bures c’est quelque chose de plus fracassé qui se passe. La touche de Stoner caractéristique de la soirée est toujours là mais je dirais que niveau son c’est comme si les Sex Pistols avaient voulu reprendre les Doors en version Stoner. Sous des grandes bures à capuche dans le noir. Voilà. Le public est clairement en phase avec le groupe et les déboires alcoolisés de certains ne dénotent pas avec ce qu’il se passe sur scène (attention aux retours quand même, il faut pas s’endormir dessus Monsieur)

Druids of The Gué Charrette est une expérience qui vaut le détour.

 

La soirée se conclut avec le passage d’Ethili. Et ça commence presque par une feinte puisque la fin des balances ressemble tellement à un début de concert qu’une bonne partie du public a débarqué devant la scène. Du coup le groupe s’éclipse devant tout le monde pour aller enfiler les costumes puis revenir, accompagnés par l’épique thème principal de Monty Python and the Holy Grail. Et quels costumes ! Des armures pas très rudimentaires fabriquées en chutes de cannettes de bière, raccord avec le nom du groupe.

Bon, je vais le dire sans détour, pour moi c’est à ce moment-là que le Hoff du Macumba fait un flop. Je cherche sans le trouver le « Medieval Stoner » annoncé, sans trouver grand-chose de plus que du Stoner. Alors j’aime ça hein, mais il manque un petit quelque chose pour satisfaire mes attentes, surtout après être entrés sur une telle musique. Et niveau son, ça n’est pas de leur faute mais ça sonne plat. La voix ne nous atteint pas vraiment et même si les membres du groupe cherchent à envoyer de l’énergie ça me semble un peu vain. Peut-être est-ce le fait de passer après deux OVNIs aux ambiances si particulières. Le soufflé retombe un peu et quand on est passés au-delà du premier étonnement des costumes il ne reste pas grand-chose. C’est dommage parce que je pense qu’Ethili a quelque chose à donner mais ce soir là ça ne m’a pas touché.

 

Je m’éloigne de la scène dans l’humidité bretonne pour rejoindre ma tente, alors que le Macumba s’apprête à enchainer avec un DJ set comme ils en ont l’habitude. Mais comme je dois prévoir un retour en région parisienne le lendemain, je laisse juste les basses me guider vers le sommeil.

 

 

De cette édition Hoff du Macumba Open Air je retiendrai surtout l’organisation. Parce que même s’il y a eu quelques petits loupés comme le manque de puissance électrique pour le foodtruck ou la scène, la tenue de ce micro festival seulement 3 semaines après l’annonce de l’annulation du Motocultor a été un succès. Le Macumba a vraiment une force de ce côté-là et il faut garder un œil sur leurs autres soirées.

Retrouver à une petite échelle l’ambiance du live m’a fait un bien fou, et j’espère que cette reprise sonne la rentrée pour les concerts en général, même si on a encore des annonces de reports çà et là.

 

Merci beaucoup à l’organisation pour cette soirée de qualité ainsi que pour l’invitation.

Nicolas Chaigneau

Nicolas Chaigneau

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